Charte de l’urbanisme : Mérignac serre la vis

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Alain Anziani, maire de Mérignac (à gauche), présente la charte de l'urbanisme et de la qualité de la ville aux côtés de Thierry Trijoulet, adjoint délégué aux grands projets urbains (à droite).
Alain Anziani, maire de Mérignac (à gauche), présente la charte de l'urbanisme et de la qualité de la ville aux côtés de Thierry Trijoulet, adjoint délégué aux grands projets urbains (à droite). (Crédits : Ville de Mérignac)
"Je ne veux pas d'une ville bétonnée où le promoteur serait roi." Le message du maire de Mérignac, Alain Anziani, est clair. Il le sera encore plus avec la diffusion d'un nouveau document élaboré par la ville : la charte de l'urbanisme et de la qualité de la ville composée de 10 points.

Respecter l'identité architecturale des quartiers, créer des logements de qualité, renforcer la végétation, ou encore lutter contre la spéculation foncière. Voici quelques-uns des objectifs définis dans la charte de l'urbanisme et de la qualité de ville de Mérignac élaborée par la mairie à destination des opérateurs immobiliers. Un document qui vient en complément du PLU 3.1. Il a été présenté vendredi par le maire, Alain Anziani, et Thierry Trijoulet, adjoint délégué aux grands projets urbains.

Oui à la qualité, non à la spéculation foncière

Ainsi, la municipalité engage, par exemple, les opérateurs immobiliers à respecter l'identité architecturale des quartiers, à limiter les opérations de logements collectifs aux zones de projet définies par la ville, à proximité des transports en commun et des services, ou encore à créer des logements de qualité anticipant les futures normes environnementales.

Autre point important : "Mérignac engage également les opérateurs immobiliers à lutter contre la spéculation foncière en proposant des prix de terrain basés sur la valeur vénale du bien à acquérir, et non pas sur la valeur du projet à venir" précise Thierry Trijoulet, adjoint au maire délégué aux grands projets urbains.

Si ce document n'a juridiquement pas de valeur opposable, c'est à dire qu'il ne contraint pas les opérateurs, le maire rappelle qu'ils n'ont aucun intérêt à passer outre. "Ce sont bien les mairies qui délivrent les permis de construire."

Pour l'élaboration de cette charte, Mérignac n'a d'ailleurs pas souhaité lancer de concertation avec les opérateurs, contrairement à ce qui a été fait dans le cadre de la charte Bien construire à Bordeaux métropole élaborée en février dernier.

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"Nous n'aurions pas pu aboutir à un document consensuel. Les promoteurs ont leur logique, nous avons la nôtre. Ce document affiche clairement nos orientations. Ce sera un gain de temps pour tout le monde" déroule Alain Anziani qui reconnait là aborder un sujet très sensible, et pas seulement à Mérignac.

"Dans les années 1970, il fallait construire plus haut et plus dense. Cette vision que je qualifierais de datée n'est surtout plus conforme à ce que souhaitent les habitants. Un décalage s'est aujourd'hui creusé entre ces mêmes habitants d'un côté et les promoteurs, les décideurs, les porteurs de projets de l'autre. L'avenir passe par une ville aérée dans laquelle nous circulerons bien, tout en répondant à la problématique logement" insiste le maire.

Pour rappel, chaque année la Gironde accueille 14.000 nouveaux habitants dont un bon tiers rejoint la métropole bordelaise.

Un complément au PLU 3.1

Ce nouvel outil que constitue la charte vient s'ajouter au Plan local d'urbanisme (PLU) 3.1 applicable depuis février 2017. A Mérignac, quatre grands principes ont guidé l'actualisation de ce nouveau règlement : la volonté de concentrer les constructions dans les secteurs les mieux desservis, la préservation de l'identité des quartiers, le logement pour tous, une ville verte et un développement économique encadré. Mais un an après sa mise en place, la ville de Mérignac a souhaité aller plus loin. D'où cette charte qui vient en complément du cadre réglementaire défini dans le PLU.

"Nous créons du logement. C'est notre job et nous le faisons bien. Mais nous souhaitons freiner la construction de logements. Concrètement, pour le moment, si cela ne se voit effectivement pas, de février 2017 à février 2018, nous avons accordé deux fois moins de permis de construire pour des logements collectifs par rapport à l'année précédente" précise Alain Anziani.

Autre chiffre avancé : entre le 17 décembre 2016 et le 31 mars 2018, 66,8% des logements collectifs accordés se situent en zone de projets, soit 545 sur 816.

Mérignac est la première ville de la métropole à avoir doublé la charte communautaire mais d'autres municipalités réfléchiraient à le faire. En même temps, Alain Anziani le reconnait : "Nous pouvons nous permettre ce type de démarche dans la mesure où notre ville est attractive." La charte doit encore être validée en conseil municipal le 29 juin prochain.

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