La Nouvelle-Aquitaine peut-elle verdir 100 % de sa consommation de gaz d'ici 2050 ?

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Le méthaniseur de Méthalandes, dans les Landes, en 2015.
Le méthaniseur de Méthalandes, dans les Landes, en 2015. (Crédits : Eneria)
Evaluer la viabilité économique et technique d'un objectif de 100 % de gaz issu des énergies renouvelables en 2050 : c'est l'objet de l'étude présentée ce 27 janvier par le conseil régional de Nouvelle-Aquitaine et plusieurs partenaires. Principal enseignement : le potentiel est bien réel et le défi technique est à portée de main. Il reste à travailler sur l'acceptation par la population de ces nombreux équipements gaziers qui sera cruciale dans la réussite de la démarche.

La Nouvelle-Aquitaine est-elle en mesure de produire 30 % de gaz vert en 2030 et 100 % en 2050 ? Oui, "le potentiel de produciton de gaz vert dépasse largement les besoins de la région, actuels comme futurs", conclut une étude menée pour le compte du conseil régional, de l'Ademe et de gestionnaires de réseaux gaziers et présenté lundi 28 janvier 2020. Mais de quoi parle-t-on ? Le gaz vert désigne la production de méthane à partir de différentes ressources renouvelables le plus souvent d'origine agricole. Il peut s'agit de la méthanisation de déjections animales, résidus de cultures, cultures intermédiaires, bio-déchets, herbe et algues, de la pyrogazéification de bois et de combustible solide de récupération ou de conversion d'électricité renouvelable excendentaire en gaz (power-to-gaz). Le méthane est ensuite injecté dans le réseau gazier existant pour alimenter les logements, bureaux, usines, fermes et moyens de transport. La part de gaz renouvelable en 2019 en France ne dépasse pas 1 % de la consommation totale de gaz.

830 unités de méthanisation à construire

D'après l'étude, la Nouvelle-Aquitaine dispose du potentiel pour être "autonome en gaz renouvelable en 2050 en mobilisant l'ensemble de ses ressources méthanisables et 20 % des ressources bois énergie." De quoi répondre à la demande en gaz des secteurs résidentiel, tertiaire et industriel et à la moitié des besoins des transports. Pour y arriver, il faudra néanmoins construire 830 unités de production de gaz vert en 2050, dont 280 d'ici 2030, soit à terme plus de cinq unités par intercommunalité. Cela représente 27 mises en service par an avec un pic à 45 unités de méthanisation lancées en 2030. Actuellement, la Nouvelle-Aquitaine compte huit unités de méthanisation en service, notamment Méthalandes (Landes), BioVilleneuvois (Lot-et-Garonne) et Méthalayou (Pyrénées-Atlantiiques).

En termes d'infrastructures, il faudra construire 5.900 km supplémentaires de conduites de gaz dans la région, soit une extension de 22 % du réseau actuel, afin de raccorder les unités de production et de mailler plus finement le territoire. La conversion du réseau gazier à cette organisation plus décentralisée représenterait un surcoût de fonctionnement de l'ordre de 15 %.

Une région exportatrice de gaz vert

S'agissant des ressources mobilisées en 2050 pour atteindre cet objectif, la moitié proviendront de gisements pas ou peu sollicités actuellement : les cultures intermédiaires à hauteur de 30 % et la ressource bois à hauteur de 20 %. Le tout accompagné d'une très forte mobilisation des déchets du secteur agricole.

Dans ces conditions, la Nouvelle-Aquitaine serait même en mesure d'être une exportatrice nette de gaz vert vers les autres régions françaises en produisant autour de 15 % des besoins français en gaz.

"L'enjeu majeur de la filière reste le coût de production du gaz vert : les experts ne prévoient pas de baisse significative de ces coûts", souligne l'étude qui évoque un cout de 80 €/MWh en 2030 et de 118 €/MWh en 2050, soit un surcoût de l'ordre 40 à 55 €/MWh par rapport à du gaz naturel fossile.

2.700 emplois créés en 2030

Pour contrebalancer cet écueil, l'étude met en face la hausse à venir de la valeur du carbone, d'une part, et la baisse de la consommation de gaz dans le résidentiel et le tertiaire d'ici 2050, estimée entre -15 % et -25 % d'ici 2050. S'y ajouterait également la réduction par sept des émissions de gaz à effet de serre (-85 %) liées à la consommation de gaz et la génération de 500 emplois directs et indirects en 2023 et de 2.700 à l'horizon 2030 en Nouvelle-Aquitaine.

Il reste la question de l'indispensable acceptabilité sociale de ces centaines d'unités de méthanisation réparties sur tout le territoire mais dont la moitié de la production de biométhane pourrait être implantée dans quatre départements : Charente-Maritime, Charente, Vienne et Deux-Sèvres. La Région et l'Ademe mettent en avant le nécessaire travail de concertation avec les riverains et les progrès à venir en termes de dimensionnement des infrastructures et de réduction des nuisances sonores et olfactives et du trafic routier. "J'invite l'ensemble des acteurs de l'énergie, des agriculteurs aux collectivités, en passant par les industriels, à se saisir de ces scenarii et de ces pistes d'action", conclut Alain Rousset, le président du conseil régional.

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Le Département de la Gironde obtient la certification ISO 50.0001

Le Département girondin a reçu ce 24 janvier la certification ISO 50.0001 pour sa gestion de l'énergie dans ses 99 collèges. "Malgré une augmentation forte des surfaces (+40.000 m2) et du nombre d'élèves accueillis, les investissements réalisés dans les collèges de Gironde ont permis une baisse importante des consommations énergétiques : - 20 % de la consommation de gaz et d'électricité, -36 % d'eau. Ceci a représenté une réduction de 21% des gaz à effet de serre produits", assure ainsi la collectivité territoriale.

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