A Bordeaux, le projet de métro fait l'unanimité contre lui auprès des candidats à la mairie

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(Crédits : Agence APPA)
Aucun des candidats à l'élection municipale à Bordeaux ne soutient la réalisation d'un métro à Bordeaux à l'horizon 2030. Interrogés par La Tribune, ils privilégient tous des solutions alternatives dont le projet de RER métropolitain basé sur les infrastructures ferroviaires existantes. Seule exception notable, le collectif Bordeaux Maintenant est favorable au métro... mais n'a pas de candidat au scrutin des 15 et 22 mars.

La rédaction de La Tribune a soumis, par écrit, quatre questions sur l'opportunité d'un projet de métro dans l'agglomération bordelaise à l'ensemble des candidats déclarés à la mairie de Bordeaux ainsi qu'au collectif Bordeaux Maintenant. Tous ont répondu et tous sont opposés à ce projet sauf le collectif Bordeaux Maintenant. Pourtant il ne devrait pas être incompatible de proposer des projets pour la période 2020-3030 tout en préparant des solutions pour l'après 2030.

Voici la réponses des listes interrogées :

  • Nicolas Florian, liste LR / Modem / UDI / Agir et mouvement radical
  • Pierre Hurmic, liste Bordeaux Respire (EELV / PS / PC / PRG /PP / ND)
  • Thomas Cazenave, liste Renouveau Bordeaux (LREM)
  • Bruno Paluteau, liste du Rassemblement national
  • Pascal Jarty, liste sans étiquette
  • Gilles Garçon, liste Le Temps des Bordelais (UPR)
  • Collectif Bordeaux Maintenant

Nicolas Florian, liste LR / Modem / UDI / Agir et mouvement radical

1/ Considérez-vous que Bordeaux et son agglomération auront besoin d'un métro à l'horizon 2030 et qu'il est souhaitable de porter un tel projet ?

Je souhaite poursuivre cette politique de développement des mobilités douces dans un esprit pragmatique. S'agissant du projet de réalisation d'un métro, il est nécessaire de rappeler qu'en septembre dernier, le Bureau de Bordeaux Métropole a décidé de ne pas poursuivre, par une analyse plus approfondie, l'étude exploratoire de 137 pages réalisée lors du 1er semestre 2019 sur la pertinence d'un métro pour Bordeaux  et son agglomération.

Même si je refuse de prendre une position définitive, je ne suis absolument pas certain que l'on ait les moyens de financer un métro, ni que celui-ci soit adapté à l'aménagement de la ville telle qu'il a été conçu depuis 20 ans. De plus, il n'est pas prouvé que ce réseau souterrain s'avère vraiment complémentaire du réseau existant de surface et soulage le trafic du tram . Quant au coût du projet, il risquerait d'obérer les capacités d'investissement de la ville et de la Métropole sur les autres modes de mobilité, sachant que, quand on annonce 1,4 Md€ au départ, il est rare qu'on termine à moins de 2 Md€.

Par ailleurs, cet investissement lourd pour Bordeaux et la Métropole ne bénéficierait que très peu aux territoires périphériques qui eux aussi, sont largement concernés par les temps et les facilités de transport. Sans parler de l'impact sur plusieurs années de la phase de chantier sur la vie quotidienne et sur la circulation.

Enfin, cette nouvelle infrastructure semble quelque peu anachronique pour Bordeaux, les réseaux de bus et de tram existants ayant déjà structuré le schéma d'aménagement transport. En général, les villes construisent d'abord un métro puis le complètent par d'autres réseaux de surface complémentaires, et non l'inverse.

 2/ Si oui, quand faudra-t-il mettre le sujet sur la table et lancer les premières études préliminaires ?

3/ Si non, quelles solutions alternatives au métro proposez-vous pour répondre à la forte augmentation de la population et du nombre d'usagers des transports publics attendue d'ici 2030/2035 ?

Sur tous les sujets liés à la mobilité, s'il n'y a pas de tabou, il y a des urgences à traiter pour répondre à l'une des préoccupations majeures des Bordelaises et des Bordelais que constituent les transports au sein de Bordeaux et de son agglomération.  Il faut rappeler tout d'abord, qu'encouragés par des politiques publiques volontaristes, les usages en matière de transport dans Bordeaux ont profondément évolué depuis 10 ans : la voiture recule de 40 % à 28 % en termes de part modale, les transports en commun sont stables à environ 15 %, le vélo a plus que doublé passant de 6 % à 15 % et la marche conforte sa prééminence à 42 % avec + 3 points. Je souhaite poursuivre cette politique de développement des mobilités douces dans un esprit pragmatique.

Le projet de mandature 2020-2026 que je proposerai aux Bordelaises et aux Bordelais comportera une vision, une stratégie et des mesures concrètes sur le thème des transports. Parmi les priorités, figurent le RER métropolitain, cette ligne-ceinture circulaire de chemin de fer avec connexion modale, le doublement d'ici 2025 des pistes cyclables avec notamment, une véritable rocade à vélos sur les boulevards et 5 à 6 artères directes avec cheminements sécurisés, entre les boulevards et le centre de Bordeaux.

Une attention toute particulière sera portée au maillage entre toutes ces voies cyclables qui, à l'image des transports en commun, faciliteront les trajets tant en périphérie-centre -ville qu'en circulaire. Enfin, afin que chacun y trouve sa place, un plan de renforcement de l'intermodalité  entre tous ces différents modes de transport avec le réseau existant sera proposé et mis en œuvre.

Une priorité sera également donnée à la Garonne qui doit redevenir un axe majeur de transport, une nouvelle ligne de tram sur l'eau en quelque sorte, à la fois longitudinale et transversale : la construction de nombreux nouveaux pontons permettront la circulation de navettes de 20 à 30 personnes ou d'unités plus grandes à 150 passagers.  Enfin, une application plus large devrait être faite du Transport à la demande ,sur la base des enseignements tirés de l'expérimentation nommée "Ke'op" menée par Keolis sur trois communes de Bordeaux Métropole."

4/ Comment envisagez-vous concrètement d'intégrer ces solutions de surface dans l'espace public ?

Pierre Hurmic, liste Bordeaux Respire (EELV / PS / PC / PRG /PP / ND)

1/ Considérez-vous que Bordeaux et son agglomération auront besoin d'un métro à l'horizon 2030 et qu'il est souhaitable de porter un tel projet ?

"Il faut proposer des alternatives efficaces à la voiture pour se déplacer à Bordeaux, dans la métropole et entre la métropole et les territoires connexes. Sur la métropole, l'enjeu est de déplacer quotidiennement plus de...

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Commentaires
a écrit le 20/01/2020 à 8:12 :
Inquiétant à plusieurs titres. Plus de projets ambitieux, en arguant du fait que de toutes façons on sera incapable d'en tenir les coûts. Décidément notre pays va mal et on peut craindre qu'on soit en voie de sous-développement. Bordeaux comme Nantes ou Toulouse sont des villes attractives qui à terme vont se développer très fortement au rythme du dégonflement d'un Paris devenu invivable. Il faut donc y développer des infrastructures du niveau d'une ville-capitale, comme à Toulouse ; un métro et un grand aéroport en font partie.
Réponse de le 20/01/2020 à 13:26 :
@ moulin à vent

Bordeaux a déjà accueilli beaucoup de monde, maintenant il faut des écoles, des crèches, des emplois et-c... Bref il convient déjà de s'occuper des nouveaux arrivants plutôt que d'en entasser toujours plus.

Les erreurs de Paris doivent être une leçon à retenir, encore une fois tu délires.
a écrit le 18/01/2020 à 12:33 :
Vivre comme des rats sous terre, vous allez avoir du mal à l'imposer dans le sud ouest hein surtout dans une ville dans laquelle il y a un tramway particulièrement apprécié.
a écrit le 18/01/2020 à 10:51 :
Faire les "shadocks" alors que niveau de l'eau monte c'est d'une stupidité sans nom!
a écrit le 17/01/2020 à 15:05 :
"sachant que, quand on annonce 1,4 Md€ au départ, il est rare qu'on termine à moins de 2 Md€." (propos NF)
si ce n'est 2.5 voire plus lorsqu'on vise 2030 là aussi, c'est plutôt… 2035, 2040 !!

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