Municipales à Bordeaux : la droite entre en campagne, la gauche en ordre dispersé

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L'état-major de campagne de Nicolas Florian pour l'élection municipale de mars 2020
L'état-major de campagne de Nicolas Florian pour l'élection municipale de mars 2020 (Crédits : PC / La Tribune)
L'équipe de campagne de Nicolas Florian, le maire de Bordeaux candidat à sa réélection en mars prochain, s'est officiellement présentée. Assumant et défendant un bilan qu'elle juge "globalement bon", elle présentera son programme début 2020. En face, le rassemblement des écologistes et de la gauche laisse place à des dissensions.

Pas encore de programme mais une équipe de campagne opérationnelle qui s'est présentée ce vendredi 6 décembre sans sa tête de liste, le maire de Bordeaux Nicolas Florian. Son QG de campagne, situé rue Vital Carles, à deux pas de l'Hôtel de ville, est décrit par Patrick Espagnol, le directeur de campagne, comme "un atelier ouvert à tous les Bordelais". Cet ancien préfet et directeur de la sécurité d'EDF pilote une équipe d'une quarantaine de personnes. Julia Mouzon, polytechnicienne passée par le ministère des Finances et créatrice de l'entreprise Elueslocales.fr, est en charge d'élaborer le projet municipal qu'elle imagine comme le fruit "d'une co-construction, de dialogues et de rencontres avec les habitants" et qu'elle souhaite "concret, ancré dans le réel et le quotidien et faisable techniquement et financièrement".

Parmi les élus de la majorité municipale, l'équipe compte Fabien Robert, le 1er adjoint chargé de la culture, de l'administration générale, de l'enseignement supérieur et de la recherche, Alexandra Siarri, 2e adjointe chargée de la ville de demain, de la cohésion sociale et territoriale, Pierre de Gaétan Njikam, 3e adjoint au maire chargé des partenariats avec l'Afrique et de la francophonie, et Nathalie Delattre, conseillère municipale et sénatrice de Gironde. S'y ajoute l'incontournable Ludovic Martinez, directeur de cabinet d'Alain Juppé puis de Nicolas Florian. A l'inverse, d'autres figures de la majorité comme Jean-Louis David, Elizabeth Touton, Michel Duchène et Didier Cazabonne ont décidé de tourner la page.

Nicolas Florian

De gauche à droite : Pierre de Gaétan Njikam, Ludovic Martinez, Julia Mouzon, Nathalie Delattre, Fabien Robert, Patrick Espagnol et Alexandre Siarri (crédits : PC / La Tribune)

Dans un document de 28 pages, l'équipe du maire sortant défend le bilan conjoint de Nicolas Florian et d'Alain Juppé depuis 2014. "Tout n'est pas parfait mais ce bilan est bon. Bordeaux est une ville en essor, où s'épanouir, et doté d'une bonne santé financière", assure Fabien Robert avant d'égrainer avec sa collègue Alexandra Siarri les réalisations des six dernières années des grands équipements (Cité du vin, stade Matmut Atlantique, Arena, Palais de l'Atlantique) à la mobilité (extensions du tram C et création de la ligne D) et des créations d'emplois (13.400 créations nettes de 2014 à 2019 selon l'Urssaf) aux services publics (horaires élargis des bibliothèques) en passant par la construction de logements (13.000 logements mis en chantier) mais sans mentionner la flambée des prix de l'immobilier ni la faiblesse structurelle du parc social bordelais. Quant au programme du maire sortant, il s'articulera autour de "quatre défis : la démocratie, l'écologie, l'équilibre entre les territoires et la cohésion sociale".

"Nous devons encore accélérer sur la transition écologique, solidaire et sociale, sur la maîtrise du développement de la ville et la question fiscale et financière mais depuis son élection Nicolas Florian est très actif sur ces sujets", considère Julia Mouzon. Le maire sortant a ainsi présenté un plan zéro plastique, un programme de plantations d'arbres et une baisse d'un point de la taxe foncière en 2019. Quant aux critiques formulées par Vincent Feltesse sur la gestion du Crédit municipal de Bordeaux et l'enquête en cours sur des prêts étonnants , l'entourage du maire balaie "une attaque politicienne en règle menée par le dernier de la classe ou peut-être l'avant dernier" dans les intentions de vote.

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"Nous sommes tous solidaires de ce bilan qui est bon et partagé par les habitants et des élus qui ont conquis depuis 2014 une expérience et une indépendance au bénéfice de Bordeaux. Nous sommes cohérents et nous ne menons pas de négociations d'arrière cuisine comme ailleurs. [...] Ce qu'on doit à Alain Juppé, c'est de gagner ces élections, et on y travaille !", a conclu Ludovic Martinez en visant les discussions entre les partis de gauche.

A gauche, pas d'union maintenant

Alors que le sondage Elabe/La Tribune dévoilé début octobre pose un duel entre Nicolas Florian (crédité de 32,5 %) et un Pierre Hurmic, soutenu par Europe-Ecologie-Les Verts, les partis écologistes et le PS (crédité de 30,5 %), la réalité politique est compliqué par les inévitables discussions sur la composition de la liste. Les Verts et la socialiste Emmanuelle Ajon, avec ce qui reste du Parti socialiste, se sont mis d'accord pour partir ensemble dès le 1er tour mais discutent encore pied à pied de l'ordre des places éligibles.

En revanche, le mouvement de Mathieu Rouveyre, Bordeaux Maintenant, vient de claquer la porte des négociations avec EELV. "Nous sommes convaincus, depuis le départ, de la nécessité d'un rassemblement des forces écologistes et de gauche. Néanmoins, cet impératif est devenu peu à peu profondément incompatible avec les intérêts et les pratiques qui se sont dégagés des échanges tenus pour créer ce rassemblement [...] Les citoyen.n.es de Bordeaux Maintenant ne se reconnaissent pas ni sur le fond, ni sur la forme, dans le processus engagé. C'est pourquoi nous avons décidé de ne pas nous associer à la suite de la démarche, en l'état actuel des discussions et des débats", a ainsi indiqué jeudi 5 décembre le mouvement citoyen.

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