Bordeaux Métropole : Alain Juppé renonce à la fusion avec le Département

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Alain Juppé, président de Bordeaux Métropole, et Jean-Luc Gleyze, président du Conseil départemental de la Gironde
Alain Juppé, président de Bordeaux Métropole, et Jean-Luc Gleyze, président du Conseil départemental de la Gironde (Crédits : Agence APPA / Département de la Gironde)
C'était pressenti, c'est désormais officiel : Alain Juppé renonce au projet de métropolisation, c'est-à-dire au transfert des compétences du Département à Bordeaux Métropole sur son périmètre. Ce renoncement enterre donc ce projet du gouvernement, qui a toujours assuré vouloir respecter la volonté des élus locaux, et ouvre la voix à des "assises du territoire" associant la Métropole, le Département et la Région.

La Tribune l'écrivait en novembre dernier, la piste de la fusion entre le Département de la Gironde et Bordeaux Métropole, sur le modèle lyonnais, avait peu de chances d'aboutir. C'est désormais chose faite puisqu'au refus catégorique de Jean-Luc Gleyze, le président PS du conseil départemental, s'ajoute désormais le renoncement officiel d'Alain Juppé, le patron de la Métropole, comme l'a fait savoir Jean-Luc Gleyze, ce vendredi matin au micro de France Bleu Gironde :

"J''ai eu Alain Juppé au téléphone, il m'a annoncé qu'il se retirait du processus de métropolisation. C'est une bonne nouvelle."

Une décision confirmée à La Tribune par les services de Bordeaux Métropole. Après Lille, puis Nantes, c'est donc au tour de Bordeaux de renoncer à emprunter le chemin tracé par le Grand Lyon et le Département du Rhône depuis le 1er janvier 2015. La Métropole de Lyon a en effet récupéré, sur son périmètre, les compétences (collèges, routes et dépenses de solidarité notamment), les budgets et les personnels du conseil départemental. Ce dernier étant désormais cantonné aux pourtours de la Métropole.

Un projet qui n'emballe plus grand monde

Un choix qui aurait eu comme conséquence d'aggraver les fractures sociales et territoriales entre Bordeaux Métropole et le reste de la Gironde, selon Jean-Luc Gleyze qui a toujours combattu ce projet mis en avant par le gouvernement pour Lille, Nantes, Bordeaux, Toulouse et Nice. Seules les deux agglomérations du sud de la France restent donc en lice puisque le gouvernement a toujours assuré vouloir respecter la volonté des élus locaux sur ce projet. Mais dans ces conditions, il est très improbable que le gouvernement s'attelle à un projet de loi uniquement pour deux villes.

D'autant que ce projet faisait face à un calendrier très contraint - puisque tout aurait dû être ficelé au 1er janvier 2020, compte tenu des élections municipales - et des obstacles de fond. Le maire de Bordeaux considérait en effet comme un préalable indispensable le règlement du différent entre l'Etat et les Départements sur le financement des aides sociales. En Gironde, pour la seule année 2017, le reste à charge pour le département au titre des trois allocations individuelles de solidarité s'élève ainsi à 248,9 M€, soit 160 € par habitant, et Alain Juppé ne souhaitait évidemment pas récupérer la note.

L'ancien Premier ministre reste néanmoins favorable à la logique de la métropolisation : "La fusion va dans le sens de l'histoire... mais peut-être pas de l'histoire immédiate. Il faudra probablement attendre encore un peu", confiait ainsi l'un de ses proches fin novembre.

Vers des "assises du territoire"

Conséquence immédiate du pivot d'Alain Juppé sur la métropolisation : Jean-Luc Gleyze a confirmé qu'il participerait sereinement aux "assises du territoire" proposées par le maire de Bordeaux pour intensifier les coopérations entre la métropole et les zones périurbaines et rurales de Gironde et de Nouvelle-Aquitaine. En parallèle du "Grand débat" national lié aux Gilets jaunes, ces assises doivent associer les présidents de la Métropole, du Département et de la Région "pour se rencontrer et voir comment on peut aller encore plus loin dans la coopération territoriale", précise Alain Juppé, qui ajoute : "Il y a des pauvres à Bordeaux et des riches en Gironde et inversement. Opposer les habitants et les territoires n'a pas de sens et est une erreur."

Bordeaux Métropole qui travaille déjà avec Angoulême, Libourne, Marmande et Saintes souhaite se rapprocher, entre autres, de Mont-de-Marsan, Bazas et La Rochelle. De son côté, le Département de la Gironde cible les "villes d'équilibre" telles que Libourne et Lesparre-Médoc et prochainement La Réole, Castillon-la-Bataille, Langon et Saint-André-de-Cubzac.

Lire aussi : Nouvelle-Aquitaine : pourquoi Bordeaux Métropole se tourne (enfin) vers ses voisines

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