Covid-19 : la Région booste son plan d'aides aux entreprises à 73 M€

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Lors du premier transfert par train à Bordeaux et Nouvelle-Aquitaine de patients du Grand-Est atteints par la Covid-19.
Lors du premier transfert par train à Bordeaux et Nouvelle-Aquitaine de patients du Grand-Est atteints par la Covid-19. (Crédits : Agence Appa/Thibaud Moritz)
Pour faire face à l'évolution de la crise socio-économique provoquée par la pandémie de Covid-19, la Région Nouvelle-Aquitaine vient de porter son plan d'intervention d'urgence de 50 à 73 M€. Elle a également joué un rôle très actif dans la commande en Chine de 6 millions de masques chirurgicaux et FFP2, qui seront distribués en étroite collaboration avec l'Agence régionale de santé (ARS). Le président de la Région a confirmé par ailleurs qu'il travaillait aussi à la sécurisation des chantiers dans le BTP.

Pour faire face à l'évolution très rapide de la crise socio-économique déclenchée par la pandémie de coronavirus, le Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, qui avait annoncé dès le 17 mars, un plan d'urgence de 50 M€, vient de porter ce dernier à 73 M€. C'est l'une des mesures phares présentées en conférence de presse jeudi 9 avril, qui devait être votée lors de l'assemblée régionale plénière de ce vendredi 10 avril.

Le fonds d'abondement aux TPE et PME, qui était jusqu'ici doté de 10 M€ est ainsi doublé pour atteindre 20 M€, tandis que la Région crée un nouveau fonds de prêts pour les TPE et associations, qu'elle abonde à hauteur de 12 M€ de concert avec la Banque des Territoires, qui apporte un montant identique.

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"L'agglomération de La Rochelle pourrait bientôt compléter ce fonds avec une enveloppe complémentaire de 10 M€", a précisé Alain Rousset. Ce fonds, qui va donc aligner au total 24 M€, cible en priorité les commerçants et les artisans, ainsi que certaines structures associatives impactés par la crise du coronavirus, avec des prêts à taux zéro pouvant aller jusqu'à 15.000 euros.

Un budget supplémentaire de 360 M€ voté

Alain Rousset a cité l'agglomération de La Rochelle comme possible contributrice parce que ce fonds est ouvert aux agglomérations ainsi qu'à la métropole bordelaise sur la base d'un abondement de 2 euros par habitant. A noter par ailleurs la création, toujours avec la Banque des Territoires, d'un fonds de prêt spécifique de 1 M€ destiné aux entreprises du secteur de l'économie sociale et solidaire (ESS), soit un total de crédits additionnels pour la Région de 23 M€.

"Je tiens à rappeler tout de même que la commission permanente qui s'est réunie ce lundi 6 avril a voté pour 360 M€ de budget supplémentaire. La crise que nous vivons aujourd'hui montre à quel point les pouvoirs publics sont essentiels. Sur ces 360 M€ votés, notons que 60 M€ sont fléchés vers l'économie et l'emploi, 164 M€ pour la transition énergétique et écologique, 87 M€ en aménagement du territoire, à destination des communes et territoires, et 27 M€ pour la jeunesse", a éclairé le président de la Région.

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Avant d'expliquer que l'adoption de ce budget supplémentaire se faisait dans un contexte général défavorable, qui va être marqué par une baisse de recettes du conseil régional de l'ordre de 70 à 100 M€. Cet à-coup ne va pas suffire à déstabiliser le fonctionnement budgétaire de la Région, qui va remettre à plus tard certaines dépenses, un arbitrage qui est à l'étude.

Plusieurs collectivités associées dans l'achat en Chine

"Notre objectif est de maintenir la vie sociale et d'assurer un accompagnement des soignants, de développer des éléments de solidarité en direction de l'éducation ou encore de l'agriculture, et d'assurer le maximum de fonctionnement économique", a cadré Alain Rousset.

Ce plan d'urgence régional prévoit un important volet sanitaire marqué en particulier par l'acquisition groupée entre plusieurs collectivités de Nouvelle-Aquitaine de 6 millions de masques. Un achat massif divisé en deux grandes commandes.

Avec tout d'abord les douze conseils départements de Nouvelle-Aquitaine, Bordeaux Métropole et l'agglomération de Pau, et la Région qui ont participé à l'acquisition de 2,4 millions de masques chirurgicaux et de 260.000 masques de type FFP2, conçus pour protéger leurs porteurs. Dans ce cadre, le Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine s'est porté acquéreur de 200.000 masques chirurgicaux et 30.000 FFP2. Le montant global de cette première commande s'est élevé à 1,5 M€.

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La Région est également partie prenante d'une seconde commande contractée par les conseils départementaux néo-aquitains et un ensemble de communes, qui porte sur l'achat de 2,2 millions de masques chirurgicaux et 600.000 FFP2. Le solde de cette commande ayant été réalisé en direct par certaines communes auprès de l'Ampa, la plateforme de dématérialisation des marchés publics.

Un accord négocié avec l'Agence régionale de santé

Dans un contexte marqué par un manque de moyens de protection pour les équipes soignantes de première ligne dans les hôpitaux, les services de l'Etat n'hésitent plus à réquisitionner les commandes de masques faites par certains conseils régionaux pour leurs Ehpad, comme cela est arrivé en Auvergne-Rhône-Alpes. Mises sous pression par un coronavirus ultra contagieux les agences régionales de santé (ARS), qui passent une bonne partie de leur temps à gérer une situation de pénurie, ne font plus de quartier.

"Ces deux commandes ont bien été livrées. Nous avons fait en sorte qu'il y ait un accord avec l'ARS (Agence régionale de santé, qui représente l'Etat -NDLR). Il y a eu des montées d'adrénaline au cours de ces discussions parce que l'ARS voulait être sûre que des masques FFP2 aillent bien aux services d'urgence et aux personnels de santé. Ils seront ainsi distribués aux Ehpad, mais aussi aux forces de police, etc., en coordination étroite avec l'ARS", a résumé le président de Région, qui a confirmé la création d'une plateforme de lutte contre le Covid-19.

Pas de dividendes pour les entreprises qui auront été aidées

D'autre part, Alain Rousset a précisé qu'il réfléchissait avec Jean-François Fountaine, maire de La Rochelle, ancien conseiller régional et cofondateur du chantier naval Fountaine Pajot, numéro deux mondial du catamaran de plaisance, a la création d'un mécanisme de retour sécurisé au travail, en particulier dans le BTP.

"Le conseil régional est le premier donneur d'ordre en Nouvelle-Aquitaine. La situation actuelle nous oblige à réfléchir avec les branches professionnelles pour pouvoir garantir un retour sécurisé des salariés au travail" a évoqué  Alain Rousset.

Ce dernier a par ailleurs rappelé que d'importants dossiers régionaux, comme le futur centre de formation à la maintenance ferroviaire Ferrocampus, qui va voir le jour dans le Technicentre SNCF de Saintes (Charente-Maritime), avec en particulier un atelier de retrait des moteurs diesel des trains, suivaient leurs cour. Le président de la Région a tenu à souligner que les entreprises qui seraient aidées par la collectivité ne devraient pas verser de dividendes à leurs actionnaires. Soulignant que la crise actuelle montre que de nombreux discours sur la compétitivité des entreprises ne sont tenus que pour mieux cacher la cupidité de leurs auteurs

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