Grippe aviaire : la production de canards et oies du Sud-Ouest sera gelée

Par Mikaël Lozano  |   |  317  mots
La production de foie gras ne pourra pas repartir avant au mieux le mois de juin. (Crédits : © Regis Duvignau / Reuters)
Les oies et canards du Sud-Ouest ont évité l'abattage massif préventif, qui a été envisagé pour éradiquer l'épidémie de grippe aviaire. Mais le ministère de l'Agriculture a ordonné le gel de la production dans 9 départements. En avril, 4.000 élevages devront être vides. Une première en France.

Le ministère entend créer un "vide sanitaire". Concrètement ? Les canards et oies déjà présents dans les élevages ne seront pas abattus. Les palmipèdes seront engraissés, gavés puis abattus lors d'un cycle de production de foie gras classique, ce qui prend 15 semaines maximum. Mais les producteurs ne pourront pas renouveler leur cheptel. Le ministère de l'Agriculture estime qu'à partir d'avril, les élevages seront vides et pourront alors être nettoyés et désinfectés. Le retour des volatiles n'est pas envisagé avant au mieux le mois de juin, permettant une reprise du cycle de production de foie gras en suivant. A temps pour assurer la demande en fin d'année, qui concentre 80 % des ventes.

La délimitation exacte de la zone concernée ne sera connue que lundi, mais on sait déjà qu'elle englobera dans un premier temps les 8 départements du Sud-Ouest où des foyers se sont déclarés (Dordogne, Hautes-Pyrénées, Gers, Pyrénées-Atlantiques, Landes, Lot-et-Garonne, Haute-Vienne, Lot), plus la Gironde. Les élevages d'autres volatiles ne sont pas concernés car seuls les palmipèdes ne présentent aucun symptôme visible de l'influenza aviaire, rendant sa détection très complexe.

Un impact de 300 M€ ?

Le Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras estime que cette mesure aura un impact économique de 250 à 300 M€ pour l'ensemble de la filière. Cette dernière craint notamment pour les petits producteurs qui avaient écoulé toute leur production lors des fêtes de fin d'année et qui n'auront donc rien à vendre l'été prochain, en pleine période touristique, ainsi que pour ceux qui viennent d'investir dans des mises aux normes et qui vont voir leurs revenus plonger dans les prochains mois. La question d'une éventuelle indemnisation des producteurs est à l'étude.

Depuis le 24 novembre dernier, 69 foyers de grippe aviaire ont été détectés.