Journée de l'Europe : la Gironde s'inquiète des perspectives budgétaires de l'UE

 |   |  652  mots
Les collectivités locales de Nouvelle-Aquitaine ont reçu 2,4 Md€ de fonds européens sur la période 2014-2020.
Les collectivités locales de Nouvelle-Aquitaine ont reçu 2,4 Md€ de fonds européens sur la période 2014-2020. (Crédits : Yves Herman)
Alors que les négociations sur le budget 2021-2027 de l'Union européenne débutent à Bruxelles, le Département de la Gironde s'inquiète du projet de la Commission européenne de diminuer les fonds dédiés à l'agriculture et à la cohésion sociale. Les collectivités locales de Nouvelle-Aquitaine ont bénéficié de 2,4 Md€ d'aides de l'Europe sur la période 2014-2020 et ne veulent pas voir ces montants diminuer à l'avenir.

"La bataille est engagée", a lancé Isabelle Thomas, députée européenne de la circonscription Ouest et membre de la commission des budgets, le 4 mai dernier, lors d'une rencontre initiée par le Département de la Gironde à quelques jours de la Journée de l'Europe ce mercredi 9 mai. "Les propositions de la Commission européenne sont extrêmement inquiétantes pour les territoires au regard des coupes budgétaires envisagées dans la politique de cohésion sociale et dans la politique agricole commune (PAC)", alerte la députée européenne.

La bataille budgétaire

L'objet de cette "bataille" c'est l'ouverture, le 2 mai dernier, des négociations sur le budget de l'Union européenne pour la période 2021-2027. Alors que l'on approche du terme du budget 2014-2020, la Commission européenne a dévoilé ses propositions qui devront être validées par les Etats membres et par le Parlement européen. En l'occurrence, il est proposé un budget de 1.135 Md€ d'engagements (aux prix de 2018) de 2021 à 2027, ce qui correspond à 1,11 % de la richesse produite chaque année par les 27 Etats-membres, puisque le Royaume-Uni aura quitté l'Union à la suite du Brexit.

Ce projet de budget prévoit une baisse de 5 % des crédits alloués à la PAC et à la politique de cohésion afin de financer d'autres priorités telles que "la recherche et l'innovation, la jeunesse, l'économie numérique, la gestion des frontières, la sécurité et la défense." A titre de comparaison, le budget 2014-2020 de l'UE représente 964 Md€ en engagements (soit 1,00 % de la richesse produite chaque année par les 28 Etats-membres).

L'inquiétude des élus locaux

Des perspectives qui inquiètent Jean-Luc Gleyze, le président (PS) du Département de la Gironde. "Pour nous, l'Europe c'est du concret pour les citoyens sur le terrain", martèle-t-il avant de rappeler les différents programmes co-financés par l'Union européenne : le plan de déploiement du haut-débit dans toute la Gironde ; le programme D2C Gironde en matière de gestion des ressources humaines ;  le projet Demos avec l'opéra de Bordeaux ou encore la préservation du domaine naturel sensible de Certes-et-Graveyron, le financement de la LGV Tours-Bordeaux ou de médiathèques ici ou là.

Au total, les différentes collectivités locales de Nouvelle-Aquitaine recevront 2,4 Md€ de fonds européens sur la période 2014-2020 "ce qui représente environ une année budgétaire supplémentaire", assure Jean-Charles Leygues, ancien directeur général de la Commission européenne, précisant que ces sommes sont exclusivement versées dans une logique de co-financement. "L'UE ne doit pas être considérée comme un guichet", confirme la sénatrice de Gironde, Laurence Harribey, "parce que ces fonds résultent d'une contractualisation avec les départements et les régions pour financer des politiques co-construites en matière de développement économique. C'est une manière d'articuler le local et le global".

Un débat très politique

"Alors que les enjeux migratoires et le Brexit sont l'occasion de refonder les bases et les objectifs du budget européen, on se contente de couper dans les politiques existantes", regrette pour sa part Eric Andrieu, députe européen de la circonscription Sud-Ouest, tandis que sa collègue Isabelle Thomas appelle à tripler les crédits dédiés aux politiques de cohésion sociale.

La Commission européenne, les Etats-membres et le Parlement européen espèrent aboutir à un accord sur le projet de budget avant les prochaines élections européennes prévues au printemps 2019. "C'est un débat très politique qui s'engage puisqu'au fond ce projet de budget ne satisfait personne mais qu'en même temps personne ne veut payer davantage. Traditionnellement le Parlement se européen se montre plus dépensier que les Etats membres !", résume le politologue Olivier Costa, chercheur au CNRS et à Science Po Bordeaux.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 11/05/2018 à 9:54 :
Le "département de la Gironde" s'inquiète... Combien de divisions ?
a écrit le 11/05/2018 à 9:32 :
diviser pour régner ! alors qu'attendent nos représentants pour s'allier " pour la bonne cause " au lieu de s'entre déchirer et laisser la machine administrative continuer a décider pour les peuples !
a écrit le 09/05/2018 à 19:50 :
Diviser pour mieux régner tel est la devise de Bruxelles, personne n'a assez de poids pour contrer des décisions de la machine administrative qu'est l'UE! Et, tout est fait pour que cela dure en demandant l'unanimité sachant que cela est impossible!
a écrit le 09/05/2018 à 19:47 :
Diviser pour mieux régner tel est la devise de Bruxelles, personne n'a assez de poids pour contrer des décisions de la machine administrative qu'est l'UE! Et , tout est fait pour que cela dure en demandant l'unanimité sachant que cela est impossible!
a écrit le 09/05/2018 à 18:02 :
Disons que si déjà nos agriculteurs faisaient de la farine bio au lieu que nos industriels l'importent de pays dans lesquels on tamponne tout et n'importe quoi "bio", on pourrait peut-être essayer de retrouver un marché équilibré non ?

On sait que la demande du bio est énorme mais que la mafia agro-industrielle freine des deux pieds surtout quand on voit qu'il va falloir subventionner le gros lard BAYER, alors quand est-ce que l'on arrête l'hypocrisie, que l'on met des gens en prison s'il le faut et que l'on avance enfin dans ce dossier qui pour l'instant nous empoisonne svp ?

Oui les agriculteurs ont "besoin" des subventions pour survivre mais qui se demande pourquoi ? On ne peut pas subventionner indéfiniment cette agro-industrie qui nous tue, je pense que c'est débord, hélas, la première urgence mais notre monde en compte beaucoup d'urgences on est bien d'accord.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :