Economie, politique, institutions : ce qu'en pense le nouveau secrétaire d'Etat Matthias Fekl

Par Mikaël Lozano  |   |  710  mots
Matthias Fekl (Crédits : DR)
Le député du Lot-et-Garonne a été nommé hier secrétaire d'Etat, en charge notamment du commerce extérieur. Revue de détail de ses dernières prises de position à travers quatre grands items.

Economie

De quelqu'un qui est né et a grandi en Allemagne (il possède d'ailleurs la double nationalité), on attend forcément un appétit pro-européen. Et c'est bien le cas. D'aucuns le voyait d'ailleurs secrétaire d'Etat aux affaires européennes à l'issue du remaniement "Valls 2", un poste finalement attribué à Harlem Désir. Le commerce international n'est pas un thème qui est étranger à ce haut magistrat : il en était beaucoup question dans son quotidien de conseiller régional d'Aquitaine en charge du développement économique, où il suivait notamment la filière vin ou encore l'aéronautique.

Au plan national, Matthias Fekl estimait il y a quelques jours dans Médiapart que "le social-libéralisme est nocif et totalement dépassé" (...) Ce gouvernement risque, sur plusieurs points, de s'éloigner de nos engagements." Il sera donc intéressant de voir comment le nouveau secrétaire d'Etat, qui ne soutient pas les "frondeurs", concilie cette vision avec celle de Manuel Valls.

Politique

Matthias Fekl n'épargne pas toujours le parti dont il est le secrétaire national aux institutions, à la réforme et à la modernisation de l'État. Dans Sud-Ouest il y a quelques jours :

"Le logiciel du parti est à bout de souffle. La difficulté est qu'il faut le réinventer en étant au pouvoir et dans une période de faible croissance. Nous payons aujourd'hui le manque de travail de fond, depuis une dizaine d'années, sur notre projet pour la société."

Le secrétaire d'Etat estime également que la frontière entre une partie de l'UMP et le Front national est de plus en plus floue. Quelques instants après la défaite du FN lors de la législative partielle à Villeneuve-sur-Lot, en juin 2013 :

"Depuis le discours de Grenoble [de Nicolas Sarkozy sur l'insécurité, ndlr], toutes les barrières tombent une par une entre l'UMP et le FN : les nôtres ne veulent plus de cette droite gore."

Institutions

La dernière prise de position de Matthias Fekl sur la transparence de la vie politique ne manque pas de sel. Dans une tribune accordée au Monde, il déplorait en juin dernier que :

"Les débats se focalisent, aujourd'hui, sur la seule question de la publication du patrimoine. Je le dis d'autant plus librement que j'ai pour ma part rendu public mon patrimoine. (...) Nous le savons tous : cette mesure ne préviendra ni n'arrêtera jamais aucun fraudeur. Elle ne tordra jamais le cou à ces sondages qui nous disent que les hommes politiques sont corrompus. Ce qui permettra de restaurer la confiance des citoyens, c'est une République intransigeante à l'égard de ceux qui enfreignent la loi. »

Le député propose dans ce texte la création d'un nouveau "délit d'enrichissement illicite" afin de "garantir qu'aucun élu ne puisse impunément se servir de ses fonctions pour s'enrichir illégalement".

Le nouveau secrétaire d'Etat estime également qu'il faut "changer de République" avec, entre autres, un Parlement plus fort et des parlementaires moins nombreux mais aux pouvoirs élargis ainsi que des règles plus strictes en matière de non-cumul des mandats.

Immigration

C'est, avec l'Europe, l'un de ses thèmes de prédilection. Il a ainsi rendu un rapport à Jean-Marc Ayrault en 2013 préconisant la généralisation d'une carte de séjour de quatre ans pour favoriser l'intégration des migrants tout en désengorgeant les préfectures :

"La grande majorité des ressortissants étrangers étant contraints d'effectuer des passages très fréquents en préfecture. Un tel mode de fonctionnement a des effets néfastes tant en termes de qualité de l'accueil que d'intégration. Il contribue à précariser la situation juridique des étrangers, qui doivent se présenter de manière répétée aux guichets, parfois pour obtenir des documents valables quelques mois seulement. Il gonfle artificiellement les files d'attentes en préfecture pour des démarches souvent peu utiles, empêchant ainsi les agents des services de l'Etat de se concentrer sur les missions véritablement importantes."

Plus loin dans ce même rapport :

"Respect de l'Etat de droit et efficacité dans la lutte contre l'immigration illégale ne sont pas des objectifs contradictoires, et l'une ne saurait se faire au détriment de l'autre."