La ligne de TER Libourne-Bordeaux-Arcachon en test dès décembre

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Alain Anziani, maire de Mérignac et président de Bordeaux Métropole, à droite, au côté de Pierre Hurmic, maire de Bordeaux et vice-président de la Métropole.
Alain Anziani, maire de Mérignac et président de Bordeaux Métropole, à droite, au côté de Pierre Hurmic, maire de Bordeaux et vice-président de la Métropole. (Crédits : Agence APPA)
Les dossiers de la mobilité et de l'encadrement des loyers sont deux des grands enjeux qui ont été abordés lors de la dernière séance plénière de Bordeaux Métropole. La mise en test d'un premier train express régional (TER) entre Libourne et le bassin d'Arcachon, dès le mois de décembre, manifeste l'émergence d'une nouvelle conurbation. (réactualisé 28/10/20 : rajout en (*) du poids des logements locatifs privés dans la Métropole)

Comme l'a souligné le nouveau président (PS) de Bordeaux Métropole lors de la conférence de presse précédent la séance plénière de ce 23 octobre, l'ordre du jour comportait "deux sujets à débats" : la mobilité et l'encadrement des loyers. La nouvelle majorité de gauche portée à la tête de Bordeaux Métropole par les élections municipales de 2020 a fait, à l'initiative du nouveau maire écologiste de Bordeaux, Pierre Hurmic, ce que les élus de droite victorieux en 2014 n'avaient pas osé s'autoriser : rompre avec la cogestion. Cette dernière, qui imposait depuis l'origine de la gestion de la communauté urbaine dans une logique consensuelle entre la droite et la gauche, a brutalement disparu.

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Du coup la gestion du dossier des mobilités, l'un des piliers centraux de la gestion métropolitaine, devient un terrain d'affrontement politique. La gestion des transports en commun (bus, tram, navettes fluviales, vélos, parcs relais) et de leur développement, mais aussi la circulation automobile, en ville et sur la rocade, et les nouveaux projets, comme la création d'un RER métropolitain, sont autant d'enjeux qui remodèlent la Métropole. Avec à la clé des tensions politiques plus vives qu'auparavant, qui n'ont tout de même pas encore mis le feu au lac.

Créer une boite à outils pour gérer la mobilité

Si Alain Anziani ne prétend pas faire du passé table rase, il entend bien revenir avec sa majorité sur le Schéma directeur opérationnel des déplacements métropolitains (Sdom) adopté en avril 2016 "pour les dix à quinze années à venir". Avec la volonté de définir un nouveau cahier des charges.

"La question de la mobilité dans la Métropole ne se résume pas à une seule question. Il s'agit plutôt de créer une boite à outils pour pouvoir traiter de la création de lignes de bus à haut niveau de service (BHNS), de l'évolution du réseau des bus ou de celui des navettes fluviales. Toutes ces préoccupations ne suspendent en rien les actions urgentes, et en particulier la création d'une ligne de TER (train express régional) Libourne-Bordeaux-Bassin d'Arcachon, dont les premiers tests auront lieu en décembre", a souligné en substance le président de Bordeaux Métropole.

La création de cette nouvelle ligne de TER, qui mobilise non seulement la SNCF et la Métropole mais aussi la Région, en charge des transports, et le Département, s'impose comme la manifestation tangible d'un phénomène identifié depuis plusieurs années par les experts de l'A'urba (Agence d'urbanisme de Bordeaux Aquitaine) et de l'Insee (Institut nationale de la statistique et des études économiques) : celui de l'émergence d'une conurbation étendue du bassin d'Arcachon, à l'ouest, à la Communauté d'agglomération de Libourne, à l'est, en passant par Bordeaux.

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Encadrement des loyers, c'est la préfète qui décidera

Deuxième des sujets à débat annoncés par Alain Anziani : l'encadrement des loyers, qui ne semble pas aussi explosif que celui des mobilités.

"Nous allons devoir transmettre la délibération cadre adoptée à ce sujet avant le 23 novembre au soir. Il sera possible d'intégrer toutes les communes de la Métropole à ce dispositif. L'éligibilité à l'encadrement des loyers dépend de quatre critères (*). Il faut faire acte de candidature avant la date limite et ensuite c'est la préfète qui décide. Certaines communes, comme Talence, Pessac ou Le Bouscat, sont opposées à ce dispositif. Si la candidature de Bordeaux Métropole est retenue, aucune des communes métropolitaines ne sera obligée de l'appliquer", a détaillé Alain Anziani.

D'autre sujets, qualifiés par le président de la Métropole de « très charpentés », comme la cession du terrain des Circuits, dans le périmètre de l'ancienne usine Ford Aquitaine Industries -sur lequel nous reviendrons-, ont également été abordés.

(*) "Pour mémoire : les logements locatifs privés représentent 1/3 des logements de la métropole (+ de 50% des logements de Bordeaux) - près de 65% de ces locataires ont des ressources modestes les rendant éligibles aux PLUS (logements financés en prêts locatifs d'utilité sociale). En 2019, le loyer médian observé sur la métropole est de 11,2€/m2.Une forte disparité est observée entre les loyers de petits et grands logements : le quart le plus cher des T1 se loue en moyenne à 18,6€ /m2 alors que le quart le moins cher des T4 se loue en moyenne à 8,1€/m2" précise la Métropole.

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