Bordeaux : ce que propose Vincent Feltesse pour améliorer la gestion publique

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Vincent Feltesse, en septembre 2019, à Bordeaux.
Vincent Feltesse, en septembre 2019, à Bordeaux. (Crédits : Agence APPA)
Pont Simone Veil, Crédit municipal de Bordeaux, ParCub, actionnariat des Girondins : sur tous ces dossiers, Vincent Feltesse juge la majorité municipale et métropolitaine "dépassée". Le candidat à l'élection municipale propose notamment de renforcer les prérogatives de l'inspection générale et de l'opposition.

Le prochain conseil municipal bordelais, qui se tiendra mercredi 18 décembre, devrait être animé. Avec l'enquête sur les prêts douteux au sein du Crédit municipal de Bordeaux, révélée par le quotidien régional Sud Ouest, et les turbulences au sein de l'actionnariat des Girondins de Bordeaux, deux dossiers chauds se retrouvent sur le bureau du maire, et ancien adjoint aux finances, Nicolas Florian. Et l'opposition ne manquera pas d'y revenir à l'approche de l'élection municipale, à l'instar du conseiller municipal et ancien président de Bordeaux Métropole, Vincent Feltesse.

Candidat à l'élection de mars 2020 à la tête de la liste Bordeaux métropole des quartiers, il ajoute à ces deux évènements récents, deux autres dossiers : les approximations budgétaires de la régie publique ParCub et les déboires du pont Simone Veil qui ne devrait pas voir le jour avant 2023, au plus tôt. Vincent Feltesse juge ainsi la majorité actuelle "dépassée" : "Alain Juppé tenait la maison jusqu'en 2014 puis il s'est concentré sur les primaires de la droite jusqu'en 2016 avant de digérer son échec et de finalement partir au Conseil constitutionnel. Aujourd'hui : l'équipe est dépassée !"

Dissocier les fonctions de DGS

Pour y remédier, l'ancien président de la communauté urbaine propose de renforcer les moyens de l'inspection générale et d'ouvrir sa saisine à l'opposition, et de conforter la CCSPL (commission consultative de services publics locaux) tout en créant un statut de lanceur d'alerte. Il préconise également, à l'instar de ce qui se pratique au Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine ou encore à l'Assemblée nationale, de confier la présidence de la commission des finances à un membre de l'opposition et de faire de même pour la commission d'appels d'offres.

Enfin, il propose de dissocier les postes de directeur général des services (DGS) de la ville de Bordeaux et de la métropole en rétablissant un DGS propre à chaque administration, ce qui était le cas avant 2014. "Il faut un retour à une organisation à deux têtes car aujourd'hui tout se concentre sur une seule personne. Douée ou pas, ce n'est pas viable au regard de l'ampleur des dossiers", considère Vincent Feltesse qui souhaite aussi "dégager des marges de manœuvre pour redonner une expertise et un pouvoir fort de négociation aux équipes de la métropole".

Quant à la réalisation d'un audit général des finances de la ville et de la métropole en cas de victoire, comme le préconise Thomas Cazenave ( candidat LREM), Vincent Feltesse trouverait cela plus logique et sain : "C'est un acte assez classique en cas d'alternance... surtout après 75 ans !"

Un pont Simone Veil pas avant 2025 ?

Sur le fond des dossiers, Vincent Feltesse cible particulièrement l'affaire du Conseil municipal de Bordeaux qui "s'est éloignée de sa mission publique et solidaire pour une activité de plus en plus privée et spéculative". "Nicolas Florian siège au conseil d'administration depuis 2014 et le préside depuis qu'il est maire de Bordeaux. Sa responsabilité est engagée et on se demande quel bénéfice tirent les Bordelais de cet outil pourtant détenu à 100 % par la ville de Bordeaux", attaque Vincent Feltesse.

S'agissant des Girondins, il concède qu'il convient d'attendre que la situation se décante mais souligne : "Il arrive ce que l'on craignait l'an dernier lors du rachat par GACP qui est une coquille relativement vide avec des garanties insuffisantes. Ce système de poupées russes est potentiellement inquiétant pour la puissance publique et si Kingstreet devient majoritaire ou s'il y a d'autres repreneurs, les négociations seront féroces avec SBA et avec la Métropole. Nous devons nous y préparer", prévient-il.

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Enfin, sur l'enlisement du pont Simone Veil, Vincent Feltesse estime "qu'on ne sait pas où on va" et que "les règles n'ont pas été respectées pour assurer la bonne dépense de l'argent public". Son colistier, Etienne Parin, ancien directeur du Grand projet de ville (GPV) Rive droite, n'est pas plus indulgent : "Le pont ne se fera pas en 2023, je n'y crois pas une seconde ! Ce sera a minima 2025 à mon sens. Il faut le dire et s'organiser en conséquence tout en s'efforçant d'être plus rapide. Dire autre chose, c'est inconséquent du point de vue de l'opération Euratlantique, des transports en commun et du franchissement de la Garonne et ça risque de de faire beaucoup de déçus..."

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