Municipales : Bordeaux Maintenant et Matthieu Rouveyre avancent 100 propositions

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Matthieu Rouveyre, fondateur (mais plus président) de Bordeaux Maintenant, élu d'opposition à la mairie de Bordeaux et vice-président du Département de la Gironde
Matthieu Rouveyre, fondateur (mais plus président) de Bordeaux Maintenant, élu d'opposition à la mairie de Bordeaux et vice-président du Département de la Gironde (Crédits : Agence Appa)
L'élu d'opposition socialiste Matthieu Rouveyre et le mouvement qu'il a fondé, Bordeaux Maintenant, livrent un nouveau document constitué de 100 propositions "pour un projet municipal et métropolitain partagé". Il s'agit non pas de la trame d'un programme électoral mais bien d'idées qu'ils veulent voir débattues dans l'espace public dans la perspective des élections municipales de mars 2020, affirment les parties prenantes.

Il faut reconnaître à Bordeaux Maintenant le mérite de la constance : de manière récurrente, le mouvement politique fondé par Matthieu Rouveyre, élu socialiste d'opposition à la mairie de Bordeaux et vice-président du Département de la Gironde, produit des documents étoffés afin de nourrir le débat. Car à ce jour, c'est ce que réclament les membres qui le composent, issus de différentes sensibilités de gauche : débattre autour d'idées directrices. Depuis juin dernier et un premier diagnostic posé, puis plusieurs consultations menées, Bordeaux Maintenant a livré plusieurs opus de ces travaux, en particulier sur le développement économique métropolitain jugé trop tourné vers le seul prisme de l'attractivité. Le nouveau document présenté ce mardi matin 19 novembre compile quant à lui 100 propositions autour de différentes thématiques : respirer, s'épanouir, se déplacer, se loger, grandir, fraterniser, travailler, gérer. Matthieu Rouveyre met en avant la dimension collective :

"C'est vraiment un travail d'équipe, avec des gens qui pour la quasi-totalité n'ont été ni élus ni candidats précédemment. Ces propositions sont rédigées pour nourrir la réflexion. Cette dernière est vitale car les décisions qui seront prises par la future majorité municipale auront des conséquences au-delà de la prochaine mandature."

Des paquebots polluants aux tiny houses sur le campus

Assez logiquement, chaque item exploré dans le dossier publié par Bordeaux Maintenant a des liens croisés très forts avec son voisin, typiquement en matière de développement économique, de logement et de mobilité. A chaque fois, une proposition-phare a été davantage mise en avant. Sous l'onglet "Respirer" par exemple, le mouvement propose de réguler l'accueil des paquebots de croisière en autorisant uniquement l'accueil de navires équipés pour "laver" leurs fumées afin de réduire les émissions de particules fines, et investir dans un nouveau terminal en aval du pont levant Chaban-Delmas "pour permettre une alimentation électrique haute tension à quai, avec un objectif zéro fumée et zéro consommation de diesel" tout en préservant le paysage des quais du centre-ville et en évitant de lever le pont.

Au fil des pages, le mouvement égraine les idées : moduler la taxe d'enlèvement des ordures ménagères en fonction du nombre de levées des bacs pour inciter à réduire les déchets ; favoriser l'organisation d'événements culturels sur l'ensemble du territoire sans centralisation excessive ; pourvoir au manque d'équipements sportifs de proximité, en particulier en piscines ; faire de l'Hôtel de Ragueneau un espace central pour les réseaux associatifs, artistiques et culturels ; mettre en place la gratuité du réseau de transport public pour les jeunes jusqu'à 15 ans compris ; développer un réseau d'autoroutes à vélo, expérimenter l'encadrement des loyers ; implanter des tiny houses sur le campus pour répondre à l'urgence du logement étudiant ; revenir à la semaine des quatre jours et demi dans les écoles ; créer une "académie du climat" pour "accompagner les jeunes qui souhaitent agir pour lutter contre le réchauffement climatique"...

Le chômage de longue durée, défi prioritaire

En matière d'économie, un point en particulier est mis en avant : la lutte contre le chômage de longue durée. "30.000 Bordelais sont au chômage, 13.000 le sont depuis plus d'un an. Il nous faut réussir à lier transitions sociales et environnementales, en expérimentant des dispositifs de type « territoires zéro chômeurs de longue durée », par exemple, qui ont fait leurs preuves, en développant une stratégie développée à partir des besoins locaux non satisfaits et des enjeux écologiques", affirme Clément, un des membres de Bordeaux Maintenant.

Les axes de travail évoquent ainsi une prime aux circuits courts et à l'économie circulaire et un organisme métropolitain chargé de faciliter le développement d'une offre de formation raccordée aux besoins en compétences du territoire... L'un des enjeux identifiés est de rapprocher les lieux de travail des lieux de vie, sujet étroitement lié à la mobilité. Pour ce faire, Bordeaux Maintenant imagine par exemple la création d'une opération d'intérêt métropolitain sur la rive droite, cette dernière ne concentrant que 10 % des emplois de la métropole. A ce jour, les deux OIM programmées sont sur la rive gauche.

Débattre du métro

En matière de mobilité, malgré le foisonnement d'idées avancées par les différents candidats, Matthieu Rouveyre estime qu'il règne "un vide sidéral en termes de propositions structurantes" face à une métropole amenée à dépasser le million d'habitants en 2030 "si elle contribue à créer 100.000 emplois à cet horizon, ce qui est aujourd'hui l'objectif affiché. Or, on sait que le ratio est de 2,7 habitants supplémentaires pour chaque emploi créé. Il est irresponsable de ne pas avoir de véritable débat sur la façon dont les gens vont se déplacer. Si on ne fait rien, les mobilités seront de plus en plus insupportables. On est dans une séquence d'hypocrisie électoraliste où l'on fait l'autruche, sous prétexte que ça coûterait trop cher et que les gens en ont assez des travaux." Abandonné par le président de la Métropole Patrick Bobet, le projet de métro mérite, du point de vue de Bordeaux Maintenant, une véritable concertation.

Le mouvement défend également l'idée d'un nouveau réseau structurant de bus à haut niveau de service sur site propre ou de tramway en circulaire, empruntant les boulevards sur la rive gauche et l'ancienne ligne d'Eymet sur la rive droite. Est également proposée une réflexion sur l'activité logistique qui génère de la congestion, par exemple via les pôles logistiques de proximité livrant en triporteurs électriques, ou l'utilisation du tram ou du moins de ses voies la nuit pour assurer des livraisons. En revanche, le projet de contournement routier de Bordeaux "ne conduirait qu'à une artificialisation des terres et à une augmentation des flux de voitures".

L'ensemble de ces 100 propositions constitue-t-il un programme électoral ? Non, réfute Matthieu Rouveyre : "C'est une colonne vertébrale. On accepte l'itération, la discussion. Ce n'est pas non plus une offrande" aux écologistes menés par Pierre Hurmic, alors que l'hypothèse d'une alliance prend du poids semaine après semaine. "Bordeaux Maintenant concourra à créer les conditions d'un rassemblement de la gauche et des écologistes qui soit le plus fort et le plus large possible, avec l'objectif de réussir l'alternance à Bordeaux", stipule ainsi l'édito du document.

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