Bordeaux opte pour un financement modéré de sa stratégie alimentaire

La mairie de Bordeaux a présenté les grands axes de sa politique alimentaire ce lundi 2 mai dans les jardins de l'Hôtel de ville. Fermes urbaines, cantines du végétal, conseils alimentaires de quartier : la feuille de route veut révolutionner les assiettes. Tout en assumant un financement particulièrement limité au regard de l'investissement déployé par an et par habitant.

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Eve Demange, conseillère municipale pour la résilience alimentaire, et Pierre Hurmic, maire de Bordeaux, en janvier 2022.
Eve Demange, conseillère municipale pour la résilience alimentaire, et Pierre Hurmic, maire de Bordeaux, en janvier 2022. (Crédits : Agence APPA)

C'est un axe central dans la politique de la mairie de Bordeaux. Pour preuve : en un mandat, la majorité écologiste veut multiplier par trois la production de fruits et légumes de la ville. La stratégie résilience alimentaire était donc à l'ordre du jour hier, dans les jardins de l'Hôtel de ville. Baptisée "Bordeaux recettes d'avenir. Pour des lendemains qui régalent", elle a été présentée par le maire Pierre Hurmic et la conseillère municipale pour la résilience alimentaire Ève Demange comme l'aboutissement de 20 mois de réflexion. Et constitue "un défi pour la santé de nos concitoyens".

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La feuille de route prévoit d'agir sur de multiples volets pour faire progresser le potentiel de production et de consommation alimentaire vers des standards plus qualitatifs. En clair, ramener des aliments locaux, sains et durables dans les assiettes. "Préparer des plats goûteux dans un budget et un temps contraints", présente Pierre Hurmic. Tout en relocalisant la production. Tâche de longue haleine alors que la ville ne compte que 61 hectares de surface productive utile quand le diagnostic commandé par la mairie révèle qu'il en faudrait plus de 800 pour couvrir les seuls besoin en fruits et légumes des Bordelais.

Une population qu'il faudra d'ailleurs convaincre pour impulser des changements à grande échelle. "Nous souhaitons aller au plus près des habitantes et des habitants pour travailler avec les énergies qui sont déjà là. Il y a des désirs de changement et nous voulons les fédérer", s'engage Ève Demange.

Pour y parvenir, la municipalité veut d'abord lancer huit conseils alimentaires de quartier chargés d'imaginer des dispositifs pour favoriser la résilience alimentaire de chaque zone urbaine. Deux fermes urbaines doivent voir le jour, dont l'une de 14 hectares sur le site de la Jallère à Bordeaux Nord et la seconde sur le toit de la Base sous-marine. Des jardins partagés, au moins un par quartier, seront aussi aménagés. Dans les cantines et la restauration, les repas seront orientés vers des standards avec une part d'aliments d'origine végétale portée à 75 %.

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Un financement basé "sur la sobriété"

150.000 euros. C'est le budget annuel que mobilise la municipalité sur cette stratégie de résilience alimentaire. Il comprendra subventions et coût des études de diagnostic et d'impact. Côté investissements, les deux fermes urbaines seront quant à elle dotées d'un total de 5,6 millions d'euros. La création d'un jardin partagé est évaluée à 10.000 euros. Et 20.000 euros seront alloués au volet de formation des citoyens jardiniers.

Rapporté au nombre d'habitants de la ville de Bordeaux, soit 257.000 en 2018 selon l'Insee, l'impact de cette volonté politique paraît limité. Au cours du mandat, et selon les montants avancés par les élus, la mairie engagerait ainsi 10 euros par habitant et par an pour mener la transition alimentaire. Loin d'une révolution, même si le maire assume pleinement un choix de restriction financière. "Cette politique alimentaire n'est pas forcément coûteuse car ce que nous voulons c'est inciter. Inciter les gens à changer leurs habitudes. Notre action est basée sur un principe de sobriété", glisse Pierre Hurmic à La Tribune.

Bordeaux tient désormais son cap pour changer les habitudes alimentaires. Celles-là même qui avaient été bousculées par le Covid, engendrant l'apparition de drives fermiers dans la ville. Mais la faveur aux achats en circuit-court n'avait pas résisté aux confinements et le monde d'après n'est finalement jamais arrivé. Au tour de la municipalité d'entrer en jeu. Et elle sera d'autant plus attentive à cette transition que l'alimentation, qui représente 24 % des émissions des ménages en France, constitue l'un des principaux potentiels de réduction de l'empreinte carbone.

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