ArianeGroup : attente d’informations le 6 décembre sur les 2300 suppressions de postes

 |   |  502  mots
Test de la tuyère du futur booster d'Ariane 6 en 2015 sur le site Essais de missiles de la DGA à Saint-Jean-d'Illac (Gironde).
Test de la tuyère du futur booster d'Ariane 6 en 2015 sur le site Essais de missiles de la DGA à Saint-Jean-d'Illac (Gironde). (Crédits : DGA Essais de missiles)
L’annonce de la suppression de 2.300 postes au sein de ce tout jeune groupe aérospatial très implanté à Bordeaux Métropole commence à inquiéter les syndicats, qui ne voient pas le carnet de commande d’Ariane 6 se remplir assez vite.

C'est le jeudi 6 décembre, lors de la prochaine réunion économique du comité central d'entreprise (CCE) d'ArianeGroup, que la direction du groupe aérospatial européen sera questionnée par les représentants des salariés sur le scénario qui a motivé l'annonce d'une probable réduction d'effectif de 2.300 postes d'ici 2022. Cette information est d'autant plus importante pour la région que Bordeaux Métropole compte 3.500 salariés d'ArianeGroup (sur un total de 9.000 en France et Allemagne, pour 3 Md€ de chiffre d'affaires) et que c'est la société girondine Herakles (groupe Safran) qui a mis au point la tuyère du booster du  moteur P120 d'Ariane 6. Tandis que le propergol solide est élaboré par l'ancienne poudrerie de Saint-Médard-en-Jalles.

Etant donné la forte implantation locale du groupe Safran, l'inquiétude sur les suppressions de postes annoncées est élevée même si la situation n'est pas encore critique. ArianeGroup, présidé par Alain Charmeau, a vu le jour en 2017. L'entreprise, produit de la fusion des équipes lanceurs de Safran (avec Herakles), et Airbus, est le dernier-né des groupes aérospatiaux mondiaux.

Conclure de nouvelles commandes d'ici début 2019

Il n'a jamais été officiellement question à l'origine de sa création de fonder un groupe avec à la clé des économies d'échelle qui permettraient d'alléger la nouvelle structure de 2.300 postes. La naissance d'ArianeGroup n'a pas été facile et s'est faite avec du retard, ce qui a inquiété les syndicats. D'autant que le calendrier d'Ariane 6 était déjà serré avant même la mise en route opérationnelle du groupe, sachant que le premier tir doit avoir lieu à Kourou en juillet 2020 et qu'il est indispensable au groupe d'engranger rapidement des commandes fermes pour pouvoir exister.

"Le cycle de production des lanceurs est long, puisqu'il faut compter 18 mois pour le mener à terme. Et le contexte économique est tendu. Il faudrait 11 vols par an pour qu'Ariane 6 soit rentable, mais nous sommes plutôt sur une tendance de 8 à 9 tirs par an" résume Philippe Gery, délégué syndical central CFE-CGC ArianeGroup.

C'est la raison pour laquelle le scénario qui conduit à la suppression de 2.300 postes d'ici 2022 préoccupe les syndicats, et que ces derniers essaieront d'obtenir une réponse à ce sujet le 6 décembre prochain. Parce que cette annonce soulève de façon implicite la question de la viabilité du programme Ariane 6. Cette question n'est bien évidemment pas à l'ordre du jour de la direction d'ArianeGroup, où l'importance de cette réduction de postes, dont la teneur reste à préciser et qui n'entrainera aucun licenciement, est relativisée. Et même Philippe Gery reconnait que l'avenir n'est pas compromis. Mais il va falloir sans doute accélérer le mouvement sur le plan commercial, malgré la lenteur des prises de décisions à l'échelle de l'Europe spatiale.

"Il faudrait qu'ArianeGroup reçoive de nouvelles commandes de lancement d'ici la fin de l'année ou début 2019, afin de pouvoir alimenter la production de lanceurs dans les délais" décrypte Philippe Gery.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 25/11/2018 à 21:37 :
ArianeGroup a 10 ans de retard en recherche/développement vis-à-vis de SpaceX et ses premiers étages réutilisables...
Ariane6 est, de mon point de vue, un développement sans grand avenir avec un moteur vulcain 2.1 qui manque cruellement d'ambition avec ses 100 tonnes de poussée (à comparer aux 200 tonnes du Raptor de Space en cours de développement) et sans grande marge possible en terme de réutilisation des équipements...
PS: pour les "têtes d'ampoule", il convient bien sûr de remplacer les tonnes par des kN et de rajouter un 0

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :