Environnement, les magistrats couronnent de lauriers le GIP Littoral Aquitain

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En s'étendant à la Nouvelle-Aquitaine, le GIP Littoral Aquitain va englober la côte d'un seul nouveau département, celui de Charente-Maritime.
En s'étendant à la Nouvelle-Aquitaine, le GIP Littoral Aquitain va englober la côte d'un seul nouveau département, celui de Charente-Maritime. (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Une fois n’est pas coutume, le dernier rapport de la Chambre régionale des comptes (CRC) d’Aquitaine, Limousin, Poitou-Charentes est élogieux. Son objet : le Groupement d’intérêt public (GIP) Littoral Aquitain, dont la CRC bénit l’extension à la Nouvelle-Aquitaine.

Cette structure créée en 2006 associe notamment l'Etat, la Région Nouvelle-Aquitaine, les départements (Gironde, Landes, Pyrénées-Atlantiques) et les intercommunalités aquitaines situés au bord de l'océan Atlantique. Après avoir écrit de ce groupement qu'il est "un animateur important des politiques publiques dédiées à la gestion des espaces littoraux", la CRC -fait très inhabituel- met en avant la faiblesse des moyens financiers et humains dont dispose le GIP !

"La reconnaissance dont il bénéficie aujourd'hui apparait inversement proportionnelle à la modestie de son infrastructure administrative (5 permanents assistés de quelques chargés d'études et de divers stagiaires pour des missions temporaires) et de son coût pour les finances publiques (894 K€ de produits de fonctionnement, dont 513 K€ de participation de ses membres, en 2015)" regrette ainsi la CRC, dont Jean-François Monteils est le président.

Structure foncièrement partenariale, le GIP Littoral Aquitain bénéficie d'une expertise scientifique, qui lui est apportée par des organismes comme l'Observatoire de la côte aquitaine, la direction territoriale Aquitaine du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), l'Office national des forêts (ONF) du Sud-Ouest ou l'Université et apparaît, souligne la CRC, non seulement "comme un lieu de production d'études à caractère prospectif mais aussi un outil de concertation, de mise en évidence des projets, d'échanges d'expériences et de diffusion des bonnes pratiques entre les membres". Et cela sans jamais se substituer aux membres du groupement.

Manque de logements à prix abordables

Le GIP Littoral Aquitain, présidé par Renaud Lagrave (vice-président du Conseil régional, conseiller municipal de Mont-de-Marsan), s'investit dans trois grands domaines d'intervention : l'organisation de l'espace littoral, la gestion de la bande côtière et l'aménagement touristique. Et c'est sous la direction du GIP Littoral Aquitain qu'a été élaboré "dès 2009", observe la CRC, le "plan pluriannuel de développement durable du littoral aquitain, ayant vocation à proposer un cadre de référence à l'ensemble de ses partenaires".

Ainsi ont été identifiés plusieurs enjeux majeurs, parmi lesquels la forte attractivité démographique des territoires, la montée des risques littoraux, les menaces sur les écosystèmes, les paysages et les ressources naturelles, mais aussi l'inadaptation de l'offre touristique ou l'insuffisance de logements à prix abordables pour les populations locales. Grâce à cette méthode de fonctionnement le GIP a pu réaliser en 2015 une "synthèse des enjeux en matière d'organisation de l'espace" à partir des documents de planification des territoires organisés en Scot (schéma de cohérence territoriale).

Repenser le développement du littoral

Cette étude a permis de mettre en évidence "les dynamiques démographiques et résidentielles à l'œuvre sur le littoral aquitain et notamment les phénomènes de littoralisation et de métropolisation affectant des espaces longtemps dédiés majoritairement au tourisme mais accueillant aujourd'hui davantage de résidents permanents (retraités aisés, sur la bande côtière, actifs employés sur les bassins d'emploi de l'intérieur en zone rétro-littorale".

Le GIP Littoral Aquitain a ainsi démontré la nécessité de réadapter les modes d'aménagement promus par la Miaca (Mission interministérielle d'aménagement de la côte aquitaine) il y a une quarantaine d'années. Un travail de fond pour lequel le GIP accompagne de nombreuses communes et intercommunalités dans leurs démarches de planification territoriale. Engagé dans la prévention des risques littoraux, le GIP s'est fortement impliqué dans l'élaboration d'une stratégie régionale de gestion de la bande côtière, dont le volet érosion a été finalisé en 2012.

Des scénarios de crise mais peu de moyens

En fonction des risques (gravité de l'aléa naturel et de son impact sur les populations à protéger et le tissu socio-économique) de grands scénarios, qui vont de la renonciation à la défense du trait de côte à la lutte massive contre l'érosion (via la construction d'ouvrages de protection), ont été établis. Ceci au terme d'une série d'études approfondies menée sur des "sites ateliers" choisis en fonction la diversité de leurs profils (côte sableuse, rocheuse), de leur degré d'artificialisation (station balnéaire urbanisée, hôtellerie de plein air ou simple équipements de plages) et des risques littoraux identifiés.

Aujourd'hui tout l'appareil de veille et d'analyse que constitue le GIP Littoral Aquitain va être étendue à la Nouvelle-Aquitaine avec le feu vert de la CRC. Extension qui ne fera remonter le terrain d'étude du GIP que de quelques dizaines de kilomètres en englobant le littoral du nord du Bassin aquitain, autrement-dit de la Charente-Maritime, unique candidat océanique à cette sélection dans la Nouvelle-Aquitaine. La CRC d'Aquitaine, Limousin, Poitou-Charentes en redemande.

"A l'issue des contrôles de la chambre portant non seulement sur le groupement lui-même mais aussi sur diverses intercommunalités et communes membres ayant fait appel à ses services, force est de constater sa réussite, tant en matière de production et de diffusion d'une culture littorale partagée que dans son assistance aux maîtres d'ouvrage locaux" s'extasient les magistrats.

Une fois n'est pas coutume, la conclusion du rapport de la CRC n'appelle pas à moins de dépenses mais au contraire à des moyens juridiques et financiers "adaptés à l'ampleur des défis" dont on devine qu'ils devraient être plus importants.


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