Bordeaux Métropole : un nouveau schéma des mobilités qui ne fait pas table rase du passé

Bordeaux Métropole a élaboré un nouveau schéma des mobilités qui doit permettre de faire face à la montée du trafic d'ici 2030. Un plan très ambitieux à 3,3 milliards d'euros, sur la durée de la mandature, qui doit être soumis au vote des conseillers métropolitains le 23 septembre.

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L'heure n'est plus au tramway mais aux cars et bus express dans la métropole bordelaise.
L'heure n'est plus au tramway mais aux cars et bus express dans la métropole bordelaise. (Crédits : Bordeaux Métropole)

Avant de présenter le copieux programme du nouveau schéma des mobilités qui sera soumis au vote des conseillers métropolitains le 23 septembre, Alain Anziani, président (PS) de Bordeaux Métropole, est revenu sur l'actualité de cette rentrée. Concernant la crise provoquée par la pandémie de Covid-19, il a précisé qu'à fin août la Métropole avait dépensé plus de 21 millions d'euros en aide auprès de 2.692 entreprises métropolitaines, notamment en coordination avec les chambres consulaires.

"Nous poursuivrons ces actions si c'est nécessaire", a-t-il prévenu dans le cadre du plan d'urgence présenté fin 2020.

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Les créations d'emplois et de richesses restent une priorité et Alain Anziani a confirmé qu'un nouveau Schéma de développement économique de la Métropole serait présenté en novembre, au terme d'une démarche de conception à laquelle 500 personnes ont été associées pour réfléchir à la meilleure façon d'aider les entreprises à s'adapter, en particulier à la transition écologique.

Le 1e Sommet aéronautique et spatial métropolitain

Alain Anziani a ensuite annoncé que Bordeaux Métropole organise son premier Sommet aéronautique et spatial, le 18 octobre prochain, en partenariat avec La Tribune.

"L'aéronautique et le spatial c'est l'avenir, et en discutant avec les représentants de ce secteur nous nous sommes aperçus qu'ils ne nous avaient pas attendu pour se lancer dans le développement de l'aéronautique décarbonée", a souligné le président de la Métropole.

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Mais le gros morceau de cette matinée consistait en la présentation du futur schéma des mobilités de la Métropole, qui doit être présenté aux élus métropolitains et soumis au vote à la fin du mois.

L'armature existante est préservée

La circulation souffre depuis plusieurs années de congestion chronique et la Métropole a décidé de remettre à plat l'ensemble des mobilités pour sortir du marasme. Cette opération passe aussi par une petite reprise en main du vocabulaire : finis les BHNS, ou bus à haut niveau de service, désormais rebaptisés bus express. Il ne s'agit pas de faire table rase du passé mais le nouveau plan qui a été présenté n'a rien non plus de cosmétique : il rebat en profondeur les cartes de la mobilité tout en s'appuyant sur l'armature mise en place au cours des dernières années, en particulier avec le réseau du tramway.

"Nous proposons une offre diversifiée, sans totem -il n'y a pas une seule solution-, ni tabou -nous allons regarder toutes les options, comme le téléphérique", a éclairé Alain Anziani, paraphrasant l'ouvrage de Sigmund Freud « Totem et Tabou ».

L'effort budgétaire correspondant au déploiement de cette nouvelle offre de mobilités est évalué à 3,3 milliards d'euros sur la durée de la mandature, dont 1,6 milliard d'euros en investissement, soit +82 % par rapport au plan pluriannuel d'investissement précédent (2015-2020) et 1,7 milliard d'euros en fonctionnement (+14,5 %).

Une augmentation des déplacements et de la population

Mettant en avant dans ce nouveau schéma des mobilités le pragmatisme de la réponse métropolitaine aux défis à relever, Alain Anziani a rappelé en quelques chiffres les éléments clés de la situation. Non seulement la population métropolitaine augmente de +1,2 % par an, avec un fort étalement urbain, mais en plus elle se déplace davantage.

C'est ainsi que l'on comptait 3,8 déplacements par personne et par an en moyenne dans la Métropole en 2009, contre 4,2 en 2017. Un volume en hausse qui représentait 3 millions de déplacements par jour dans la Métropole au cours de la même année. Par ailleurs un quart des emplois dans la Métropole est occupé par des habitants qui n'y habitent pas. Et puis les trajets routiers venant de l'extérieur représentent 22 % de l'ensemble des circulations routières de la Métropole et 58 % du kilométrage réalisé dans son périmètre !

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Une grille objective pour trancher les enjeux de mobilité

Autant de paramètres qui expliquent que la réduction de la circulation automobile au profit des transports collectifs et des modes alternatifs n'a pas suffit à enrayer la congestion et à ramener de la vitesse dans les déplacements métropolitains. Et les investissements d'infrastructures menés pour réduire les temps de déplacement et les émissions de gaz à effet de serre, soit 730 millions investis entre 2016 et 2020, s'avèrent insuffisants.

Si elle ne veut pas faire table rase du passé, la nouvelle majorité PS-EELV a tout de même découpé les mobilités en autant de lanières que nécessaire : du bus express au vélo en passant par la voiture, le tram ou la marche à pied pour tenter de reprendre le contrôle face à la congestion. La création d'une nouvelle ligne ou section de ligne de tramway, voire de bus express, est toujours un enjeu politique sensible. Pour sortir de ce dilemme, la Métropole a présenté trois critères qui doivent permettre de prendre des décisions froidement rationnelles pour tous les projets :

  • la performance technique sociale et économique
  • la performance budgétaire et technico-financière
  • la qualité de vie et l'impact sur l'environnement

Ce qu'il y aura dans le budget à 3,3 milliards d'euros

Pour être plus pertinent le nouveau schéma des mobilités a adopté un périmètre géographique élargi au-delà de la Métropole pour intégrer les flux de circulation venant de l'extérieur, qui auparavant passaient sous les radars. Il intègre comme l'un de ses objectifs prioritaires une meilleure prise en compte de la desserte de la Rive droite, en particulier de la Presqu'île d'Ambès.

Ce nouveau schéma met aussi au centre de sa stratégie la diversification des solutions de mobilités, afin de donner le choix aux habitants. Il prend en compte les mobilités actives (marche, vélo) et intègre la création d'un réseau de bus express. La mise en circulation d'un RER métropolitain fait aussi partie des préoccupations des élus pour renforcer l'attraction des transports collectifs. Au total, le nouveau schéma entend poursuivre cinq objectifs :

  • décongestionner le territoire métropolitain
  • fluidifier les liaisons Rive-droite / Rive-gauche
  • offrir des alternatives attractives aux liaisons métropole/ hors-métropole
  • décarboner les mobilités
  • favoriser une nouvelle gouvernance

Le nouveau plan prévoit notamment la création d'un réseau de bus express, les ex bus à haut niveau de service, qui se déplacent en site propre, pour proposer des liaisons circulaires efficaces. Mais aussi un doublement d'ici 2030 du linéaire de couloirs de bus, pour le porter à 160 kilomètres, tout en portant une attention particulière au réseau de tramway. Ce plan intègre également la création d'un réseau express vélo (REV), doté de 250 kilomètres de pistes cyclables, et d'un plan marche qui sera bientôt présenté en détail. La voiture n'est pas non plus oubliée tandis qu'une voire deux liaisons en téléphériques pour traverser la Garonne sont également à l'étude

Au terme de cette manœuvre la part de la marche devrait passer de 29 % à 32 % des déplacements d'ici 2030, le vélo de 8 % à 18 %, les transports en commun de 12 à 17 % et la voiture de 50 % à 33 %.

Bordeaux Métropole schéma des mobilités

Le volet bus et car du nouveau schéma des mobilités (crédits : Bordeaux Métropole).

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Commentaire 1
à écrit le 13/09/2021 à 4:55
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3,3 milliards pour des lignes de bus qui suivent des trajets déjà existants (Ligne 35, par exemple) et qui seront engluées dans la circulation, des cars financés par BM desservant des territoires hors de son périmètre et une ligne de train déjà exist...

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