Municipales à Bordeaux : Thomas Cazenave dévoile son programme sous vent contraire

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Crédité de seulement 13 % d'intentions de vote au 1er tour, selon un sondage publié ce 11 février, Thomas Cazenave ne désarme pas.
Crédité de seulement 13 % d'intentions de vote au 1er tour, selon un sondage publié ce 11 février, Thomas Cazenave ne désarme pas. (Crédits : Agence APPA)
Un sondage publié ce 11 février conforte la candidature de Nicolas Florian à sa succession à la mairie de Bordeaux avec 38 % d'intentions de vote au 1er tour. Suivent Pierre Hurmic (30 %), Thomas Cazenave (13 %) et Philippe Poutou qui franchit la barre des 11 %. Malgré ce coup d'arrêt, Thomas Cazenave a présenté son programme électoral et décoché quelques flèches sur le duo de tête.

Le calendrier s'est quelque peu téléscopé pour le candidat LREM à l'élection municipale bordelaise des 15 et 22 mars prochain. Quelques heures avant la présentation de son programme à la presse, un sondage Ifop-Fiducial pour CNews et Sud Radio, portant sur 607 personnes (*), le créditait de seulement 13 % des intentions de vote au 1er tour, témoignant d'un coup d'arrêt dans la dynamique constatée jusque-là (11,5 % en octobre 2019 puis 16 % en décembre dernier).

Nicolas Florian creuse l'écart

A l'inverse, Nicolas Florian, soutenu par la majorité municipale LR-Modem-UDI conforte sa pole position en progressant de 5 points par rapport à décembre dernier pour atteindre 38 % dès le 1er tour. Le maire sortant creuse ainsi un peu plus l'écart avec son poursuivant Pierre Hurmic (EELV-PS) qui reste stable à 30 % des intentions de vote. S'ajoute à cette configuration la candidature de Philippe Poutou, annoncée il y a quelques jours, qui est créditée de 11 % des intentions de vote, de quoi lui permettre de se qualifier au second tour laissant augurer d'une triangulaire voire d'une quadrangulaire le 22 mars. Tous ces résultats sont à prendre avec les précautions d'usage tant les marges d'erreur sont importantes (entre 2 et 3,5 points).

A noter que ce sondage Ifop-Fiducial pour CNews et Sud Radio, malgré les 11 % attribués à Philippe Poutou, ne teste qu'une seule hypothèse de second tour, à savoir une triangulaire Florian-Hurmic-Cazenave aboutissant aux résultats suivants :

  • Nicolas Florian : 44 %
  • Pierre Hurmic : 40 %
  • Thomas Cazenave : 16 %

Un résultat qui tend à confirmer que le prochain maire de Bordeaux sera élu à la majorité relative (c'est-à-dire avec moins de 50 % des suffrages) et non absolue comme cela a été le cas jusque-là.

Thomas Cazenave se montre plus piquant

De son côté, Thomas Cazenave encaisse et minimise ce vent contraire. Le candidat de la majorité présidentielle LREM a engrangé ces derniers jours plusieurs soutiens politiques venant des rangs de la majorité municipale actuelle (l'ancien adjoint en charge de la proximité Jean-Louis David puis deux conseillère municipales Constance Mollat et Stéphane Givernaud) ainsi que le ralliement de huit membres de l'équipe de Vincent Feltesse, qui a jeté l'éponge fin décembre à la suite d'un sondage très défavorable.

"Le rassemblement et la présence que je constate sur le terrain, la dynamique positive que l'on ressent, je ne la retrouve pas dans ce sondage qui n'est ni le premier, ni le dernier. Personne ne défend le Bordeaux des classes moyennes et je suis déterminé à le faire jusqu'au bout. Les sondages se sont déjà lourdement trompés, y compris à Bordeaux", répond Thomas Cazenave, interrogé sur ces résultats.

Et le candidat LREM ne manque pas d'attaquer les propositions du duo de tête :

"Je ne veux pas d'un inventaire à la Prévert électoraliste de 200 propositions dont beaucoup figuraient déjà dans le programme de 2014, notamment le plan vélo, la rénovation des boulevards, ou encore l'égalité hommes-femmes. C'est le bilan et le programme de Nicolas Florian et ce n'est pas crédible. De l'autre côté, on a un programme de Pierre Hurmic qui est incomplet qui ne dit rien sur l'économie, sur le lien de proximité et est parfois dans l'incantatoire sur les mobilités douces ou le zéro déchet. Il manque le comment !"

102 propositions

Entre ces deux positions, Thomas Cazenave vante une approche "crédible, réaliste et exigeante, qui fait des choix et ne promet pas tout à tout le monde". Autour de 102 propositions détaillées dans un fascicule de 36 pages qui sera distribué à 150.000 exemplaires, il cible tout particulièrement "les classes moyennes qui sont les grandes perdantes parce qu''il n'y a plus de places pour elles à Bordeaux". Priorisant le logement et l'immobilier, d'une part, et un programme métropolitain sur les mobilités, d'autre part, Thomas Cazenave promeut deux ruptures pour "lutter contre une forme de gentrification non régulée qui menace notre ville, son harmonie et sa tempérance". Il s'agit : "d'une rupture dans la manière dont on fabrique la ville, dont on investit dans le foncier et dont on gère les mobilités pour faciliter la vie quotidienne des familles, des commerçants, des jeunes. Et d'une rupture démocratique avec le non-cumul des mandats, l'engagement à ne pas effectuer plus de deux mandats et un fonctionnement participatif."

Lire aussi : Municipales : Thomas Cazenave (LREM) livre ses 10 propositions-clés pour Bordeaux

Et Thomas Cazenave, qui est également candidat à la présidence de Bordeaux Métropole, d'appeler à "une rupture fondamentale de la gouvernance métropolitaine avec l'élection au suffrage universel direct des conseillers métropolitains en 2026 pour ne pas exclure les habitants des décisions qui les impactent le plus." Une évolution qui ne dépend cependant pas des élus locaux mais bien du cadre législatif national.

(*) L'enquête a été menée auprès d'un échantillon de 607 personnes, représentatif de la population de Bordeaux âgée de 18 ans et plus inscrite sur les listes électorales. La représentativité de l'échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de l'interviewé) après stratification par quartier. Les interviews ont été réalisées par téléphone du 3 au 6 février 2020. La marge d'erreur est comprise entre 2 et 3,5 points. A titre de comparaison, le sondage Elabe pour La Tribune, d'octobre 2019 se fondait sur un échantillon de 1.022 personnes représentatif des résidents de Bordeaux âgés de 18 ans et plus, dont un sous-échantillon de 805 personnes inscrites sur les listes électorales de Bordeaux. Celui de Ipsos Sopra-Steria pour Sud Ouest/TV7 et France Bleu Gironde, de décembre 2019, retenait un échantillon de 814 personnes inscrites sur les listes électorales à Bordeaux.

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Commentaires
a écrit le 11/02/2020 à 17:40 :
Un secrétaire d'État qui passe plus de temps en campagne électorale que dans son ministère. C'est un penchant que les "petits" politique ont : se trouver un point de chute pour devenir lé nabab du coin. Tout le contraire du bien public !

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