[Infographie] Municipales à Bordeaux : vers une triangulaire au second tour ?

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Les intentions de vote au 1er tour de l'élection municipale de mars 2020 à Bordeaux selon le sondage Elabe / La Tribune publié le 9 octobre 2019
Les intentions de vote au 1er tour de l'élection municipale de mars 2020 à Bordeaux selon le sondage Elabe / La Tribune publié le 9 octobre 2019 (Crédits : PC / La Tribune)
[DATA] Pour la 1re fois depuis 1945, il y aura très probablement un second tour à l'élection municipale à Bordeaux en mars 2020... voire même une triangulaire entre la droite, la gauche écologiste et un 3e bloc centriste. Le politologue Jean Petaux tire les principaux enseignements de cette configuration politique inédite révélée par le sondage Elabe / La Tribune publié le 9 octobre.

Ce n'est pas un vent de panique qui souffle sur le Palais Rohan, à Bordeaux, mais la majorité municipale est suffisamment déstabilisée par les résultats du sondage Elabe / La Tribune sur les prochaines municipales pour décider d'accélérer le tempo en entrant en campagne plus tôt que prévu. Initialement annoncée pour janvier 2020, la campagne électorale de Nicolas Florian démarrera "prochainement", en tous cas avant la mi-décembre.

Pour rappel, ce sondage Elabe / La Tribune crédite Nicolas Florian (LR, Agir, Modem) de 31,5 à 32,5 % des intentions de vote, devant Pierre Hurmic (EELV, 24, %), Thomas Cazenave (LREM, 13 %) et Vincent Feltesse (9 %).

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"Il y a de l'inquiétude et de l'énervement dans l'entourage de Nicolas Florian à cause de cette dégringolade de treize points par rapport au sondage pas très solide scientifiquement mis en avant par Esprit Bordeaux au mois de mai pour tuer le match", rembobine Jean Petaux, politologue à Sciences Po Bordeaux. "Nicolas Florian y était alors crédité de 45 % et tout sera désormais comparé à cet étiage. Cet effet boomerang n'est pas très habile politiquement."

Au regard des intentions de vote exprimées par ce sondage, quatre listes semblent donc en mesure de passer le seuil des 10 % pour se qualifier au second tour. Car oui, si on a tendance à l'oublier à Bordeaux qui n'a jamais connu de second tour, même sous la forme d'un duel, depuis la Seconde Guerre mondiale, l'élection municipale compte bien deux épisodes. De quoi poser quelques difficultés à l'équipe de Nicolas Florian, comme le souligne Jean Petaux : "Il y a un fait objectif : l'équipe municipale à Bordeaux n'a aucune culture du ballotage et du second tour et, par ricochet, aucune culture d'une campagne de premier tour au coude à coude, sans certitude de gagner." Historiquement, le candidat de la droite et du centre à Bordeaux s'est toujours imposé au 1er tour même si cela est passé à un cheveu pour Alain Juppé en 1995 (50,29 %) et en 2001 (50,96 %).


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De quoi donner des ailes à la concurrence, en particulier dans la perspective d'une liste EELV-PS dès le 1er tour qui récolterait alors (30,5 %), faisant presque jeu égal avec le maire sortant ? S'il reconnaît la place centrale de l'environnement et de l'écologie dans la campagne bordelaise, Jean Petaux émet néanmoins quelques réserves :

"D'une part, le sondage met en évidence un très grand écart entre le score de la liste EELV et la notoriété de Pierre Hurmic. Le moment vert a lieu maintenant mais arrivera-t-il à maintenir un tel étiage jusqu'en mars ? Est-ce que l'enjeu de l'écologie dépassera le nom du candidat, ce qui est un phénomène très rare aux municipales ? On peut s'interroger. D'autre part, le vote Hurmic est très fort chez les 18-24 ans et 25-34 ans qui sont aussi les catégories les moins certaines d'aller voter. A l'inverse, Nicolas Florian est performant chez les plus de 50 ans qui sont moins sensibles à l'écologie mais beaucoup plus certains d'aller voter. Il y a 30 points de différence quand même, ce qui laisse la place à des incertitudes !"

L'hypothèse d'une triangulaire

En effet, si la qualification au second tour des listes menées par Nicolas Florian et Pierre Hurmic semble désormais acquise, des incertitudes surgissent sur le deuxième wagon avec deux autres candidats en mesure de passer la barre des 10 % ouvrant ainsi la voie à une triangulaire autour de trois blocs : le bloc de droite, le bloc EELV/PS et un troisième bloc, un cran en dessous, constitué d'un attelage entre Thomas Cazenave et Vincent Feltesse. "Dans ce cas, je vois deux hypothèses crédibles : soit ce troisième bloc négocie une alliance avec la droite ou avec la gauche au lendemain du 1e tour et alors la triangulaire redeviendra un duel au bout de quelques jours ; soit ils décident de se maintenir ensemble au second tour, auquel cas le prochain maire de Bordeaux sera désigné avec une majorité relative mais certainement pas avec plus de 50 % des suffrages exprimés", considère Jean Petaux. Ce serait une première.

Une autre possibilité étant l'abandon de Thomas Cazenave, choisi ou imposé par la direction nationale de LREM, au profit de la liste de Nicolas Florian et de ses alliés historiques du Modem avant le premier tour. De quoi permettre au parti de la majorité présidentielle de se réconcilier au niveau local avec ses alliés au niveau national... et de revendiquer indirectement la conquête d'une grande métropole aux côtés de la droite "constructive".

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