Girondins de Bordeaux : comment le Club Scapulaire est devenu un acteur de la reprise

C’est sur une idée de Bruno Fievet, à la recherche d’un ancrage local pour assurer la reprise des Girondins de Bordeaux, que va naître le club. Grâce à Benjamin Gufflet, ex-patron du Biarritz Olympique, qui va faire jouer son important réseau pour jeter les bases d’un club d’entrepreneurs sous le nom de « Club Scapulaire ». Arnaud de Carli, son ami, dirigeant de la société Mécacyl, rejoint ensuite l’aventure. Il explique à La Tribune la genèse de ce projet local, qui fédère près de 250 entreprises et suscite de nombreuses vocations pour aider au financement du Football Club des Girondins de Bordeaux.

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Le scapulaire est au coeur de l'ADN du Football Club des Girondins de Bordeaux et de leurs supporters, les Ultramarines.
Le scapulaire est au coeur de l'ADN du Football Club des Girondins de Bordeaux et de leurs supporters, les Ultramarines. (Crédits : Appa)

Qui sont les membres et les chefs d'entreprises à l'origine de la création du Club Scapulaire, qui a réussi, à partir d'une attente de Bruno Fievet, à s'imposer en quelques semaines comme un acteur de référence dans les négociations pour la reprise du Football Club des Girondins de Bordeaux (FCGB) ?

Alors que depuis plusieurs semaines rumeurs et demi-vérités s'invitent au menu des Girondins de Bordeaux, Arnaud de Carli, directeur général de la société girondine Mécacyl, à Cestas (à la frontière ouest de Bordeaux Métropole), spécialisée dans la fabrication de lubrifiants pour l'automobile, rembobine avec clarté pour La Tribune les derniers événements qui ont agité le club de football.

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L'ancien patron du Biarritz Olympique à la manoeuvre

Bruno Fievet, qui fait de nombreux allers-retours entre Bordeaux et Genève, où il réside, a besoin d'un ancrage local et ne va pas hésiter à confier le développement de cette idée à un acteur bordelais très motivé : Benjamin Gufflet, ex-dirigeant du Biarritz Olympique Pays basque, qui va mettre son énorme carnet d'adresses au service de la cause pour créer un club d'entreprise qu'il va baptiser Club Scapulaire. Proche d'Arnaud de Carli, Benjamin Gufflet a fait parler de lui à la tête du BO, mais il avait aussi auparavant pris les commandes du site d'information "Surf Session", pour se lancer ensuite, en 2019, dans la production de films avec la société 7833 Productions. C'est lui qui va transformer l'idée émise par Bruno Fievet en une réalité tangible, avant de contacter Arnaud de Carli pour qu'il se joigne à son tour au projet.

"Bruno Fievet, qui est l'un des premiers repreneurs déclarés et qui est souvent en Suisse, voulait un ancrage local avec une base sur laquelle il puisse compter. Le Club Scapulaire est une SAS (société par actions simplifiée -ndlr). Benjamin a été président du Biarritz Olympique pendant trois ans, il s'est lancé dans cette création du club et m'en a parlé. De mon côté, j'ai notamment été candidat à la mairie de Bordeaux, dans la liste de Nicolas Florian. Et j'ai aussi un gros réseau de chefs d'entreprises grâce à Mécacyl", recadre Arnaud de Carli pour La Tribune.

Le Club Scapulaire a rencontré tous les candidats

Une des idées clés des des deux amis consiste à mettre le Club Scapulaire en action à chaque fois qu'un projet ciblé sur les Girondins de Bordeaux émerge.

"Le Club Scapulaire a au total six membres fondateurs. Quand Didier Quillot s'est déclaré, nous l'avons rencontré. Quand Pascal Rigo et Stéphane Martin se sont manifestés, nous les avons rencontrés, mais c'était plus délicat. Nous n'avons pas été tout à fait convaincus par Pascal Rigo quand il a dit qu'il apporterait 30 millions d'euros au projet de reprise. Et puis il y a eu Gérard, l'un des derniers à s'être déclaré. Quand nous l'avons contacté, Gérard Lopez a adoré l'idée et confirmé qu'il avait besoin d'un ancrage local. Gérard, ce qui lui manquait c'était un peu de temps. Il s'intéressait à Pascal Rigo, qui disait qu'il allait apporter 30 millions d'euros... ce qu'il lui a dit sans résultat pendant huit jours", relève Arnaud de Carli.

Assurer la levée de 5 millions d'euros d'ici début juillet

Finalement Pascal Rigo est sorti du jeu, tandis que Gérard Lopez s'est montré assez persuasif pour éviter la mise en dépôt de bilan du FCGB ce mardi 22 juin. L'objectif du Club Scapulaire est désormais de mobiliser suffisamment de chefs d'entreprises motivés pour arriver à terme à lever cinq millions d'euros qui seront ensuite injectés dans le capital social du FCGB.

"Nous recevons au moins vingt-cinq demandes par jour que nous ne pouvons pas traiter dans l'immédiat, des gens qui veulent apporter 500 euros ou 1.000, parfois plus ! Mais nous n'avons pas encore les moyens de nous en occuper. Cet engouement est positif puisqu'il montre clairement que nous allons y arriver. Nous avons actuellement entre 200 et 250 entreprises membres du club et autour de 2,6 millions d'euros. L'objectif étant d'arriver à 5 millions avant que l'a DNCG étudie le plan de reprise en détail, ce qui devrait arriver le 4 ou 5 juillet", déroule Arnaud de Carli, qui estime que 90 % du travail a été fait.

Le montage financier global serait bouclé à 90 %

Le patron de Mécacyl croise les doigts pour que le projet aboutisse sans perdre son sens de l'humour.

"Vous savez, avec Gérard les réunions commencent à minuit pour s'achever à trois heures du matin, alors oui j'espère que je n'aurais pas perdu tout ce sommeil pour rien", s'amuse-t-il.

Comme l'a récemment révélé "L'Equipe" le dossier du Football Club des Girondins de Bordeaux fait l'objet d'un suivi serré de la part de Bercy, et en particulier du célèbre Comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri), où personne n'a souhaité répondre aux questions de La Tribune.

Dans tous les cas, "L'Equipe" a confirmé ce mercredi que le Ciri devrait s'engager dans ce dossier bordelais à hauteur de 10 millions d'euros. Sachant que le pool du repreneur aurait contracté pour 20 millions d'euros d'emprunts auprès de King Street et que Gérard Lopez apporterait à titre personnel pour 7,5 millions d'euros. D'autres apports en cash seraient attendus d'un fonds d'investissement. Gérard Lopez a le goût du risque, ce qui lui aurait parfois fait tangenter la ligne jaune. Si son projet bordelais n'est pas encore totalement bouclé, il semble pourtant prendre forme. Et puis Gérard Lopez est le dernier joueur disposant de la carte maîtresse estampillée Ligue 1 pour le FCGB.

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Sauvetage du club : le maire (EELV) de Bordeaux Pierre Hurmic et le président (PS) de Bordeaux Métropole, Alain Anziani, réagissent : ils attendent tout deux de pouvoir parler à Gérard Lopez, notamment pour garantir le paiement du loyer du stade Matmut.

Mairie de Bordeaux

"C'est avec soulagement que Pierre Hurmic, maire de Bordeaux, apprend que le Football Club des Girondins de Bordeaux échappe à la procédure de redressement judiciaire tant redoutée. Après confirmation par les instances de la DNCG, le Club pourra ainsi jouer la saison prochaine en Ligue 1. L'information d'un accord trouvé vient clore cette séquence de flottement et de doutes. Une nouvelle page doit s'ouvrir, conforme aux aspirations fortes de toutes celles et ceux qui attendent que les Girondins retrouvent leur âme, les valeurs sportives populaires et locales sur lesquelles ils ont bâti leur histoire et leur identité.

Il reste au repreneur à nous rassurer vite sur le respect de ces impératifs, objet de l'appel lancé le 1er mai et largement partagés par plus de 5.000 citoyens et personnalités du monde sportif, économique et politique girondin. Le maire de Bordeaux restera vigilant sur la solidité et la pérennité du modèle économique proposé et attend l'instauration rapide de relations de confiance, nouvelles, entre le Club et la Ville."

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Bordeaux Métropole

"Après de longues semaines d'incertitudes, le processus de reprise du Football club des Girondins de Bordeaux vient de franchir un cap important et déterminant même s'il convient de rester attentif aux prochaines échéances. C'est un soulagement et Alain Anziani, président de Bordeaux Métropole, prend acte avec satisfaction de l'accord trouvé pour la reprise des Girondins de Bordeaux évitant ainsi un redressement judiciaire au résultat aléatoire. C'est un pas essentiel pour sauver le club et commencer à se projeter sur le plan sportif même si plusieurs étapes restent encore à franchir.

Bordeaux Métropole a échangé depuis un mois avec les différents candidats et encore très récemment avec l'équipe mandatée par les Girondins de Bordeaux pour établir les conditions de cette reprise. Bordeaux Métropole rappelle qu'en l'état, elle est liée aux Girondins de Bordeaux par une convention d'occupation et de mise à disposition du stade Bordeaux incluant le paiement d'un loyer annuel. Elle bénéficie également de lettres de garantie validées par le conseil de Bordeaux Métropole de la part des propriétaires actuels qui ne pourront être levées que par substitution avec une garantie équivalente de la part du repreneur, adoptée dans les mêmes formes.

Alain Anziani souhaite pouvoir rapidement engager les échanges avec M. Gérard Lopez pour finaliser les engagements des parties respectives."

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