Keolis favori pour conserver la gestion des transports de Bordeaux métropole jusqu'en 2030

Bordeaux Métropole a choisi. Keolis restera le délégataire des transports publics métropolitains pour la période 2023-2030. En lien avec les défis majeurs de congestion et de transition des mobilités, le montant du contrat est revu à la hausse.

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Le réseau de tramway va augmenter son offre en accueillant deux nouveaux tracés directs sur les lignes déjà existantes.
Le réseau de tramway va augmenter son offre en accueillant deux nouveaux tracés directs sur les lignes déjà existantes. (Crédits : Agence APPA)

Le nouveau gestionnaire doit encore être investi par le conseil métropolitain en juillet, mais déjà, le président (PS) de Bordeaux métropole, Alain Anziani, a annoncé ce 9 juin le nom du délégataire du service de transport public qu'il soumettra au vote des élus. C'est donc à nouveau Keolis qui remporte la délégation face à son concurrent Transdev pour la période 2023-2030. La filiale de la SNCF était en effet déjà titulaire du précédent contrat depuis 2015. Chiffrée à 1,82 milliard d'euros sur les huit dernières années, la DSP (délégation de service public) atteint cette fois une somme record de 2,15 milliards. "C'est le plus gros contrat jamais réalisé par la Métropole", a présenté Alain Anziani. Un montant qui s'explique par un périmètre plus large qu'avant, avec l'intégration de nouvelles lignes de tramway et du "Bus express" notamment.

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Si le président a salué deux candidats "très motivés avec des dossiers remarquables", la faveur accordée à Keolis s'explique par trois principaux critères. Le renforcement du réseau de tramway tout d'abord avec la création, en 2025, de deux nouvelles dessertes E et F, reposant sur les lignes déjà existantes grâce à des systèmes d'aiguillage. Ainsi, une liaison verra le jour entre Bègles et l'aéroport (par les actuelles lignes C/D et A), et une autre reliera Floirac à Blanquefort (via les actuelles lignes A et C). Keolis propose également d'augmenter la fréquence des tramways à une rame toutes les 2 minutes 30 contre plus de 3 minutes aujourd'hui. Et de passer sous la barre des 10 minutes pour une grande partie des bus. Enfin, et c'est un élément cher aux élus métropolitains, les pôles multimodaux autour des gares du RER métropolitain vont être renforcés.

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Keolis aura donc pour mission de continuer à exploiter, entretenir et gérer le suivi des services de mobilités métropolitains. Mais se voit aussi attribuer des missions particulières à partir du 1er janvier 2023 pour répondre à des défis urbains grandissants. L'opérateur sera chargé de mettre en œuvre un projet global de mobilités durables, qui sera effectif dès septembre de cette même année, selon la proposition formulée dans son dossier de candidature. Cela passera par l'élaboration d'un tout nouveau réseau de bus, dont la couverture devra mieux intégrer les périphéries et créer des dessertes sur les grands projets d'aménagement de la métropole. Keolis devra proposer une offre tarifaire groupée avec les TER. La hausse des tarifs sera plafonnée à 2 % contre 3 % jusqu'alors.

Composer avec des "problèmes récurrents"

Côté transport fluvial, l'activité des Bat3 sera doublée puisque deux nouveaux bateaux vont être acquis. Bordeaux métropole ordonne également la création d'un fonds d'innovation qui s'élèvera à 10 millions d'euros sur la durée du contrat. Un contrat global qui pourra d'ailleurs être révisé tous les trois ans en raison des aléas et des changements dans le paysage des mobilités locales. La métropole pense notamment à l'extension des lignes de tramway mais aussi à l'arrivée potentielle d'un téléphérique entre la rive droite et la rive gauche, même si ce dernier n'est pas compris dans la nouvelle DSP puisque la consultation publique sur son implantation n'est pas ouverte.

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Avec cette nouvelle délégation pluriannuelle, la métropole souhaite poursuivre la transition engagée vers les mobilités durables. Mais l'opérateur devra composer avec les faiblesses identifiées du réseau métropolitain : saturation des lignes en centre-ville, sous-fréquentation des bus par rapport aux tramways, part modale stagnante malgré le développement du réseau et même "problèmes récurrents de fiabilité" indique la métropole dans le document qui définit les modalités de concession.

"Répondre aux problèmes de circulation de notre métropole est une problématique sur laquelle nous sommes prêts à mettre le paquet. C'est ce qui explique que le montant du contrat soit plus élevé", a appuyé Alain Anziani. Le déséquilibre et la congestion seront-ils toujours les marqueurs des déplacements bordelais dans les prochaines années ? Alors que Keolis gardera la main si les élus soutiennent la proposition d'Alain Anziani, plus de 80 % de la fréquentation se concentre actuellement sur 50 % de l'offre selon la métropole.

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