Ford Aquitaine Industries : réunion cruciale entre les syndicats et Punch ce lundi à Bercy

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Les salariés de Ford Aquitaine Industries restent mobilisés.
Les salariés de Ford Aquitaine Industries restent mobilisés. (Crédits : Agence Appa)
L’intersyndicale CGT, FO, CFE-CGC de Ford Aquitaine Industrie (FAI), à Blanquefort (Gironde), participe à une réunion de la dernière chance ce lundi 10 décembre au ministère de l’Economie avec les représentants du groupe Punch, seul prétendant à la reprise de la filiale girondine de Ford. Selon certaines sources le constructeur américain pourrait annoncer la fermeture de l’usine dès ce jeudi 13 décembre, tandis que d’autres assurent qu’il ne s’exprimera pas à ce sujet avant le 17 décembre.

Les rumeurs ne cessent de se multiplier au sujet du futur de l'usine Ford Aquitaine Industries à mesure que les échéances se rapprochent. Une chose est sûre : ce lundi se joue une partie capitale pour l'avenir des quelques 872 emplois de FAI, usine française de Ford spécialisée dans la fabrication de boîtes de vitesses automatiques. Alors que le constructeur automobile américain, qui veut fermer l'usine d'ici septembre 2019, a lancé un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) avec une procédure de concertation qui s'achève le 18 décembre prochain, l'intersyndicale CGT, FO, CFE-CGC et les pouvoirs publics (ministère de l'Economie et des finances, services de l'Etat, collectivités) se battent pour préserver l'activité.

Le groupe belge Punch, seul repreneur déclaré de l'usine de Blanquefort, lui aussi spécialisé dans les boîtes de vitesses automatiques, serait prêt à reprendre 400 salariés sur l'effectif actuel. Comme de nombreux salariés peuvent prétendre partir en pré-retraite, cette solution convient à l'intersyndicale, qui a même accepté que le niveau des salaires soit gelé pendant les trois premières années.

Punch aurait des clients industriels de haut niveau

Le groupe Punch, qui a mis la pression pour obtenir davantage de concessions, avec notamment quatre ans de gel des salaires et une réduction du nombre de jours de RTT, ne semble pas prêt à lâcher du lest. Mais il n'aurait plus les mains vides et devrait présenter ce lundi à Bercy des clients industriels de haut niveau pour fiabiliser la reprise de l'usine sur le long terme.

Du côté de Ford la chose semble entendue. Tout d'abord parce que le lancement du PSE est contradictoire avec la poursuite d'une activité sur le site et que la firme de Dearborn (banlieue de Détroit) tient beaucoup à son plan de sauvegarde de l'emploi.

Néanmoins d'intenses séquences de négociations entre tous les acteurs du dossier ont lieu depuis une quinzaine de jours et de nombreuses rumeurs ont laissé entendre que Ford, propriétaire des murs, serait prêt à autoriser la poursuite d'une activité industrielle sur le site à condition de ne plus être impliqué juridiquement, de façon directe ou indirecte, dans la suite des événements.

Dans cette hypothèse Ford Motor Company soutiendrait le processus de reprise à hauteur de 150 M€ (avec en plus 17 M€ du côté des pouvoirs publics), sans s'engager à passer de commandes de boîtes de vitesses au repreneur pendant les premières années, alors que c'est précisément ce que demande Punch. Selon certaines sources proches du dossier, Ford aurait déjà fait plancher des juristes pour étayer l'annonce, ce jeudi 13 décembre, de son refus d'accepter une poursuite d'activité sur le site. Mais pour d'autres connaisseurs du dossier, Ford ne bougera pas avant le 17 décembre, veille de la clôture de la procédure du PSE... Le suspense ne cesse de s'intensifier mais il suffirait qu'aucun accord ne sorte ce lundi de la réunion entre Punch, l'intersyndicale de FAI et le ministère de l'Economie pour que la messe soit dite.

Joint à 13 h 23 à Paris (où il participe à la rencontre avec Punch et le ministère de l'Economie), Philippe Poutou (délégué CGT de FAI) a précisé que la réunion lancée en début de matinée à Bercy a subi de nombreuses interruptions. La CGT (majoritaire au comité d'entreprise de FAI) n'a pas changé de position, précise Philippe Poutou, expliquant qu'à cette heure-là (autour de 13 h 20) "Punch et l'Etat discutent entre eux quelque part". Avec au bout du compte un pronostic pour le moins mitigé. "On attend la suite mais on ne semble pas loin de la rupture".

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