2020, nouvelle année de combat en faveur de la décentralisation pour Alain Rousset

 |   |  608  mots
Alain Rousset, président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine
Alain Rousset, président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine (Crédits : Agence APPA)
Déplorant un Etat "crispé sur ses compétences", Alain Rousset a profité de ses vœux à la presse 2020, ce lundi matin, pour livrer un nouveau plaidoyer en faveur de davantage de décentralisation. Pour le président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, l'année qui vient de débuter doit être l'occasion d'interroger "le sens des politiques publiques".

"Je reste là où je suis : un décentralisateur radical." Alain Rousset a fini son discours de vœux 2020 à la presse comme il l'avait commencé : en défendant une décentralisation des pouvoirs au profit des acteurs de terrain, à commencer par les conseils régionaux. Le président socialiste de la Région Nouvelle-Aquitaine a pour habitude de s'élever, sabre au clair, contre "la volonté de l'Etat de disperser, et parfois d'opposer, pour continuer à régner". L'élu liste au moins trois domaines concernés par des décisions prises à Paris et qui sont autant de "boulets aux pieds : l'administration, l'industrie avec des grands groupes centralisés, des PME en râteau et des entreprises de taille intermédiaire en nombre insuffisant, et le financement de l'économie." Alain Rousset ne voit d'ailleurs aucune amélioration, au contraire : ces dernières années,"la décentralisation a progressé, même sous Sarkozy. Aujourd'hui, sous l'effet des lobbies, je vois une régression historique." Et le conflit autour de la réforme des retraites ne fait que le conforter dans cette idée, taillant un gouvernement et "un jacobinisme pétri de certitudes. Avoir des convictions c'est une bonne chose, de telles certitudes c'est insupportable."

Volontariste malgré ce diagnostic, celui qui refuse d'opposer économie et social a listé ce matin idées et envies, notamment le fait de remotoriser le parc de 5.3000 bus scolaires qui circulent sur les routes de la région tous les jours avec des moteurs électriques, hybrides voire à hydrogène. Constatant les mouvements sociaux qui ont rythmé ces derniers mois, il invite au passage à se replonger collectivement "dans la notion de sens dans les politiques publiques. Notre rôle n'est pas que celui de financeur. C'est quoi, l'action derrière la reconstruction des lycées, notre implication dans l'apprentissage, dans la nouvelle compétence orientation ? C'est l'ascenseur social, qui est en panne, c'est la lutte contre les blocages sociaux, c'est l'accompagnement des publics en difficulté", illustre l'élu, qui a cité également parmi ses moments marquants de 2019 la prise de conscience de près de 200 patrons américains influents du Business Roundtable et leur "Déclaration sur la raison d'être de l'entreprise" appelant à une économie qui ne serve plus uniquement les intérêts des actionnaires.

Comme l'univers économique, la lutte contre le réchauffement climatique doit aussi porter un nouveau sens aux yeux d'Alain Rousset. Evoquant Neo Terra, feuille de route inédite dédiée à la transition énergétique et écologique lancée l'été dernier par la Région qui a vocation à teinter toutes les politiques menées par la collectivité, Alain Rousset veut peser largement : "Notre réflexion est : comment je ne suis pas seulement un lanceur d'alerte, mais comment je fais en sorte que nos lycées agricoles deviennent des modèles ? Comment je fais en sorte que les comportements des citoyens évoluent en matière de déplacements, de déchets... ? Comment j'investis dans la recherche pour trouver de nouveaux substituts aux produits chimiques ? Et comment tout cela converge ?" Reste également à mieux faire connaître à la fois les actions et la vision du Conseil régional, mission qui incombe toujours d'après Alain Rousset tant à la collectivité territoriale - en communiquant - qu'aux médias - en racontant et en analysant. L'élu a au passage eu un mot pour la fragilité de la presse et cité le journal L'Echo, placé en liquidation judiciaire en novembre par le tribunal de commerce de Limoges. Une illustration de plus de la crise qui frappe les médias, Rue89 Bordeaux étant un autre exemple qui mérite d'être soutenu.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :