Covid-19 : les architectes néo-aquitains opposés à la reprise des chantiers dans le BTP

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Virginie Gravière, présidente du Conseil régional de l'ordre des architectes de Nouvelle-Aquitaine
Virginie Gravière, présidente du Conseil régional de l'ordre des architectes de Nouvelle-Aquitaine (Crédits : Conseil régioinal ordre architectes Nouvelle-Aquitaine)
Encore exclus du processus, le conseil de l'Ordre des architectes entend bien être consulté pour la rédaction du guide des bonnes pratiques dans le BTP. Un document sur lequel planchent actuellement l'Etat et les fédérations patronales des entreprises et artisans du BTP. Le conseil de l'ordre des architectes s'oppose à toute reprise des chantiers, estimant que les conditions de sécurité ne sont pas réunies.

La signature du protocole sur les bonnes pratiques dans le BTP est attendue par tous les professionnels de la filière. Après la Fédération française du bâtiment (FFB) de la Gironde et la Fédération régionale des travaux publics (FRTP) de Nouvelle-Aquitaine, qui se sont exprimés ce jeudi 26 mars dans nos colonnes par le biais de leurs présidents, respectivement Marie-Ange Gay Ramos et Christian Surget, nous poursuivons notre enquête sur ce secteur du BTP classé comme d'importance vitale par le gouvernement, en nous intéressant aux architectes.

Dans l'acte de construire, ces derniers interviennent au niveau de la maîtrise d'œuvre, tout comme les bureaux d'étude, et assurent la liaison entre les maîtres d'ouvrage, qui décident du lancement des chantiers, et les entreprises du BTP, qui réalisent les travaux.

"Nous intervenons en particulier sur la sécurisation des chantiers. C'est vrai qu'il y a eu un petit flou à la suite du discours du président Macron du 16 mars. Parce qu'après cette intervention, alors que le même jour le président de l'Ordre des architectes avait appelé à la fermeture et à la sécurisation des chantiers, le gouvernement nous a demandé de relancer les travaux. Mais pour nous c'était impossible. C'était beaucoup trop dangereux", rembobine en substance pour La Tribune Virginie Gravière, présidente du Conseil régional de l'Ordre des architectes de Nouvelle-Aquitaine.

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Des sociétés généralement petites et fragiles

Conseil du maître d'ouvrage, qui est son client, l'architecte gère son chantier et coordonne les entreprises qui le réalisent, résume cette dernière. Elle précise notamment que les douze préfectures de la région ont ensuite été informées de la position du conseil de l'ordre.

"Le Conseil de l'ordre de Nouvelle-Aquitaine regroupe 2.500 architectes, contre 30.000 à l'échelle nationale. Nous comptons en particulier 1.000 architectes à Bordeaux Métropole, qui ont réalisé en 2018 pour 1,9 milliard de travaux dans la Métropole", recadre Virginie Gravière.

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La présidente souligne que beaucoup d'agences d'architecture seraient toujours en attente de réponses en ce qui concerne l'application des mesures de chômage partiel.

"Notre profession compte beaucoup de petites structures, avec peu de trésorerie, avec un risque important de mises en liquidations judiciaires. Ce qui nous a conduit à alerter la Direccte (Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi) pour expliquer notre situation. En plus de l'aide forfaitaire lancée par l'Etat, la Région Nouvelle-Aquitaine a débloqué une aide automatique pour les entreprises réalisant un chiffre d'affaires de moins de 250.000 euros", éclaire la présidente du conseil de l'ordre.

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Laisser les architectes travailler

Pour les architectes comme pour beaucoup d'autres professionnels, l'équation posée par la pandémie de coronavirus est simple, puisque l'arrêt des chantiers signifie la disparition des honoraires. Alors que de nombreux commerces essaient de survivre en misant sur les ventes en ligne, qu'il s'agisse de restaurants ou d'enseignes de mode, les architectes mettent l'accent sur le traitement des instructions d'urbanisme.

"Il ne faut pas que les phases sur lesquelles travaillent les architectes soient bloquées. Les plannings sont rallongés et lendemain de la crise va être très difficile à négocier. Nous avons demandé à être associés à la réalisation du guide des bonnes pratiques, car il n'y a que l'architecte qui ait une vision globale des enjeux", assure Virginie Gravière.

Elle confirme que le conseil de l'Ordre privilégie l'arrêt des chantiers, "car on ne peut pas reprendre sans sécurité. Nous sommes en contact avec la FFB, la FPI (Fédération des promoteurs immobiliers -NDLR) et des bailleurs pour préparer au mieux l'après crise". Une phase qui risque elle aussi de faire peur, à cause de toute la désorganisation qu'il va falloir résorber dans des délais serrés.

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