Micro-crédit : l'Adie a créé 2.415 emplois en Nouvelle-Aquitaine en 2019

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Les entreprises créées sont aussi bien classiques qu'artisanales
Les entreprises créées sont aussi bien classiques qu'artisanales (Crédits : Reuters)
L'Association pour le droit à l'initiative économique (Adie), qui aide les personnes éloignées du travail à créer leur activité, a permis la création de 2.415 emplois l'an dernier dans la région. Soit une hausse de 14 % par rapport à 2018, qui a été rendue possible par à la mobilisation de 11,3 M€ d'encours en microcrédits.

L'Adie (Association pour le droit à l'initiative économique) est née en 1989 à l'initiative de l'économiste Maria Nowak, qui a décidé de développer en France le microcrédit. Un concept porté par l'économiste et prix Nobel de la Paix Muhammad Yunus, créateur de la Grameen Bank au Bangladesh, pour que le système bancaire arrête de ne prêter qu'aux riches. Maria Nowak a implanté cette technique de financement en France puis ouvert les deux premières agences de l'Adie à Bordeaux et Lille, en 1993. Dix ans plus tard, elle obtient une modification du code monétaire et financier, qui va amplifier le développement du microcrédit. C'est ainsi que l'Adie va devenir une des rares associations à pouvoir emprunter aux banques pour prêter ensuite aux créateurs d'entreprise qu'elle soutient.

En 2019, l'Adie de Nouvelle-Aquitaine, dont Jean-Marc Ewald est le directeur, a ainsi totalisé un encours de 15 M€ de microcrédits dans la région, dont 11,3 M€ distribués au cours de l'année dernière (le reste étant constitué de crédits en attente de remboursement).

"L'Adie est là pour permettre la mise en œuvre d'un projet de création d'entreprise à ceux qui veulent créer leur emploi. L'an dernier nous avons aidé 2.415 personnes à créer leur emploi de cette façon en Nouvelle-Aquitaine, cadre Romuald Dufourg, directeur des opérations. Au plan national, poursuit-il, l'Adie a financièrement aidé 27.000 personnes, pour des prêts qui vont de 200 à 10.000 euros. Autrement-dit la Nouvelle-Aquitaine représente à peu près 10 % du total national des créateurs d'entreprises aidés l'an dernier", relève le directeur des opérations.

Près de 95 % des microcrédits remboursés à l'heure

Faciliter l'accès à l'entrepreneuriat même sans apport financier ni diplôme c'est le credo de l'Adie, qui, en plus de l'aide financière, apporte un soutien aux créateurs d'entreprises.

"En Nouvelle-Aquitaine, l'Adie, qui dispose d'un budget de fonctionnement de 2,7 M€, compte 40 salariés et s'appuie sur 200 bénévoles, la plupart du temps retraités, qui interviennent dans le suivi des créateurs d'entreprises et les conseillent, en particulier dans les domaines juridique et financier. Les créateurs que nous aidons sont souvent éloignés de l'emploi, qu'ils soient au chômage ou au RSA, et nous nous appuyons à la fois sur nos antennes locales et nos bénévoles pour aller à leur rencontre. Parce que souvent ils n'ont pas de voiture ou de moyen pour se déplacer", éclaire Romuald Dufourg.

L'an dernier l'Adie a distribué des microcrédits d'un montant moyen de 4.709 euros par créateur en Nouvelle-Aquitaine.

"Ces prêts sont consentis à un taux d'intérêt de 7,45 %, ce qui n'est pas rien. Mais pour être complet il faut rajouter que ces prêts sont souvent couplés à des crédits à taux zéro. Nos remboursements sont calés sur une durée de 48 mois maximum, pour une moyenne de 24 mois : 94,25 % des microcrédits que nous accordons sont remboursés à l'heure, ce qui représente 9,5 créateurs sur 10", se félicite Romuald Dufourg.

Une partie du taux d'intérêt sert à financer l'association, à hauteur d'un tiers de son budget, qui est par ailleurs appuyée par de nombreuses structures, à commencer par l'Union européenne, par le biais du Fonds social européen (FSE), de très nombreuses collectivités, de l'Agglomération d'Agen au Département des Landes en passant par la Communauté d'agglomération du Grand Poitiers, Bordeaux Métropole, Limoges Métropole ou encore la Région Nouvelle-Aquitaine, les services de l'Etat, le groupe Caisse des dépôts, six banques, etc.

Un taux d'insertion de 83 % à trois ans

Comme ces nouvelles entreprises créées correspondent à la création d'un emploi, l'Adie raisonne aussi en termes d'insertion, sachant que, comme le précise Romuald Dufourg, 90 % des bénéficiaires de ces microcrédits sont demandeurs d'emploi voire inscrits au RSA. Comme le précise le directeur des opérations, trois ans après la création de leur affaire individuelle, 63 % des créateurs sont toujours à la tête de leur entreprise. A cet ensemble ce rajoutent ceux qui ont rebondi dans des activités salariées, avec des contrats à durée déterminée de plus de six mois ou des contrats à durée indéterminée, et le groupe des créateurs d'une deuxième activité.

"Au total, le taux d'insertion de notre public à trois ans et de 83 %, observe Romuald Dufourg. Et puis au bout de deux ou trois ans beaucoup de créateurs arrêtent leur entreprise individuelle (créée en nom propre, sans personne juridique distincte -NDLR), poursuit-il, pour passer en société à responsabilité limitée (SARL-dotée d'une personnalité juridique distincte du créateur -NDLR) ou un autre format d'entreprise du même type".

En plus de l'accès au crédit et de l'accompagnement qu'elle offre aux créateurs d'entreprises identifiés, l'Adie propose désormais une couverture assurantielle, dont beaucoup de créateurs individuels d'entreprises sont, selon le directeur opérationnel de l'association en Nouvelle-Aquitaine, dépourvus.

"Nous intervenons désormais dans la sécurisation des parcours, en proposant aux créateurs une assurance sur les biens qu'ils achètent. Jusqu'ici, il n'y avait pas de micro-assurance, pas de couverture de la responsabilité civile professionnelle. Par exemple, si une coiffeuse laisse sa sacoche de travail par terre et que quelqu'un tombe, ou qu'elle brûle les cheveux d'une cliente, elle sera couverte par la responsabilité civile professionnelle. L'an dernier 450 créateurs ont pris dans la région cette assurance créée par les groupes Axa et Allianz", déroule Romuald Dufourg.

Les bénévoles sont toujours les bienvenus

L'Adie de Nouvelle-Aquitaine a accueilli l'an dernier 7.084 personnes, soit une hausse de 3 %. Le directeur opérationnel souligne que ces gens intéressés sont venus à 38 % grâce au bouche à oreille, à 14 % via les médias et à 12 % par Pôle emploi. L'Adie, qui dispose de 14 antennes en Nouvelle-Aquitaine, dont deux en Gironde, autant en Pyrénées-Atlantiques et en Charente-Maritime, va compléter son maillage territorial en 2020, avec l'ouverture d'une quinzième antenne en Corrèze.

Romuald Dufourg ne cache pas qu'il y a un turn-over assez soutenus chez les bénévoles, qui sont retraités, et précise que l'association prend en charge repas, déplacements, téléphones portables, voitures et locaux. Maillage territorial, développement de la formation professionnelle et des services d'accompagnement en amont en collectif  et des formations gratuites sont les quatre grands axes de l'Adie Nouvelle-Aquitaine pour cette année.

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Commentaires
a écrit le 10/02/2020 à 19:56 :
Soyez humble, ce n'est pas l'Adie qui a créé 2.415 emplois en Nouvelle-Aquitaine en 2019... ce sont les entrepreneurs auprès desquels l'Adie intervient. Ceux qui créent les empois sont les employeurs. Après nous pouvons éventuellement dire que cela s'est fait avec entre autre le soutien de l'Adie. Mais ne voler pas la vedette aux entrepreneurs.

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