Municipales : "Il va falloir créer un modèle de densité bordelais"

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Faut-il continuer à construire à Bordeaux ? Oui selon les acteurs locaux du bâtiment.
Faut-il continuer à construire à Bordeaux ? Oui selon les acteurs locaux du bâtiment. (Crédits : Agence APPA)
Au menu, urbanisation, logement et transition écologique. A moins d’un mois des élections municipales, les acteurs locaux du bâtiment (les fédérations du bâtiment, des promoteurs, des travaux publics et l’ordre des architectes) ont uni leurs voix, jeudi 20 février, pour interroger les candidats et poser leur diagnostic. Selon eux, il est nécessaire de continuer à construire. En revanche, il va falloir effectivement changer de modèle. Ils annoncent se mettre à la disposition des candidats pour les accompagner dans leurs choix.

"Il faudrait arrêter de construire selon l'avis de certains habitants ou élus. Mais c'est déjà le cas !", lance d'emblée Arnaud Roussel-Prouvost, président de la fédération des promoteurs immobiliers (FPI) Nouvelle-Aquitaine. Faut-il donc continuer à construire dans la métropole bordelaise ? "Oui", ont répondu d'une même voix quatre acteurs locaux de la construction - les fédérations du bâtiment, des promoteurs immobiliers, des travaux publics et l'ordre des architectes Nouvelle-Aquitaine - qui, à moins d'un mois des élections municipales des 15 et 22 mars, tenaient à alerter les candidats, ce jeudi 20 février.

3.000 logements de retard par an

"Une politique du logement ne s'apprécie pas à l'aune du sentiment de ceux qui sont déjà logés mais des besoins de ceux qui ne le sont pas ou mal", avancent-ils dans un communiqué commun. "Or, alors que 10 à 12.000 nouveaux habitants arrivent chaque année dans la métropole, le nombre de logements neufs toutes catégories confondues ne cesse de diminuer. On a 3.000 logements de retard par an", lâche Arnaud Roussel-Prouvost. "Les infrastructures ne suivent pas ? Ce n'est pas une raison pour arrêter de construire. Il faut développer les équipements en parallèle", insiste pour sa part Christian Surget, président de la fédération régionale des travaux publics Nouvelle Aquitaine, qui admet qu'avec l'arrivée de la LGV, Bordeaux a été victime de son succès. "Le Grand Paris est une réussite de ce point de vue là."

Inventer un modèle bordelais

En revanche, Arnaud Roussel-Prouvost l'admet :

"La réserve foncière devenant plus rare, il va falloir créer un modèle de densité bordelais. Cela signifie sortir du modèle de l'échoppe, aller plus haut, envisager non plus des R+1 ou 2 mais des R+5 et R+6, et réfléchir à de nouvelles formes architecturales. Avec un prix à 20 M€ le kilomètre de tram, il est légitime de densifier, sans pour autant faire des tours à 50 mètres. Je crois aux vertus de la diversité de l'offre."

Arnaud Roussel-Prouvost

Arnaud Roussel-Prouvost, président de la fédération des promoteurs immobiliers (FPI) Nouvelle-Aquitaine (crédits : Agence APPA)

Dans ce contexte, quelles sont les solutions envisagées par les candidats pour construire une ville harmonieuse, résiliente, accueillante, adaptée aux défis climatiques et à la mixité sociale ? Comment développer la ville en respectant le périurbain ? Quelle mesures aussi pour soutenir le développement des entreprises et des emplois dans le bâtiment ? "Un logement neuf représente deux emplois non délocalisés", avance Marie-Ange Gay-Ramos, présidente de la fédération du bâtiment de Gironde qui rassemble plus de 700 entreprises et 12.000 emplois.

Beaucoup de questions ont à ce stade été posées aux candidats. "Nous ne sommes pas là pour faire des propositions mais pour interpeler au niveau municipal et métropolitain", a tenu à préciser Arnaud Roussel-Prouvost. Ils assurent toutefois se mettre à leur disposition pour les accompagner dans leurs choix.

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