Développement économique : quels sont les ingrédients de la méthode Alain Rousset ?

ANALYSE. Un interventionnisme assumé, des choix cohérents dans le temps, des moyens financiers et humains conséquents... Ce sont quelques-uns des marqueurs de la politique de développement économique qu'Alain Rousset incarne personnellement depuis 1998 en Aquitaine et Nouvelle-Aquitaine. A l'occasion des élections régionales des 20 et 27 juin 2021, La Tribune dresse le portrait de l'action économique du président socialiste sortant dont les fondamentaux sont mis à l'épreuve par la taille et la diversité de la Nouvelle-Aquitaine.

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Alain Rousset, ici dans les locaux de Treefrog Therapeutics avec son équipe dirigeante, a fait des visites des usines et des entreprises l'une de ses marques de fabrique.
Alain Rousset, ici dans les locaux de Treefrog Therapeutics avec son équipe dirigeante, a fait des visites des usines et des entreprises l'une de ses marques de fabrique. (Crédits : Agence APPA)

"C'est le jour et la nuit entre lui et les autres élus locaux qui s'intéressent peu ou pas aux entreprises sinon comme une ressource fiscale ! Lui c'est différent, il n'a pas peur des chefs d'entreprise, il les comprend et il s'intéresse à leurs problématiques. Tout n'est bien sûr pas parfait mais le bilan est bon de notre point de vue", juge Philippe Neys.

Le président du Medef Nouvelle-Aquitaine considère ainsi que le socialiste Alain Rousset "fait le job" tandis qu'un autre chef d'entreprise salue "la compréhension qu'a Alain Rousset de la vie d'une entreprise, une qualité rarissime chez les responsables politiques de tous bords". Depuis son élection au conseil régional d'Aquitaine en 1998 puis de Nouvelle-Aquitaine en 2015, Alain Rousset incarne personnellement l'action économique. Du bassin de Lacq à l'Usine du futur en passant par la filière optique-laser et Aérocampus, il a fait du soutien aux entreprises sa marque de fabrique. Celui qui n'aime rien tant que visiter des usines et des locaux de startups, se targue d'ailleurs d'être "l'ami des entreprises" et assure que plusieurs présidents de région de droite élus en 2015 sont venus le voir pour regarder et dupliquer son "modèle". Mais quels sont donc les ingrédients et la recette de ce "modèle" tant vanté par Alain Rousset ? Lui répète à l'envie que la Nouvelle-Aquitaine, qui compte 9 % de la population française, aurait concentré 36 % des créations nettes d'emplois industriels en France en 2019 (*) et affiche un taux de chômage structurellement inférieur à la moyenne nationale. Ses adversaires politiques lui reprochent de s'attribuer trop facilement des mérites qui reviennent d'abord aux entreprises.

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De Treefrog Therapeutics à Flying Whales, il n'est pas rare de trouver un chef d'entreprise expliquer qu'il a choisi la Nouvelle-Aquitaine parce que les politiques d'aides financières y sont plus avantageuses qu'ailleurs et parce que les équipes de la Région y parlent le même langage qu'eux. Le conseil régional a initié très tôt sous la houlette d'Agnès Paillard, qui pilote le développement économique de 2002 à 2009, une double stratégie de recrutements de compétences techniques pointues, parfois issues du privé, et d'adaptation des règlements d'intervention de la Région aux besoins des entreprises, notamment industrielles.

Montée en compétence

"Dans les secteurs que l'on voulait pousser, le laser, la biologie, les neurosciences, la pharmacologie, l'aéronautique, etc. J'ai dit que je voulais avoir des têtes de pont qui ont des compétences fines [...] pour se constituer un savoir-faire, être crédible et respecté de la part des industriels parce qu'on avait des gens de bon niveau. C'est quelque chose de nouveau, qui ne se faisait pas du tout", explique Agnès Paillard à Antoine Achard, qui a signé l'an dernier la thèse "Analyse de la politique industrielle de la Région Nouvelle-Aquitaine : apports des méthodes quantitatives et qualitatives". Au terme de son travail de recherche en immersion, ce dernier résume ainsi la politique économique de la Nouvelle-Aquitaine :

  • "une vision politique forte, axée sur le développement économique régional ;
  • des hommes et des femmes pragmatiques dans l'administration régionale qui ont su doter la Région d'outils et d'équipes pour appliquer cette politique ;
  • un contact fort avec le tissu d'entreprises régionales, des entreprises qui sont aujourd'hui largement acteurs de la politique économique régionale."

Un contact fort qui se matérialise par une politique de filières initiée dès 1998 et différents outils dont l'emblématique Club des ETI, réunissant les entreprises de taille intermédiaire (ETI) de la région. Un outil créé en 2012 et depuis copié dans la plupart des régions françaises. Le conseil régional multiplie aussi les incubateurs et accélérateurs de startups, est à l'origine du programme "Usine du futur" repris dans le programme du candidat victorieux François Hollande en 2012 et vient de recréer une Datar régionale pilotée par Olivier Bouba-Olga.

"Confiance, connaissance, anticipation"

Alain Rousset assume de mener une politique interventionniste pour défendre et soutenir les entreprises régionales, à l'instar ce qui se fait aux Etats-Unis ou en Allemagne. Et pour décrire sa politique économique, il utilise trois qualificatifs : "confiance, connaissance et anticipation" :

"La méthode c'est la confiance et la co-construction avec les entreprises de nos politiques publiques [...] La connaissance du tissu économique permet de désisoler les entreprises, de rapprocher les chaînes de valeur, de travailler avec le monde de la recherche et de l'innovation [...] L'anticipation c'est notre conviction de soutenir des filières d'avenir et le développement technologique en tenant compte des besoins émergents de la société : les batteries pour les véhicules électriques, l'Institut des sciences de la vigne et du vin (ISVV), les plateformes technologiques, les pôles de compétitivité ou encore le programme Usine du futur, inventé dans les années 2000 à Bordes, dans les Landes, et qui a déjà accompagné 700 usines dans la région."

Alain Rousset Hervé Morin

En 2018, Alain Rousset a fait visiter l'Aérocampus au centriste Hervé Morin, président de la Région Normandie (crédits : PC/ La Tribune).

Trois piliers stratégiques

Dans les faits, l'action régionale, qui a une forte coloration industrielle, s'appuie sur trois piliers stratégiques, selon Thibaut Richebois, qui a été directeur général adjoint au développement économique et emploi de 2014 à 2020.

"Le premier c'est de construire des outils pour accompagner les entreprises à des moments clefs de leur développement en travaillant sur l'innovation, la différentiation, la valeur ajoutée, la R&D et la robustesse du modèle. C'est aussi une logique d'investissement productif en termes d'emplois et de retombées économiques pour le territoire en assumant d'aider les entreprises qui bougent et se développent. Le deuxième c'est de créer et structurer des filières avec toute la chaîne de valeur sur le territoire grâce à des clusters thématiques, une vision à court, moyen et long terme et en s'appuyant sur les atouts existants de la région. Enfin, le troisième c'est de travailler sur l'aménagement de tous les territoires notamment par le transport et le très haut-débit en ayant une vision de la spécificité de chaque territoire."

D'importants moyens mobilisés

L'action économique déployée par Alain Rousset se traduit aussi dans les chiffres avec près de 500 agents dédiés au conseil régional et 80 autres au sein d'ADI-NA, l'agence de développement économique (8,5 millions d'euros de budget). C'est plus du double des équipes du conseil régional des Hauts-de-France qui y consacre 200 agents en interne et 40 au sein de HDFID son agence de développement économique qui dispose de 4,5 millions d'euros de budget. En Occitanie, la Région a largement transféré ces missions à Ad'Occ, l'agence de développement économique, qui compte 190 collaborateurs et un budget d'une trentaine de millions d'euros. Sur le mandat écoulé, la Nouvelle-Aquitaine se distingue aussi par un niveau de dépenses pour l'action économique très au-dessus de la moyenne et des régions de taille comparable comme l'Occitanie et les Hauts-de-France. En clair, c'est la région qui consacre la plus grosse part de son budget à cette politique, tant en investissement qu'en fonctionnement.

Cela représente 1,8 milliard d'euros dépensés depuis 2017 avec un pic à 632 millions d'euros en 2020, dont 512 millions d'investissement, quand les Hauts-de-France y consacrent en moyenne 125 millions d'euros par an. Une priorité assumée qu'Alain Rousset assure financer en mettant fin au saupoudrage des subventions régionales mais qui se fait aussi mécaniquement au détriment d'autres postes de dépenses tels que les transports et les TER où la Nouvelle-Aquitaine a moins dépensé et investi ces dernières années : 60 €/hab et par an en Nouvelle-Aquitaine contre 73 €/hab et par an en moyenne pour l'ensemble des régions. Ces montants dédiés à l'action économique permettent d'accompagner à des degrés divers près de 2.600 entreprises chaque année dans les douze départements. Si 75 % de ces aides bénéficient à des TPE et 24 % à des PME, il y a néanmoins des effets de concentration identifiés par Antoine Achard, dans sa thèse :

  • 43 % des entreprises aidées ont bénéficié d'au moins deux aides régionales représentant 70 % des montants ;
  • 22 % des entreprises aidées ont bénéficié d'au moins trois aides régionales représentant 51 % des montants ;
  • 4 % des entreprises aidées ont bénéficié d'au moins six aides, concentrant 14 % des montants.

Des champions régionaux ?

L'objectif étant notamment de faire émerger et de consolider des formes de "champions régionaux". "Alain Rousset a compris le rôle central que jouent les entreprises de taille intermédiaire qui sont souvent installées dans le monde rural, loin des métropoles, et tirent des bassins d'emplois, même si elles sont encore sous-développées en France", remarque Marc Prikazsky, président de Ceva Santé Animale et du Club des ETI de Nouvelle-Aquitaine... et fervent soutien du président sortant. "On ne peut pas tout financer mais le meilleur service qu'on puisse rendre à un territoire c'est de maintenir et transformer ses usines", considère Alain Rousset, citant l'exemple de la papeterie de Condat, en Dordogne.

 "Si on n'apporte que de l'argent aux entreprises c'est qu'on n'a pas fait tout le boulot !", relativise cependant Thibaut Richebois, qui met en avant le travail d'accompagnement et la logique de filière, "ce qui suppose d'avoir des équipes nombreuses qui vont sur le terrain". "D'autant qu'il y a toujours un risque lorsqu'on finance une entreprise parce que le retour sur investissement n'est pas garanti et dépend de multiples facteurs internes et externes", poursuit-il. On pense notamment au cas d'Amplitude Systèmes, fortement soutenue par la Région dans le cadre de la filière optique-laser, devenue une belle réussite industrielle mais passée sous pavillon luxembourgeois en 2019. Ou encore du cas emblématique de Ford qui a fermé l'usine de Blanquefort après avoir été généreusement aidée par les collectivités.

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Au total, depuis 2016, la Région Nouvelle-Aquitaine a souscrit pour 74 millions d'euros dans une demi-douzaine de fonds qui ont investi 50 millions d'euros dans 81 PME régionales. Quatre nouveaux fonds d'investissement thématiques sont également dans les tuyaux pour 24 millions d'euros.

Une politique à l'épreuve de la grande région

Lors de la fusion avec le Limousin et le Poitou-Charentes, le président de l'ex-Aquitaine a commencé par réaligner les interventions économiques des trois ex-régions, en rehaussant le niveau des aides aux entreprises, et élaborer un Schéma régional de développement économique, d'innovation et d'internationalisation (SRDEII). Mais la taille et la diversité de la grande région restent un défi pour les politiques publiques. "Alain Rousset est reconnu pour avoir porté une vision économique assise sur des choix forts, notamment l'industrie et l'optique-laser. Désormais, on a le sentiment que la Région priorise tous les secteurs à la fois avec un effet catalogue", remarque un observateur.

Santé, cuir, numérique, cybersécurité, quantique, aéronautique, spatial, bois, viticulture, ferroviaire, robotique, agriculture, transition environnementale et bien d'autres : la Région est en effet sur tous les fronts et de tous les combats. Au risque de noyer ses priorités ? "Alain Rousset prend souvent l'exemple des Länder allemands mais, au-delà de leurs moyens, ces derniers se distinguent aussi par des choix économiques très forts fondés sur les atouts, les avantages comparatifs de leur territoire. Aujourd'hui, on a du mal à lire cette stratégie pour la Nouvelle-Aquitaine tant son économie est diversifiée et le discours devenu généraliste", souligne cet interlocuteur.

"Il faut soutenir toutes les filières d'avenir et la diversification est une stratégie assumée qui porte ses fruits dans le contexte de crise que l'on connaît aujourd'hui", répond Alain Rousset. "Et nous soutenons pleinement les trois secteurs clefs que sont l'agroalimentaire, l'aéronautique et la filière forêt-bois-papier. D'autant que la priorité globale, qui surplombe toutes les autres aujourd'hui, c'est le réchauffement climatique !"

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Du côté de l'opposition régionale, au centre comme à droite, la vision est logiquement différente : "Le problème c'est qu'il y a un essoufflement de sa vision économique après 25 ans et qu'en plus, sur toute une série de filières stratégiques pour lesquelles il s'est réellement engagé, il est bloqué aujourd'hui par ses alliés écologistes, notamment sur l'aéronautique, l'agriculture mais aussi la LGV ! Cela aboutit à une vision plus floue et généraliste", juge Guillaume Guérin, le président de Limoges Métropole et chef de file de l'opposition (LR) au conseil régional sortant.

Un risque d'essoufflement ?

Ce dernier préconise des aides encore plus ciblées pour les TPE et PME via des conventionnements avec les intercommunalités et souhaite en réduire les délais de versement. "Remplir un dossier de 40 pages pour avoir, peut-être, une subvention neuf mois plus tard, ce n'est pas très attractif pour les petites entreprises", attaque-t-il. Le Medef régional aimerait, lui aussi, voir davantage "la région au chevet de toutes les TPE/PME, pas seulement celles de l'automobile et de l'aéronautique". Des critiques balayées par le président sortant et Thibaut Richebois, qui ne nient pas les difficultés techniques liées à la fusion, mais attribuent l'allongement des délais d'instruction des aides au contexte particulier de la crise du Covid-19.

Alain Rousset

"Le développement économique c'est le temps long", martèle Alain Rousset qui repart en campagne (crédits : Agence APPA).

Quant aux critiques sur son éventuel essoufflement, le candidat Alain Rousset rappelle volontiers que le développement économique s'inscrit dans le temps long et, dès qu'il en a l'occasion, s'amuse à énumérer les propositions de ses adversaires politiques pour assurer qu'il les a déjà mis en œuvre d'une manière ou d'une autre. S'appuyant sur son bilan pour travailler à sa réélection, il a néanmoins fixé un cap lors de la présentation de son programme. La santé, via le projet "One Health", qui associe santé humaine et animale, sera au cœur de son projet, avec notamment la création d'une école vétérinaire à Limoges et une démarche de relocalisation des principes actifs des médicaments. Mais le soutien réaffirmé à l'économie sociale et solidaire (ESS), à l'éco-conception et la déconstruction est aussi mis en avant tout comme "la poursuite des efforts pour aider les TPE de production, ces entreprises industrielles de quelques salariés souvent sous-traitante d'un seul donneur d'ordres et largement réparties sur le territoire. Il faut les aider à se diversifier, se moderniser, se former !"  Enfin, dans le sillage de la démarche Néo Terra, la création d'un pôle de ressources scientifiques et techniques sur l'agroécologie est également proposée.

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S'inspirer aussi de ce qui se fait ailleurs ?

Mais le futur président du conseil régional, quel qu'il soit, pourrait aussi gagner en efficacité en explorant plusieurs pistes. Un bon connaisseur de la machine régionale pointe par exemple l'insuffisante gestion partagée des données et l'absence d'un véritable service d'intelligence économique capable de centraliser, de valoriser et de diffuser les énormes volumes de data collectées par les différents services de la Région. La Nouvelle-Aquitaine pourrait ainsi s'inspirer de l'interface Astride, dans les Hauts-de-France, ou des outils de la Région Bretagne. Des synergies seraient aussi à rechercher entre la Région, ADI-NA et la Datar pour, à la fois, mieux travailler ensemble et mieux établir les missions de chacun : alors que d'autres Régions, comme l'Occitanie ou Auvergne-Rhône-Alpes, ont choisi d'externaliser la majeure partie de l'action économique à leur agence de développement économique, la Nouvelle-Aquitaine se trouve encore dans un entre-deux, pas toujours évident à comprendre pour les entreprises et au risque de créer des doublons.

"Je ne crois pas qu'il y ait dé déperdition pour les entreprises parce que la Région et ADI sont très complémentaires. La meilleure valorisation des données est effectivement une piste à explorer. On peut toujours faire mieux mais c'est ensuite une question d'arbitrages des moyens, d'autant que ces projets ont été ralentis par la fusion", estime Thibaut Richebois. Tandis qu'Alain Rousset rappelle, goguenard, qu'il s'est engagé dès 2019 avec l'Université de Bordeaux dans la création d'un laboratoire commun sur l'intelligence économique. "Déjà fait !", esquive-t-il.

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(*) Selon Alain Rousset, cette estimation provient directement du cabinet de la ministre de l'Industrie, Agnès Pannier-Runacher. D'après les derniers chiffres de l'Insee, de décembre 2020, il y a eu 16.700 créations nettes d'emplois industriels en France en 2019. Ce chiffre est de 3.100 créations nettes d'emplois industriels en Nouvelle-Aquitaine en 2019 par rapport à 2018, soit seulement 19 % du total.

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Commentaires 3
à écrit le 18/06/2021 à 11:28
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Des inondations en Nouvelle Aquitaine en pleine sécheresse ... ça ne vous choque pas ? Depuis 5 ans la région Nouvelle Aquitaine finance la destruction des barrages et des retenues qui régulait le débit des rivières en amont des villes, le résultat...

à écrit le 16/06/2021 à 19:09
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Une équipe qui connait ses dossiers : compétences, diversité, jeunesse

à écrit le 16/06/2021 à 17:09
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Aquitaine vient du latin Aquitania : pays d'eau ... en 20 ans aquitania est devenue Désertica ! non seulement la région a bloqué tous les projets de réserves mais elle a fait détruire les réserves existantes (Barrages , retenues étangs ,etc...) aucu...

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