Mobilités : LREM priorise le vélo et la désaturation de la rocade bordelaise

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Thomas Cazenave, le candidat de La République en marche (LREM) à la mairie de Bordeaux.
Thomas Cazenave, le candidat de La République en marche (LREM) à la mairie de Bordeaux. (Crédits : Agence APPA)
Un plan de 200 M€ pour tracer 200 km de pistes cyclables en dix ans : c'est la proposition phare du projet mobilités des 22 candidats LREM aux élections municipales à Bordeaux Métropole. Emmenés par Thomas Cazenave, ils priorisent aussi la prise de compétence sur la rocade bordelaise pour la passer à quatre voies et 70 km/h et la refonte du réseau de bus. Pas de métro, de grand contournement, ni de nouveau tram mais l'étude d'un tunnel sous la Garonne.

Atteindre 25 % de déplacements à vélo d'ici à 2030 contre 8 % en 2017 : c'est le principal objectif sur le plan de la mobilité des candidats investis par La République en marche dans 22 des 28 communes de Bordeaux Métropole en vue des élections municipales de mars prochain. Pour y arriver, Thomas Cazenave, le candidat à Bordeaux, promet d'investir à l'échelle métropolitaine "200 M€ en dix ans, soit le coût de 10 km de tramway, pour créer 200 km d'autoroutes à vélo et de réseaux cyclables de proximité, c'est-à-dire des pistes entièrement séparées de la circulation, sécurisées et équipées de franchissements, de parkings, de box fermés et de lieux couverts de gonflage et de réparation."

Prendre la main sur la rocade

Et s'il faut prendre de l'espace aux voitures et supprimer des places de stationnement de surface, le candidat n'y est pas opposé, défendant un projet fondé "sur la sobriété et les usages plutôt que sur les grandes infrastructures". "Nous voulons permettre aux gens de pouvoir choisir entre plusieurs solutions efficaces en voiture, en vélo ou en transport en commun. C'est rarement le cas aujourd'hui", abondait ce lundi matin Bruno Sorin, candidat à Mérignac, lors de la présentation officielle de ce programme mobilités à Bordeaux.

L'autre pierre angulaire de ce programme sur la mobilité, qui sera défendu conjointement par tous les candidats LREM sous l'étiquette "Renouveau métropolitain", c'est le transfert de la rocade, actuellement géré par l'Etat, à la Métropole. Sans ce transfert, point de salut pour les candidats du parti présidentiel qui proposent - une fois qu'ils auront la main sur la rocade, s'ils l'obtiennent - d'interdire la circulation des poids lourds aux heures de pointe et de résorber les dix points noirs, dont la place de Latule à Bordeaux Nord . Mais, surtout, de passer rapidement la rocade à deux fois quatre voies en contrepartie d'un abaissement de la limitation de vitesse à 70 km/h contre 90 km/h. Une proposition également défendue à droite par Nicolas Florian, maire de Bordeaux et candidat à sa succession, et Patrick Bobet, président de Bordeaux Métropole et maire du Bouscat. "C'est une proposition pragmatique qui ne coûte pas cher et nécessite surtout de la peinture et de la volonté politique. Deux voies seraient attribuées aux voitures, une aux poids lourd et une aux bus et aux véhicules électriques et de covoiturage", détaille Bruno Sorin.

Lire aussi : Municipales 2020 : à Bordeaux, un match plus serré que prévu

Refondre le réseau de bus

Parallèlement, les canditats LREM soutiennent "un big bang" du réseau de bus en réorganisant les lignes et en créant des "lignes express avec moins ou pas d'arrêt entre deux points très fréquentés, par exemple entre le centre de Floirac et la gare Saint-Jean", illustre Sophie Marvaud, candidate à Floirac, au risque de perdre la desserte fine de proximité. S'y ajouteraient deux lignes circulaires de bus à haut niveau de service (BHNS) dont une sur les boulevards rive gauche et rive droite. Et pour relier ces deux rives, ce sont des liaisons flexibles en barges pour piétons et cyclistes qui sont préconisées, notamment en attendant l'achèvement du pont Simone Veil. Côté tarification, la République en marche écarte la gratuité des transports en commun mais propose de diminuer le prix des abonnements pour les familles, les jeunes et les étudiants en s'alignant sur le tarif pratiqué actuellement pour les 5-10 ans à 144€/an contre 267 €/an pour les 11-27 ans.

Quant au tramway, Thomas Cazenave veut tourner la page. "Il n'y aura pas de nouvelle ligne de tramway pendant la prochaine mandature si nous sommes élus mais nous n'arrêterons pas les projets qui sont programmés et ont déjà fait l'objet de délibération", fait-il valoir. Pour la desserte de Saint-Médard c'est donc plutôt oui tout comme pour celle de Gradignan. Du côté des infrastructures, le programme LREM assume des choix : pas de métro, de nouveau pont, ni de grand contournement d'ici 2030. "Les nouvelles infrastructures sont très dures à sortir aujourd'hui et, pour le cas du grand contournement, Alain Juppé, malgré tout son poids politique et tous les leviers à sa disposition, n'a pas réussi à le mener à bien. Je ne suis pas sûr que l'on puisse faire mieux aujourd'hui", considère Thomas Cazenave qui veut cependant engager des études sur le tunnel proposé par Alain Turby, le maire de Carbon-Blanc, pour relier les deux rives de la Garonne et drainer le trafic poids-lourds.

Lire aussi : Mobilité : un tunnel de 22 km pour passer sous Bordeaux ?

RER et zone à faible émission

A cette échelle métropolitaine voire départementale, le candidat soutient, lui aussi, le projet de RER métropolitain porté par la Région Nouvelle-Aquitaine et la Métropole sur les dix prochaines années et qui fait l'unanimité chez les candidats déclarés à la mairie de Bordeaux. Thomas Cazenave y ajoute une touche intermodale en demandant que "100 % des rames et des gares TER soient vélo-compatibles".

Enfin, LREM veut instaurer une zone à faible émission (ZFE) dans le centre-ville de Bordeaux pour bannir d'ici à 2026 les moteurs thermiques pour les transports en commun et les véhicules logistiques. "Si nous arrivons à cet objectif, déjà très ambitieux, pour les bus et pour les camionnettes logistiques en 2026 alors nous montrerons l'exemple et nous pourrons envisager d'étendre la ZFE aux particuliers", explique Thomas Cazenave qui promeut aussi une anecdotique "application mobile unique rassemblant tous les usages et modes de transports et permettant de tout payer et tout réserver quelle que soit la solution choisie, publique ou privée".

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Commentaires
a écrit le 19/11/2019 à 12:04 :
Les vélos et trotinettes à moteur sont aujourd'hui les plus gros dangers pour les piétons bordelais. Sûrs de leur légitimité, ils s'arrogent tous les droits : ils grillent systématiquement ou presque les feux rouges, circulent à contresens, empreintent à très vive allure les bandes cyclables (j'ai demandé maintes reprises à la mairie de Bordeaux quelles sont les lois qui régissent la circulation sur ces bandes qui occupent parfois la seule portion du trottoir où l'on peut marcher sans aucune réponse) et invectivent les piétons qui ont l'audace d'occuper l'espace qu'ils s'attribuent.
Combien faudra-t-il de morts pour que la mairie de Bordeaux publie des statistiques et sanctionne les pires incivilités ? Je fais plus de 4 km à pied par jour à Bordeaux pour me rendre à mon travail, et je suis volontaire pour porter une caméra qui montrerait que ce que je dis est vrai. J'ai pensé créer un blog "ma vie de piéton à Bordeaux" avec des photos de ces bobos incivils qui se croient tout permis parce que soit disant ils ne polluent pas .
Aller demander aux enfants esclaves du Congo qui extraient des mines les matières premières nécessaires à la fabrication des batteries ce qu'ils pensent de ces bien pensants de service !
a écrit le 19/11/2019 à 0:59 :
Le candidat Cazenave a peut être oublié qu'à Bordeaux, il pleut, et il pleut très régulièrement.
Moi, - qui vit à bordeaux - je constate, qu'une fois l'hiver installé, lorsqu'il pleut et qu'il vente, les vélos ne sont plus si nombreux.
Oui au développement des "autoroutes" mais il faut arrêter de penser que c'est la solution miracle.
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LREM, il est temps de revoir vos éléments de langages. A la lecture des commentaires, il est très simple de vous reconnaitre ;)
a écrit le 18/11/2019 à 20:33 :
On est bien loin des propositions tout azimut que l'on a déjà pu entendre ! Enfin un programme structuré, cohérent et réfléchi à l'échelle de la métropole qui fait la part belle aux transports doux : 200km de pistes cyclables dans toute la métropole, ça permet enfin d'envisager sereinement sa conversion au vélo !
a écrit le 18/11/2019 à 18:52 :
" Mais, surtout, de passer rapidement la rocade à deux fois quatre voies en contrepartie d'un abaissement de la limitation de vitesse à 70 km/h contre 90 km/h"

J'ai du mal à voir la logique entre les deux faits. Remplacer la voie d'arret d'urgence par une file de circulation devrait faciliter la fluidité, Pas de raison de baisser la vitesse.
Si c'est pour faire baisser la pollution il faut alors le dire clairement.
L'un des problèmes de la rocade est qu'il n'existe pas de pont entre Langoiran et Bordeaux. Celui de Langoiran n'étant pas praticable par les poids lourd et les bus, une partie du trafic de l'est bordelais est obligé de passé par la rocade pour rejoindre Arcachon et le bassin.

Pour facilité la circulation des transports en commun et vélo, il faut prendre exemple sur Strasbourg qui à d'abord créer des parkings à l'entrée de la ville pour ensuite pouvoir prendre les transports en commun et sérieusement augmenter ceux qui sont en ville. Dans Bordeaux et dans la métropole ils ont été créés dans la ville.
a écrit le 18/11/2019 à 18:07 :
Enfin un plan cohérent et pragmatique pour changer les choses, ça change des listes a la Prévert ! La ou c'est vraiment nouveau c'est qu'on parle métropole avant les élections, cela évite les petits arrangements entre amis de 3eme tour des municipales ! Ici on sait vers quoi on va au niveau métropole.
200km pour les vélo avec le budget de 10km de tram ça se tente non ?
a écrit le 18/11/2019 à 16:32 :
Faire et refaire comme disait ma grand-mère ... Ils parlent de 2030 mais dans leurs têtes LaRem est toujours ancrée dans le bon vieux 20è siècle : croissance, individualisme et mondialisation sont leur programme. Ils mettent un peu de vert parce que c'est dans l'air du temps mais leur programme libéral est usé.

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