Après Alain Juppé, Virginie Calmels quitte à son tour Bordeaux

 |   |  752  mots
Virginie Calmels quitte ses mandats de première adjointe au maire de Bordeaux et vice-présidente de Bordeaux Métropole
Virginie Calmels quitte ses mandats de première adjointe au maire de Bordeaux et vice-présidente de Bordeaux Métropole (Crédits : Appa)
Bordeaux perd coup sur coup son maire et sa 1re adjointe. Après l'officialisation du départ d'Alain Juppé, qui rejoint le Conseil constitutionnel, c'est Virginie Calmels qui, ce jeudi soir, a annoncé qu'elle allait également démissionner. Ce qui laisse le champ libre à Nicolas Florian, l'adjoint aux Finances, aujourd'hui plus que probable futur maire de Bordeaux.

Sa position très en retrait et à l'écart des autres élus municipaux, sa façon de disparaître avant que les journalistes aient pu lui poser la moindre question, ont dissipé tous doutes. Tout signifiait, ce jeudi matin lors de la conférence de presse confirmant le départ d'Alain Juppé, que Virginie Calmels n'irait pas plus loin à Bordeaux, bien qu'elle ait toujours affirmé qu'elle irait au bout du mandat. Elle a effectivement confirmé cette tendance ce jeudi soir devant les élus de la majorité bordelaise. En revanche elle n'abandonne pas son rôle de conseillère régionale de Nouvelle-Aquitaine et de présidente de groupe d'opposition.

Le maire de Bordeaux l'avait convaincue de rejoindre la vie politique, après une carrière réalisée à grande vitesse dans le monde entrepreneurial : passée par Numericable, directrice générale adjointe de Canal + à 31 ans, directrice générale puis présidente de la société de production audiovisuelle Endemol France, promue n°2 d'Endemol Monde en mai 2012. A la surprise générale, la native de Talence, voisine de Bordeaux, s'était donc impliquée dans les affaires politiques locales, intégrant l'équipe d'Alain Juppé en avril 2014 au rang d'adjointe au maire de Bordeaux en charge de l'Economie, de l'Emploi et de la Croissance durable, et de première adjointe au maire quelques mois plus tard en conservant ce portefeuille. Dans le même temps, elle prenait la vice-présidente de Bordeaux Métropole en charge des sites majeurs d'attractivité économique, la présidence de l'établissement public d'aménagement Bordeaux Euratlantique... tout en conservant un pied dans l'entreprise en tant qu'administratrice du groupe Iliad (maison-mère de Free) et du groupe technologique Assystem. Sans compter son rôle de censeur au sein de Technicolor, et la présidence du conseil de surveillance d'Eurodisney qu'elle a quittée en 2017.

La "dame de faire" repartirait dans le secteur privé

La greffe n'a jamais réellement pris entre Virginie Calmels et les équipes municipales du pondéré Alain Juppé. Les relations glaciales entretenues avec le directeur de cabinet de ce dernier n'étaient un secret pour personne. Alain Juppé l'a pourtant toujours publiquement soutenue, louant son rôle dans l'arrivée à Bordeaux de plusieurs pépites du numérique (Betclic, OVH, Deezer, ManoMano...). Investie par la liste d'union de la droite et du centre lors des élections régionales de décembre 2015, elle avait été largement battue par le président sortant socialiste Alain Rousset. Libérale convaincue dont le slogan revendiquée, "la dame de faire", faisait obligatoirement penser à la "dame de fer" Margareth Thatcher, elle avait ensuite lancé son mouvement politique, DroiteLib. Avant la cassure, jamais réellement publiquement assumée des deux côtés, avec Alain Juppé. Ses ralliements express successifs à François Fillon, juste après la défaite de Juppé lors la primaire de la droite, puis à Laurent Wauquiez dans la course à la tête du parti Les Républicains, auraient déplu au Palais Rohan mais n'auront finalement pas duré longtemps. Promue n°2 des Républicains en 2017, elle en est limogée six mois plus tard, après avoir critiqué la ligne politique de Laurent Wauquiez.

Depuis, Virginie Calmels avait pris de la distance avec Bordeaux sans abandonner ses mandats locaux, ne cachant pas que sa vie de famille penchait vers Paris où vivent ses enfants et son compagnon Jérôme Chartier, premier vice-président du Conseil régional d'Ile-de-France. Le départ d'Alain Juppé, qui aura été son mentor en politique, lui donne l'occasion de prendre également le large. Elle rebondirait selon plusieurs sources dans le secteur privé, à la tête d'une grande entreprise. Mais elle ne quitterait pas totalement la vie politique, poursuivant ses activités au sein de son mouvement DroiteLib.

Ce départ enterre de facto la question de la succession à court terme d'Alain Juppé. C'est Nicolas Florian, son actuel adjoint aux finances et conseiller régional, proche de Valérie Pécresse (il est secrétaire général de son mouvement Soyons libres) qui selon toutes probabilités, assurera l'intérim au moins jusqu'aux prochaines élections municipales en 2020. Et plus si affinités ? Son profil a été choisi par la majorité municipale et sera proposé ce samedi 16 février au matin, lors d'une réunion avec Alain Juppé. Ce dernier et Virginie Calmels partiront tous les deux dans les prochaines semaines. Mais ça ne sera pas main dans la main, malgré cette annonce concomitante un jour de Saint-Valentin.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 10/03/2019 à 18:35 :
toute suite reclassé ! avoir des bons copains!!

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :