En 2023, le Département de la Gironde élabore son modèle de sécurité sociale alimentaire

Incroyable mais vrai : après les incendies géants de cet été, le feu continue à couver dans le massif forestier des Landes de Gascogne, à Hostens au sud de la Gironde. C'est une annonce faite ce lundi matin par le président Jean-Luc Gleyze, qui a également développé son projet de mise en place d'une sécurité sociale alimentaire avec des travaux pratiques en 2023 avant une montée en puissance en 2024.
Jean-Luc Gleyze, ce lundi 16 janvier 2023, à Cenon (Bordeaux Métropole).
Jean-Luc Gleyze, ce lundi 16 janvier 2023, à Cenon (Bordeaux Métropole). (Crédits : Agence Appa)

L'information la plus étonnante de cette cérémonie des vœux 2023 du Conseil départemental de la Gironde est sans conteste l'annonce par le président (PS) du Département que le feu continue à brûler dans le lignite du sous-sol sableux d'Hostens, au sein du massif forestier girondin ravagé cet été par un incendie parti de Landiras. Jean-Luc Gleyze s'exprimait, ce lundi 16 janvier, à l'espace jeunesse et famille Nelson Mandela de Cenon (sur la rive droite de la Métropole), en présence de Jean-François Egron, maire de la ville (vice-président du Département en charge du handicap) et de plusieurs élues départementales (1).

Lire aussiLes feux de forêt qui ont ravagé la Gironde sont enfin déclarés éteints

Pompiers : un parc de camions incomplet

Le charbon du massif forestier des Landes de Gascogne continue en effet à brûler en sourdine et, selon Jean-Luc Gleyze, l'équipement des pompiers n'est toujours par au rendez-vous.

« En 2023, le Sdis va bénéficier de la dotation la plus importante qu'il ait jamais eu, avec 102 millions d'euros, contre 92 millions l'an dernier et de l'ordre de 80 millions d'euros il n'y a encore pas si longtemps. Pourtant nous ne disposons pas encore d'un parc complet de camions. Ceux qui doivent être réhabilités ne seront pas prêts avant le printemps, si ce n'est cet été... Il nous manque les pièces mécaniques nécessaires à ce travail de réhabilitation. Je suis allé à Hostens il y a cinq jours et effectivement il y avait des fumerons... Le lignite continue à brûler et il faudra des pluies torrentielles pour l'arrêter », a ainsi alerté Jean-Luc Gleyze.

Hostens est aussi un centre de loisirs appartenant au Département qui est adossé au grand lac du même nom transformé ce été à l'initiative de Jean-Luc Gleyze pendant plusieurs semaines en point d'appui et de ressourcement pour les soldats du feu.

Lire aussi« Ces grands incendies témoignent du dérèglement climatique et produisent de la casse sociale »

Feux : aucune des demandes de la Gironde n'a été retenue

Les feux souterrains sont d'autant plus dangereux que la forêt abrite de nombreuses tourbières qui peuvent facilement entrer en combustion. D'où la question des moyens mis à disposition du Sdis pour faire face à un nouveau démarrage de très grands feux comme l'an dernier.

« Après les incendies de cet été, aussi bien dans la forêt de Landiras que dans la forêt usagère de La-Teste-de-Buch, nous avions demandé l'installation permanente de moyens aériens à Bordeaux. Ou, a minima un pré-positionnement de matériel. Les représentants de l'Etat nous ont entendu mais personne ne nous a écouté. Nous sommes heureux que les représentants du gouvernement aient découvert cet été que le massif des Landes de Gascogne est le plus grand massif de résineux d'Europe et qu'il est inflammable.

D'autre part nous allons demander des aides spécifiques pour faire face à la forte dégradation des voies forestières et des routes occasionnée par le débardage du bois. Nous allons demander la création d'un fonds de solidarité hors norme pour faire face à cette situation hors norme » a déroulé sans fard le président du Département.

Lire aussiIncendies : les leçons du premier retour d'expérience

Un socle de protection renforcée pour endiguer les périls

Le président a néanmoins plus largement centré ses vœux 2023 sur l'impérative lutte contre la précarité énergétique et la création d'une sécurité sociale alimentaire, dans la lignée de ses vœux de l'an dernier. Deux objectifs que le patron de l'Assemblée départementale entend mettre en chantier le plus vite possible. C'est ainsi qu'il a annoncé « trois actions majeures » liées à l'impératif écologique et social que suscite le « dérèglement global ». Concept agrégeant à la fois les atteintes à la structure environnementale et les menaces graves qui pèsent sur les équilibres socio-économiques, en particulier avec la crise énergétique.

Pour faire face à cette montée des périls, qui intègre la mise en joue des démocraties par les puissances dictatoriales de Moscou ou Pékin, pour ne prendre que les plus grandes, mais aussi par les mouvements factieux présents en Europe et dans les Amériques, Jean-Luc Gleyze entend constituer « un socle » de protection renforcée qui comprend en particulier la création d'une sécurité sociale alimentaire, qui va être expérimentée à l'échelle des territoires volontaires.

Sécurité sociale alimentaire : avec la Ville de Bordeaux

« Nous voulons instaurer un droit à l'alimentation calqué sur le modèle de la Sécurité sociale. C'est une idée partagée avec la Ville de Bordeaux. Il s'agit de créer le socle d'un droit inconditionnel, tout en prenant en compte les enjeux environnementaux, de précarité et écologiques. A partir de ce samedi (21 janvier) des citoyens membres de groupes de travail vont commencer à réfléchir à la création d'un dispositif local de sécurité alimentaire», a confirmé Jean-Luc Gleyze.

Lire aussiAlimentation : Epi C'Tout, l'épicerie solidaire qui veut faire bouger les lignes à Bordeaux

Un programme ambitieux qui va passer par la création de caisses locales d'alimentation et qui pourrait se concrétiser à partir de 2024.

« Comme le montre l'économiste Thomas Piketty, les quelques milliardaires que compte la France ont généré plus de 200 milliards d'euros de richesses en 2022. Il faut aller prendre l'argent où il est ! Quand on voit que les 20 milliards d'euros d'économie que veut atteindre le gouvernement vont se faire au détriment des pauvres... » a justifié le président du Département.

Histoire de dire toute son opposition à la réforme des retraites présentée par le gouvernement. Il a ainsi annoncé qu'il allait participer la manifestation intersyndicale de ce jeudi 19 janvier contre la réforme des retraites.

Des mineurs non accompagnés qui meurent aussi faute de soins

« À 62 ans, un quart des Français les plus pauvres est déjà mort, d'où l'injustice de cette réforme des retraites et l'illégitimité de cet allongement de la durée du temps de travail », a poursuivi Jean-Luc Gleyze dans le sillage de Thomas Piketty, soulignant qu'il s'agissait de vieillir dans des conditions dignes, y compris quand on est handicapé.

L'autre grand volet de l'intervention du président du Département a porté sur la défense de la jeunesse, sachant que « la bataille du dérèglement global » est générationnelle. Un axe déterminant pour le futur qui a poussé l'Assemblée départementale à faire de la jeunesse sa « grande cause 2023 ». Avec une série de rendez-vous qui vont ponctuer toute l'année. Fidèle à son engagement politique, Jean-Luc Gleyze a tenu à renverser la perspective négative qui court sur les mineurs non accompagnés (MNA), ces jeunes migrants qui sont parfois accusés de tous les maux et régulièrement victimes d'une mauvaise réputation.

Il a ainsi souligné que l'un de ces jeunes mineurs non accompagnés en cours de formation, qui était en phase d'intégration mais de santé fragile, est mort à cause de l'adoption à son encontre d'une obligation de quitter le territoire français (OQTF) qui l'a obligé à arrêter les soins dont il bénéficiait.

(1) les vice-présidentes Christine Bost, en charge des politiques territoriales, Laure Curval (Transition écologique, patrimoine), Martine Jardiné (Développement social, prévention et parentalité) et Corinne Martinez, conseillère départementale déléguée à la résilience et à l'innovation territoriale.

Lire aussiNucléaire : la Gironde accueillera-t-elle deux EPR à la centrale du Blayais ?

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaire 1
à écrit le 17/01/2023 à 10:17
Signaler
L'idée de créer une vaste forêt artificielle afin d'empêcher l'invasion des dunes était une bonne idée mais le pin n'était pas adaptée, le problème du pin est qu'il a été prisée pendant très longtemps du fait de sa productivité, le fric et l'humain q...

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.