Commerces climatisés : « à Bordeaux, la pédagogie plutôt que la sanction »

INTERVIEW. Après des arrêtés municipaux à Bourg-en-Bresse et à Lyon sanctionnant les magasins climatisés qui laissent leurs portes ouvertes, Laurent Guillemin, adjoint au maire de Bordeaux chargé de la sobriété dans la gestion des ressources naturelles, dévoile à La Tribune la stratégie municipale pour remédier à ce problème.
Laurent Guillemin, adjoint au maire de Bordeaux chargé de la sobriété dans la gestion des ressources naturelles, privilégie la pédagogie plutôt que la sanction pour convaincre les commerces climatisés de fermer leurs portes.
Laurent Guillemin, adjoint au maire de Bordeaux chargé de la sobriété dans la gestion des ressources naturelles, privilégie la pédagogie plutôt que la sanction pour convaincre les commerces climatisés de fermer leurs portes. (Crédits : Mairie de Bordeaux)

LA TRIBUNE - Que pensez-vous des magasins qui climatisent leur intérieur tout en laissant leurs portes ouvertes, comme c'est le cas d'une majorité d'enseignes rue Saint-Catherine ?

Laurent GUILLEMIN - C'est un non-sens ! C'est vraiment surprenant voire choquant au regard du contexte qu'on connaît aujourd'hui. On se cache derrière des directives aberrantes et on en a conscience. Je m'inquièterais presque de l'intégrité intellectuelle des personnes qui gèrent ce type d'enseigne. Est-ce que finalement les clients ne vont pas un jour se poser la question de savoir s'ils font le bon choix en poussant la porte de ce type d'enseigne ? Je pense qu'il faut qu'on mette en valeur les enseignes qui arrivent à jouer le jeu de la sobriété énergétique.

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Les arrêtés municipaux entrés en vigueur à Bourg-en-Bresse et à Lyon sont-ils une bonne réponse ?

Est-ce que c'est une bonne chose d'en arriver là ? Qui dit verbalisation dit punition, cela signifie qu'on a perdu le combat du bon sens. C'est un échec de ne pas avoir su s'entendre avec les enseignes, de ne pas avoir su dialoguer. D'après moi c'est délirant, c'est un cran au-dessus des portes ouvertes. Vraiment, les bras m'en tombent, je suis sidéré par la situation. Et finalement, qu'est-ce que veulent dire ces arrêtés ? Pour moi, ce n'est pas la meilleure solution.

Quels stratégie allez-vous adopter à Bordeaux pour lutter contre ce phénomène ?

La sensibilisation est obligatoire, nous en avons déjà fait et en faisons chaque jour ! La verbalisation reste la dernière étape. Aujourd'hui, à Bordeaux, on préfère utiliser la pédagogie plutôt que la sanction. Malgré les décrets et arrêtés, il y a des enseignes qui ne jouent pas le jeu. Regardez, en 2014 un décret national est passé contre la lumière des vitrines allumées la nuit, et c'est encore partiellement respecté. Il y a encore trop de réfractaires. Après, on sait qu'on devra étudier la voix de la punition si rien ne bouge...

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