Jean-Luc Gleyze, président PS de la Gironde, optimiste pour les municipales à Bordeaux

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Jean-Luc Gleyze
Jean-Luc Gleyze (Crédits : Conseil départemental de la Gironde)
Lors des vœux à la presse Jean-Luc Gleyze, président du Conseil départemental de la Gironde, n’a pas caché sa satisfaction de la création d’une liste d’union de la gauche pour les municipales de Bordeaux en 2020. Il a par ailleurs défendu le bilan de l’assemblée départementale dans sa lutte contre les fractures environnementale et sociale.

Jean-Luc Gleyze, président (PS) du Conseil départemental de la Gironde, a mis l'accent sur le poids des tensions politiques et économiques qui pèse sur le monde et la soif de démocratie qui s'exprime dans de nombreux pays, du Venezuela au Liban. Effervescence démocratique qui va aussi de pair avec « une montée des extrémismes » dans certains pays, comme peu en témoigner le Brexit a observé Jean-Luc Gleyze, qui a également inclus dans ce panorama international "les tensions climatiques, comme en Australie : on ne peut plus nier que notre façon de vivre impacte la planète" a-t-il souligné.

Le président du Département a lié entre elles urgences environnementale et sociale.

"Les conflits sociaux qui connait la France, notamment avec les Gilets jaunes et la mobilisation contre la réforme des retraites, conduisent à s'interroger. Il faut réformer, oui, mais la réforme ne doit pas être seulement guidée par des préoccupations comptables. Parce qu'une réforme comme celle des retraites touche à l'organisation sociale", a décrypté en substance Jean-Luc Gleyze avant de préciser qu'il allait aller ensuite prendre part à la manifestation contre la réforme des retraites.

Protection de l'enfance : création d'un village

Fort logiquement le patron du Département a mis au centre de son intervention l'élaboration du budget de l'assemblée départementale, un outil permettant de se préparer aux changements environnementaux et sociétaux qui s'annoncent, a-t-il expliqué. Avec la volonté de développer "une Gironde résiliente" afin de transformer les nouvelles contraintes en opportunités et de remettre de la confiance entre les citoyens, les entreprises et les élus.

"Il ne s'agit pas de « green washing » mais d'une vision sociale, d'un choix de société que je souhaite développer. Je défends une Gironde inclusive et c'est pourquoi le Département a répondu à la demande de manifestation d'intérêt de l'Etat pour la démarche « Territoires 100 % inclusifs » (qui vise à améliorer la vie sociale des personnes handicapées -NDLR)", a déroulé le président.

Jean-Luc Gleyze est ensuite revenu sur la protection des enfants avec pour la première fois la création en Gironde, dans la commune de Sablons, dans le Libournais, « d'un village de fratries, qui permettra d'accueillir frère et sœurs ». Des enfants proches qui sont dans la plupart des cas éparpillés au quatre vents quand leurs parents ne peuvent plus s'occuper d'eux et qu'il faut leur trouver des structures d'accueil. Lancé par le Département, cette nouvelle structure girondine sera gérée par la fondation Action enfance, spécialisée dans les villages d'enfants.

Renforcer le poids des territoires ruraux

Le président de l'assemblée départementale n'a pas fait l'impasse sur l'étalement urbain. La métropole bordelaise, qui concentre 50 % du 1,5 million d'habitants de la Gironde sur 7 % du territoire départemental est comme pour son prédécesseur, Philippe Madrelle, une source d'attention permanente. La disproportion des forces entre territoires ruraux et métropole menaçant sans cesse la Gironde, selon le conseil départemental, d'un risque de rupture des équilibres, avec en prime d'importants problèmes de fluidité dans les déplacements.

Lire aussi : Bordeaux Métropole adresse ses voeux à tout le territoire girondin

"La Métropole est frappée de thrombose, avec des difficultés d'accès depuis les territoires ruraux. Nous travaillons sur cet équilibre. Notre objectif est de donner plus aux territoires qui ont moins", a illustré le président, qui a ensuite rappelé le travail fait par l'assemblée départementale dans la généralisation de la fibre optique hors de la métropole (confiée aux privés), avec le plan Gironde Haut Méga.

Pour assurer la stabilité des territoires, le Département poursuit le développement des contrats de villes d'équilibre, action dont Jean-Luc Gleyze souligne le côté volontariste et qui s'est traduit en 2019 par le versement de 32 M€ en aides aux communes concernées. La ville de Castillon-la-Bataille est la dernière signataire en date en décembre 2019.

Une voie pour les transports collectifs sur l'A62

Le président a également fait état des négociations entamées par l'assemblée départementale avec des gestionnaires d'autoroutes comme Vinci pour obtenir la création d'une voie de circulation autoroutière dédiée au covoiturage et aux transports collectifs sur l'A62 entre Langon et Bordeaux. Très engagé dans la défense de l'environnement, Jean-Luc Gleyze a souligné l'adoption du plan Gironde Alimen'terre, qui vise à développer des circuits courts et qui se traduit dans l'immédiat par la création d'un partenariat avec le Lot-et-Garonne pour la fourniture de fruits en Gironde. Tout comme il s'est réjouit de la création d'une régie alimentaire agricole dans la commune de Cussac-Fort-Médoc.

Car toutes ces préoccupations s'inscrivent dans une vision stratégique plus vaste placée sous le signe de la résilience, pour « manger, respirer, boire » et réduire les fractures sociales et territoriales. Le président de l'assemblée départementale s'est ainsi dit partant pour travailler de plus en plus en complémentarité avec Bordeaux Métropole suite à l'échec des Assises territoriales, qui devaient permettre de réduire la fracture territoriale et sont selon lui restées lettre morte. Des assises proposées l'an dernier par l'ancien maire de Bordeaux et président de la Métropole Alain Juppé.

Une alliance bordelaise historique

Malgré l'incident qui a marqué à Bordeaux le rapprochement du PS avec EELV (Europe Ecologie Les Verts) pour la constitution d'une liste commune en vue des élections municipales de 2020, le leader écologiste Pierre Hurmic s'étant entendu avec la socialiste Emmanuelle Ajon mais pas avec son camarade Matthieu Rouveyre, Jean-Luc Gleyze est satisfait.

"C'est sans doute la première fois que l'on finit par arriver à un résultat. Et je suis content de ce résultat qui permet de créer une liste d'union de la gauche alors qu'une fenêtre d'opportunité permettant de changer la couleur politique de la mairie de Bordeaux s'est ouverte" a déroulé l'élu socialiste.

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Engagé dans la lutte pour la préservation des services publics, Jean-Luc Gleyze a souligné que le Département n'avait pas craint de recruter 120 pompiers pour étoffer le Sdis (service départemental d'incendie et de secours) et se mettre au niveau des besoins réels de la population.

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