Conseil général de la Gironde : Philippe Madrelle ne repart pas

Par Mikaël Lozano  |   |  494  mots
Philippe Madrelle (Crédits : Mikaël Lozano / Objectif Aquitaine)
Une page se tourne en Gironde. Elu onze fois président du Conseil général, Philippe Madrelle ne briguera pas de mandat de conseiller départemental en mars prochain. Une décision qu'il justifie par son envie de passer la main à une nouvelle génération.

Evoquant "une décision prise il y a plusieurs années", Philippe Madrelle a annoncé officiellement ce matin qu'il ne repartirait pas pour un nouveau mandat de conseiller départemental (le nouveau nom des conseillers généraux, NDLR). "Depuis longtemps, j'étais soumis à la question, a-t-il expliqué. Je crois qu'il est important de rester maître de son destin, de ses émotions et de ses sentiments pour sortir à un âge politique raisonnable."

Après "50 ans ininterrompus de mandats électifs", celui qui a débuté en tant que conseiller municipal d'Ambarès, devenu député en 1968, parlementaire depuis 46 ans, élu onze fois président du Conseil général, restera sénateur. Mais, jugeant "difficile de ne pas mettre en scène le Conseil départemental après avoir contribué à infléchir le gouvernement" qui songeait à les supprimer, Philippe Madrelle estime néanmoins qu'il est temps pour lui de passer la main : "Il y a deux façons de le faire : le chaos ou la transmission à une nouvelle génération". Il privilégie donc la seconde option et "se garde bien d'orienter vers un choix" concernant le nom du ou de la socialiste appelé(e) à le remplacer. Tout juste consent-il à dresser le portrait-robot de l'élu idoine : "Le bon profil devra avoir une sensibilité élevée à la question de la solidarité des territoires, une fine connaissance de leurs enjeux et une grande faculté d'écoute plus qu'une tentation dirigiste. Ce sont des qualités partagées par plusieurs personnalités du Parti socialiste girondin."

Les gants restent aux mains

Philippe Madrelle dit transmettre les clés d'un Département "à la fiscalité raisonnable, à l'endettement très soutenable et dont le personnel est de très bonne qualité". Fier du travail accompli - "Je ne pars pas le cœur léger mais avec le sentiment du devoir accompli" - et d'avoir contribué à sauver les Départements, "derniers remparts contre la précarité", au moment de l'événement de super-régions : "Casser nos Départements aurait été un attentat contre la République."

Pas question pour l'élu socialiste de prendre sa retraite : «"Je quitte le ring mais je ne raccroche pas les gants. Je mènerai bien évidemment la campagne sur le terrain, dans les circonscriptions. Notre arme électorale sera le renouvellement politique et la continuité de nos actions de solidarité."

La partie n'est pas gagnée pour le Parti socialiste avec de nouvelles règles du jeu (passage de 63 à 33 cantons et parité hommes - femmes). Mais Philippe Madrelle l'affirme pourtant : "Cette élection, on va la gagner. Je crois qu'on peut le dire, nous nouons des accords avec les Verts et le Parti radical de gauche, nous discutons avec le Front de gauche. De toute façon, tous les défaitistes et les déclinistes, je les chasse de mon entourage."
Cela n'empêche pas en conclusion une mise en garde : «"Ceux qui s'y voient déjà feraient mieux de se méfier."