Régionales : les projets économiques des huit candidats en Nouvelle-Aquitaine

A quelques heures du 1er tour des élections régionales, dimanche 20 juin, retour sur les principales propositions en matière économique des huit candidats en lice en Nouvelle-Aquitaine et sur les articles publiés par la rédaction ces dernières semaines.

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Geneviève Darrieussecq, Edwige Diaz, Nicolas Florian, Clémence Guetté, Guillaume Perchet, Eddie Puyjalon, Alain Rousset et Nicolas Florian sont les huit têtes de liste en lice en Nouvelle-Aquitaine pour le scrutin des 20 et 27 juin 2021.
Geneviève Darrieussecq, Edwige Diaz, Nicolas Florian, Clémence Guetté, Guillaume Perchet, Eddie Puyjalon, Alain Rousset et Nicolas Florian sont les huit têtes de liste en lice en Nouvelle-Aquitaine pour le scrutin des 20 et 27 juin 2021. (Crédits : Agence APPA / LO / ELLV)

A chacun son enjeu. Alors que la participation est attendue autour de 40 % dimanche au 1er tour des élections régionales en Nouvelle-Aquitaine, contre 51 % en 2015, le suspense reste entier tant les sondages récents donnent Alain Rousset (PS, PC, PRG) et Edwige Diaz (RN) au coude-à-coude au 1er tour. Le président socialiste sortant arrivera-t-il en tête devant l'extrême-droite ? Geneviève Darrieussecq, candidate de la majorité présidentielle, est-elle en mesure de perturber ce duel en tête ? A droite, Nicolas Florian fera-t-il jeu égal avec l'ancienne maire de Mont-de-Marsan ou sera-t-il plus proche des écologistes ? Est-ce que ces derniers, menés par Nicolas Thierry, arriveront à se qualifier pour le second tour en dépassant la barre des 10 % ? Pour Clémence Guetté (LFI/NPA), Eddie Puyjalon (Mouvement de la Ruralité) et Guillaume Perchet (LO), l'enjeu sera probablement de passer la barre des 5 %.

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A quelques heures du scrutin, vous retrouverez ci-dessous l'ensemble des articles publiés par la rédaction de La Tribune ces dernières semaines ainsi qu'un résumé synthétique des principales propositions des huit candidats dans le champ du développement économique, de la formation professionnelle et des mobilités.

Voici les principales propositions économiques des huit candidats :

  • Geneviève DARRIEUSSECQ (LREM, Modem, Agir, UDI, Mouvement radical, TDP)

La candidate de la majorité présidentielle propose de créer des "campus d'avenir" dans chaque département pour dispenser des formations aux métiers du numérique, de la transition énergétique, de la e-santé, de l'économie circulaire ou encore de l'agriculture, en fonction des besoins exprimés par les entreprises. Geneviève Darrieussecq veut aussi amplifier les actions en matière de cybersécurité pour former les administrations, les hôpitaux et les TPE/PME. L'intelligence artificielle et la robotique sont également mises en avant à travers une "Robotics Valley pour faire de la Nouvelle-Aquitaine la première région française et rattraper notre retard en termes de mécanique, de matériels, d'électronique, d'IA, de composants, etc.". Prônant un soutien aux activités de défense et de tourisme mais aussi aux artisans, TPE et PME, Geneviève Darrieussecq promet également une évaluation des politiques de formation professionnelle, un soutien renforcé aux filières frappées par la crise et la création de 2.000 emplois aidés pour les jeunes de moins de 25 ans dans le secteur associatif. Enfin, elle est favorable à la LGV vers Toulouse.

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  • Edwige DIAZ (RN)

Adepte du "localisme", la candidate du Rassemblement national veut rendre les aides aux entreprises plus accessibles avec un travail plus proactif des services de la Région et de la CCI. Elle insiste sur la souveraineté industrielle, par la création de "zones de repeuplement industriel", et le soutien à des filières régionales importantes telles que l'aéronautique, la santé, le nucléaire, la sylviculture et l'agriculture. Sur le plan de la formation professionnelle, Edwige Diaz juge les résultats insuffisants en renvoyant dos à dos l'Etat et la Région et préconise la possibilité d'entrer en apprentissage dès 14 ans, contre 16 actuellement, et la revalorisation des métiers manuels. Enfin, elle souhaite conditionner les aides aux entreprises au maintien de l'emploi local et à l'embauche d'un jeune en contrat d'alternance ou de professionnalisation. Edwige Diaz est également favorable à la ligne à grande vitesse vers Toulouse et à d'importants travaux routiers, notamment l'autoroute Poitiers-Limoges et le grand contournement de Bordeaux. Dénonçant "l'écologie punitive", elle promet qu'elle n'appliquera pas l'écotaxe pois-lourd si celle-ci venait à voir le jour.

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  • Nicolas FLORIAN (LR, NC)

Le candidat de la droite et du centre veut revoir le règlement d'intervention de la Région auprès des entreprises pour aider davantage les TPE de l'industrie, du commerce, des services et de la construction, notamment par un fonds spécial dédié au commerce et à l'artisanat en monde rural. Nicolas Florian promet une clause contre le travail détaché et entend réformer la politique de formation en créant un "contrat de travail durable" associant une formation financée par la Région et un engagement sur l'honneur d'embauche par l'entreprise. L'ancien maire de Bordeaux défend également "la création d'un fonds souverain régional en soutien aux fonds propres de nos entreprises, appuyé par une épargne populaire". Il souhaite aider en priorité la filière du tourisme d'affaires et saisonnier, l'agriculture et l'aéronautique. Un pôle dédié à l'hydrogène est également au programme tout comme un plan routes, dont l'A 63 et l'autoroute Poitiers-Limoges. Nicolas Florian est favorable au prolongement de la LGV vers Toulouse.

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  • Clémence GUETTÉ (LFI, NPA)

En matière économique, la candidate de la France Insoumise et du NPA propose de placer les entreprises menacées de fermeture sous le contrôle de leurs salariés "en réquisitionnant et en assurant la reconversion". Elle défend un "grand plan de recrutements dans tous les services publics" et particulièrement dans la santé et préconise de supprimer les aides régionales aux grands groupes et aux entreprises "qui polluent, qui licencient ou qui délocalisent". Clémence Guetté propose également un plan de formation professionnelle publique notamment sur les métiers de la transition écologique et de l'agriculture, dans le cadre plus large d'une "bifurcation écologique". Celle-ci passera aussi par "un vaste plan de rénovation écologique et performante des bâtiments" et le développement des énergies renouvelables. Enfin, Clémence Guetté, qui défend la gratuité des transports publics régionaux, est résolument contre le prolongement de la ligne à grande vitesse et les projets d'implantation de retenues d'eau, de complexes de vague artificielle ou d'entrepôts logistiques sur le territoire.

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  • Guillaume PERCHET (LO)

Le candidat "du camp des travailleurs" veut "tirer toutes les leçons de la crise sanitaire, sociale, économique et climatique qui a d'abord frappé les travailleurs" et dénonce "les licenciements massifs, les baisses brutales de salaires et l'aggravation des cadences". Guillaume Perchet milite pour la répartition égale du travail et du temps de travail, la hausse des salaires, des retraites et des allocations sociales et la prise en main des entreprises comme de toute l'économie par les salariés. Lutte ouvrière préconise aussi supprimer les aides aux grands groupes et aux entreprises qui licencient ou qui versent des dividendes à leurs actionnaires et de supprimer les dispositifs de formation aux métiers demandés par les grands comptes de l'aéronautique. Et d'utiliser ces fonds pour soutenir et développer les services publics partout dans la région.

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  • Eddie PUYJALON (Mouvement de la Ruralité)

Fondé par des anciens de Chasse pêche nature et tradition (CPNT), le Mouvement de la Ruralité promeut l'agriculture, les villes moyennes et les lignes ferroviaires de proximité. Sur le plan économique, Eddie Puyjalon veut "convaincre les PME et petites moyennes industries de s'installer dans les territoires ruraux. Et pour cela il faut plus de proximité et de réactivité dans l'octroi des aides aux entreprises." Le candidat promet que l'administration régionale montrera l'exemple en décentralisant ses propres services. Un plan de formation et de reconversion professionnelle, notamment pour les femmes et les personnes handicapées, est également proposé pour accompagner les transitions et correspondre aux besoins d'emploi de chaque territoire. Les TER et les liaisons routières sont au programme mais pas le prolongement de la grande vitesse ferroviaire vers Toulouse, auquel est préférée la rénovation des voies existantes. Enfin, Eddie Puyjalon veut concilier écologie et agriculture, avec un plan de limitation des émissions carbone mais en s'opposant aux éoliennes.

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  • Alain ROUSSET (PS, PC, PRG)

Le président sortant du conseil régional a mis l'économie au cœur de son action et de son discours depuis des années et entend continuer à le faire dans son programme. La santé, via le projet "One Health", qui associe santé humaine et animale, est particulièrement mise en avant, que ce soit avec la création d'une école vétérinaire à Limoges, la démarche de relocalisation des principes actifs des médicaments ou encore le projet de Phéromone Valley. Mais le soutien réaffirmé à l'économie sociale et solidaire (ESS), à l'éco-conception et la déconstruction est aussi au menu tout comme "la poursuite des efforts pour aider les TPE de production". Alain Rousset souhaite aussi mettre sur pied une véritable banque régionale d'investissement pour fédérer et amplifier les fonds d'investissement actuels. Enfin, dans le sillage de la démarche Néo Terra, la création d'un pôle de ressources scientifiques et techniques sur l'agroécologie est également proposée. Le président sortant est favorable à la LGV jusqu'à Toulouse.

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  • Nicolas THIERRY (EELV, Générations, Cap écologie, PA, GRS, GE)

"Chaque euro dépensé par le conseil régional ira à la transition écologique, énergétique et climatique", assure l'écologiste Nicolas Thierry qui promet de "créer 100.000 emplois en engageant la transition écologique et d'agir massivement pour la formation des jeunes". Cela passera notamment par la création de "campus des transitions" pour former à ces nouveaux métiers. Au programme également, "une société d'économie mixte régionale dotée de 300 millions d'euros pour investir dans la transition écologique" qui serait notamment financée par "un fonds d'épargne et d'investissement" accessible aux particuliers qui souhaitent soutenir l'économie régionale. Le candidat vert propose que la Région achète et préserve 60.000 hectares de terre agricole pour soutenir les agriculteurs et stopper l'étalement urbain. La gratuité des transports publics régionaux pour les jeunes et les demandeurs d'emplois est aussi défendue tandis que le projet de LGV vers Toulouse est écarté au profit de la rénovation de la voie ferrée existante.

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