A la veille du Congrès des Régions, Alain Rousset demande à l'Etat de la stabilité

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Alain Rousset, président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine
Alain Rousset, président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine (Crédits : APPA)
Satisfait d'une situation économique "plutôt positive" en Nouvelle-Aquitaine, le président du Conseil régional Alain Rousset a fait le point sur différents dossiers lors de sa conférence de presse de rentrée. A quelques jours du Congrès des Régions qui débute à Bordeaux lundi 30 septembre, l'élu socialiste demande notamment à l'Etat de garantir une certaine stabilité des moyens et des compétence, tout en plaidant pour davantage de décentralisation.

"La situation dans la région est plutôt positive avec une baisse du chômage plus rapide qu'ailleurs, un taux de création d'entreprises qui nous place à la 3e position nationale et une diminution du nombre de défaillances d'entreprises." Le constat partagé par Alain Rousset, président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, est encourageant. Mais l'élu confesse un certain nombre de "points de vigilance" tels que la situation des papeteries de Condat (500 emplois), en Dordogne, dont le propriétaire, le groupe Lecta, cherche à obtenir un feu vert de l'Etat pour la reconversion d'une ligne de fabrication soutenue financièrement par le Conseil régional. Même inquiétude pour les Fonderies du Poitou, où les salariés estiment que le nouveau repreneur Liberty tarde à concrétiser son plan d'actions, ou plus généralement sur l'emploi agricole en légère baisse, notamment liée au faible nombre de nouvelles installations.

Alain Rousset a insisté, lors de ce point presse de rentrée, sur le "basculement de modèle" que doit notamment impulser Néo Terra, feuille de route régionale dédiée à la transition énergétique et écologique adoptée en juillet dernier. "Le défi est de mobiliser les accompagnements et d'aller plus vite dans les transitions que ce qui nous est demandé à l'horizon 2050", estime le président de Région, mettant également en avant le programme structurant Vitirev. Ce dernier vient d'être annoncé lauréat de l'appel à projets national "Territoires d'innovation", décrochant ainsi une aide financière conséquente de 73,6 M€. "Vitirev est plus un plan d'action qu'une feuille de route, précisent à l'unisson Alain Rousset et Lydia Héraud, conseillère régionale déléguée à la viticulture. Il consacre une mobilisation sans précédent autour de la sortie des pesticides avec une cinquantaine d'actions très précises. On ne réussira en dix ans que si on embarque tout le monde."

Mobilité et décentralisation

En revanche, Alain Rousset s'inquiète plus pour les questions de mobilité. Le président de Région espère bien convaincre le nouveau patron de la SNCF de faire des efforts dans la régénération des voies existantes ainsi que d'améliorer les horaires du TGV entre Bordeaux et Angoulême particulièrement. Plus largement, il aimerait bien "rendre la SNCF plus transparente sous plusieurs aspects : ses financements, son fonctionnement."

Réagissant à l'étude autour des transports publiée il y a quelques jours par la CCI Bordeaux Gironde, Alain Rousset a laissé poindre un peu d'agacement, se disant "très mal à l'aise devant le président de la CCI demandant la création d'un syndicat mixte des transports qui existe déjà. Le boulot, les élus l'ont fait. Nous avons déjà une position commune sur le projet de RER métropolitain par exemple. On ne va pas tout reprendre comme si rien n'avait été fait." Que pense-t-il d'un grand contournement de Bordeaux, qui délesterait la rocade du trafic des poids lourds ? "C'est 30 ans pour le réaliser. Peut-être qu'il faut le prévoir, mais il faut aussi trouver des solutions rapides, applicables ces prochaines années, comme la création d'un bus en site propre pour mettre moins d'une heure entre Blaye et Bordeaux. Comment je sors les camions de la route ? Je suis surpris que ça ne soit pas la priorité de tous." Le président de Région avance plusieurs pistes : l'instauration d'une vignette carbone pour les poids lourds en transit international, la possibilité de dégager des sillons pour le fret ferroviaire.

Le Congrès des régions aura lieu à Bordeaux les 30 septembre et 1er octobre. La venue du Premier ministre Edouard Philippe a été annoncée le mardi matin. Alain Rousset compte bien lui toucher deux mots : "Il est insupportable d'avoir une telle instabilité sur le rôle des uns et des autres, par exemple en matière d'apprentissage ou de formation des chômeurs. Comment avancer si nos ressources et nos compétences changent du jour au lendemain ? Si tout le monde fait tout, personne ne fait rien." Alain Rousset illustre par les chamboulements liés à la réforme de l'apprentissage, dont les Régions se sont vues confisquer le pilotage le 1er août 2018 avec la loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel : "On ne connaît même pas la tuyauterie du financement ! Rien ne pourra être mis en place avant trois ou quatre ans. Et ceci alors que les Régions ont fait bondir l'apprentissage depuis 2015, avec l'appui du monde de l'artisanat notamment." Sans surprise, l'élu plaide pour "davantage de pouvoirs aux régions. Je suis stupéfait de l'incompétence de ces réformes. La centralisation est contraire au développement des territoires. Ce sont les petits territoires qui vont perdre, et les gros qui pourront se payer des centres de formation." L'élu réclame également que les enveloppes des fonds européens destinées aux régions françaises soient totalement gérées par les Conseils régionaux, au moins le temps d'une expérimentation. A ce jour, cette gestion est encore largement opérée par l'Etat. Sur ce point, Alain Rousset dit avoir "bon espoir". Il en a visiblement moins pour la création d'un service public de l'emploi lui aussi régionalisé. Prévoit-il de poursuivre son combat en faveur de la décentralisation au-delà de son mandat actuel ? "Je suis au travail, comme tous mes collègues. On a besoin de stabilité. Je ne réponds jamais à ces questions tant que le temps n'est pas venu."

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Commentaires
a écrit le 30/09/2019 à 17:57 :
"Je suis au travail, comme tous mes collègues. On a besoin de stabilité. Je ne réponds jamais à ces questions tant que le temps n'est pas venu"

Traduction:" Si la santé me le permet oui bien entendu."


A un moment la politique, il faut arrêter.

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