Immobilier : Alain Juppé veut réguler les prix en passant par le foncier

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Alain Juppé ce lundi matin à la mairie de Bordeaux
Alain Juppé ce lundi matin à la mairie de Bordeaux (Crédits : Agence Appa)
Contrôler la hausse de l’immobilier neuf en régulant mieux le foncier, c’est l’une des stratégies annoncées par Alain Juppé, qui veut dissuader les promoteurs d’acheter les terrains au prix le plus cher. Lors de ses vœux à la presse, le maire de Bordeaux et président de Bordeaux Métropole a fait le tour des grands dossiers.


A l'occasion de ses vœux, lundi matin 15 janvier dans les salons de l'hôtel de ville, Alain Juppé, maire de Bordeaux et président de Bordeaux Métropole, a logiquement fait la Une de nombreux médias en précisant qu'il n'avait pas payé sa cotisation 2017 au parti Les Républicains (LR), qu'il n'avait pas envie de la payer en 2018 et qu'il démissionnait de la présidence de la Fédération LR de la Gironde. Alain Juppé a estimé que le parti LR - héritier de l'UMP, dont il a été le créateur -, a perdu sa composante centriste.

Un effet de l'élection de Laurent Wauquiez à la tête du parti. Refusant de dire qu'il claquait la porte de LR, Alain Juppé a fait savoir qu'il se mettait à distance du parti pour voir comment il allait évoluer d'ici les élections européennes de 2019. De quoi alimenter la chronique des commentateurs politiques sur les relations entretenues par Alain Juppé avec le nouveau patron de LR, Laurent Wauquiez, et surtout son bras droit : Virginie Calmels, par ailleurs adjointe au maire de Bordeaux, vice-présidente de Bordeaux Métropole en charge de l'économie et présidente de l'établissement public d'aménagement Bordeaux Euratlantique. Vêtue de noir cette dernière était assise juste à côté du pupitre d'où s'exprimait Alain Juppé.

La CUB a réussi son passage en Métropole

Durant son intervention Alain Juppé s'est attaché à parler de ses mandats d'élu. Il est revenu sur une année 2017 pendant laquelle la ville et son agglomération ont continué à se métamorphoser, en particulier avec l'arrivée en juillet du TGV gare Saint-Jean. La Communauté urbaine de Bordeaux, qui a enfanté Bordeaux Métropole avec l'application de la loi Notre (Nouvelle organisation territoriale de la République), au 1er janvier 2016, fête ses 50 ans et Alain Juppé s'est réjoui que cette entité ait réussi à relever le défi de cet exigeant changement de statut.

"79 % des crédits votés par Bordeaux Métropole ont été réalisés, ce qui est un record", a souligné Alain Juppé. L'économie fonctionne également plutôt bien dans la ville puisque Bordeaux a créé 3.700 emplois entre septembre 2016 et septembre 2017, soit +3,4 %, contre +9.400 pour Bordeaux Métropole (+3,2 %). Le maire de Bordeaux s'est félicité de l'absence de flambée du prix des loyers, grâce au bon encadrement des relocations prévu par la loi, avant de résumer sa philosophie par : "penser au plus loin, agir au plus près".

Les écoquartiers en plein boom

"Penser au plus loin", anticiper, cela revient, en matière de logement, à proposer une offre articulée sur un bon rapport entre quantité et qualité. C'est ainsi qu'Alain Juppé a refait le point sur l'avancée de la série d'écoquartiers qu'il a mis en chantier du nord au sud de la ville, avec notamment les programmes Ginko (Bordeaux-Lac), où 1.400 logements ont été livrés et 2.700 sont prévus, ou encore le nouveau quartier Brazza, sur la rive droite, qui commence à sortir de terre et où 2.000 logements sont programmés d'ici l'an prochain.

A ces écoquartiers en construction dans Bordeaux intra-muros répond le programme métropolitain des 50.000 logements, avec des appartements en accession à 2.500 €/m2, le long des axes de transport collectif. De nombreuses villes, comme Eysines ou Villenave-d'Ornon, sont concernées et ce programme, qui a pris un peu de retard au démarrage, est désormais bien parti, a confirmé Alain Juppé. "Nous construisons 9.000 logements par an dans la Métropole", a-t-il précisé.

Ginko, des habitants satisfaits

Pour préserver la qualité, la Métropole a conçu avec les architectes une charte "Bien construire", a relevé Alain Juppé. Et selon une enquête de satisfaction réalisée dans le quartier Ginko, où un balcon s'est effondré en 2015 du 4e au 2e étage d'un immeuble habité depuis peu, sans faire de victime, les choses se passent bien. "80 % des habitants se disent satisfaits et 72 % conseilleraient d'aller y habiter. Bien sûr il y a encore des choses qui ne passent pas, comme la propreté et les malfaçons", a éclairé le maire de Bordeaux.

Il est ensuite revenu sur le développement de l'Aéroparc, une opération d'intérêt métropolitain, avant de préciser que, côté mobilité, l'Etat était un partenaire naturel de la Métropole, ainsi que la Région, dont Alain Juppé attend qu'elle crée un Syndicat des transports, puisqu'elle gère désormais cette compétence. Revenant sur le passage des amendes pour non-paiement du stationnement payant à 30 €, le maire de Bordeaux a tenu a préciser que les places de parking ne coûtaient pas plus cher que l'an dernier, même si l'extension du domaine payant provoque quelques grincements de dents, en particulier à La Bastide, sur la rive droite

Foncier : arrêter la course à la valeur maximale

Concernant la hausse des coûts de l'immobilier dans le neuf, Alain Juppé a estimé que bloquer les prix pour enrayer la spéculation n'était pas une bonne idée. Il préfère privilégier l'adaptation de l'offre à la demande et la remontée du nombre d'acheteurs occupants sur le marché immobilier métropolitain, par rapport aux investisseurs, est selon lui une bonne nouvelle.

Pour l'accession à la propriété des jeunes couples, là où le bât blesse, le président de Bordeaux Métropole a expliqué qu'un accord avait été conclu pour produire du neuf à 3.000 €/m2. Il a expliqué ensuite qu'il fallait jouer sur le foncier et dissuader les promoteurs d'acheter les terrains au prix le plus cher. « Il faut briser cette spirale et arrêter la course à la valeur maximale pour en rester à la valeur vénale des terrains ». Une politique qui devrait gagner en puissance grâce à la création de l'établissement foncier public de Nouvelle-Aquitaine, structure publique qui va pouvoir acquérir des terrains pour en réguler le prix.

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