Mérignac, le moteur économique du Bordelais ne cale pas

 |   |  974  mots
Marie Récalde, Alain Anziani et Jean-Marc Guillembet, lors de la présentation des résultats économiques de Mérignac, ville voisine de Bordeaux
Marie Récalde, Alain Anziani et Jean-Marc Guillembet, lors de la présentation des résultats économiques de Mérignac, ville voisine de Bordeaux (Crédits : Pascal Rabiller)
2016 sera, quoi qu’il arrive, un excellent cru économique pour la grande ville attenante à Bordeaux, Mérignac, capitale aéronautique et spatiale, mais aussi commerciale, de la région ALPC. Les investissements se confirment, voire s’enchaînent, les bonnes nouvelles aussi. Sabena Technics, longtemps inquiétant, s’apprête à annoncer une très bonne nouvelle. Explications.

Certes la baisse des dotations de l'Etat aura un impact non négligeable sur les finances de sa ville (-21 M€ sur toute la durée de son mandat actuel) mais Alain Anziani, sénateur-maire PS de Mérignac, ville qui jouxte Bordeaux, capitale de la métropole dont il assure la vice-présidence, n'est cependant pas des plus pessimistes pour l'avenir de sa municipalité.
Il a de quoi. Les annonces faites il y 18 mois de plus de 1 Md€ d'investissements, privés pour l'essentiel, se sont confirmées. Certes, l'aéronautique concentre, via le campus géant Air Inov de Thales (240 M€ d'investissement), ou encore le centre de maintenance Dassault Falcon Service en cours de réalisation (15 M€ d'investissement).

Sabena Technics, illustration de la dynamique de l'aéro à Mérignac ?

Une aéronautique qui est porteuse, pour la ville et l'emploi, d'une bonne nouvelle supplémentaire : longtemps menacée de fermeture, le site de maintenance aéronautique Sabena Technics (ex-Sogerma, ex-Sabena) vient de signer, selon Marie Récalde, députée de la Gironde, 1re adjointe à la mairie en charge de l'innovation, une co-entreprise (Joint Venture) avec Air France Industrie. L'horizon se dégage donc pour Sabena Technics... et cela tombe plutôt bien puisqu'Aérocampus, le campus dédié à la maintenance aéronautique, basée à Latresne, une commune voisine, bientôt à l'étroit dans ses murs, envisage de localiser certaines de ses formations à Mérignac.
Si l'aéronautique et le spatial concentrent une bonne part des investissements programmées et des initiatives porteuses d'emplois sur le territoire de Mérignac, la grande distribution n'est cependant pas en reste.

Le commerce investit lourdement

Ce secteur d'activité, très présent sur ce territoire, au point de représenter 12 millions de visiteurs chaque année et de générer 800 à 850 M€ de chiffre d'affaires annuel (extrapolation d'une étude portant sur 180 des 254 magasins de plus de 300 M€ ayant répondu à l'étude du service de développement économique de la ville. Etude qui recense, pour ces 180 magasins, un chiffre d'affaires de 623 M€).
Très présent et porteur d'investissement puisque le 200.000 m2 de surfaces commerciales vont connaître une progression dans les mois à venir avec la création, par Castorama, moyennant 30 M€ d'investissement, d'un nouveau magasin de 17.000 m2, ou encore les six nouveaux magasins et équipements sportifs supplémentaires du village Décathlon, qui accueillera aussi le futur siège de l'enseigne Cultura, le tout entraînant un investissement de l'ordre de 50 M€.
Les résultats commerciaux de certaines enseignes, comme Alinea qui compte à Mérignac son magasin le plus rentable de France, ou encore Leroy Merlin, dont le magasin mérignacais figure dans le top 10 des performances de l'enseigne, motivent certainement les investissements.
Et à ce contexte il faut ajouter l'annonce récente de la création d'un nouveau terminal à l'aéroport. Une infrastructure de 5.000 m2 qui va faire la part belle au commerce et faire monter en gamme l'équipement aéroportuaire qui fait partie des plus dynamiques de France.

"Il apparaît clairement que si l'aéronautique et le spatial font partie de l'ADN de la ville, souligne Jean-Marc Guillembet, adjoint au maire en charge de l'emploi et du développement économique, Mérignac n'est plus un commune mono-industrielle qui n'intéresse que les entreprises locales. Les grandes entreprises en pleine croissance, même quand elles rayonnent internationalement, choisissent de rester ici. Je pense à Actéon, au courtier en assurances Filhet-Allard ou encore à AT Internet, Cultura... Certaines sociétés, à la recherche de locaux ou de terrains, nous ont fait part de leur intention de prendre du temps pour privilégier une installation à Mérignac...", assure l'élu en charge de l'insertion professionnelle... qui représente désormais LE vrai challenge pour Mérignac.

Plus d'emplois que de population active, mais...

En effet, si les 1.000 emplois supplémentaires créés chaque année sur le territoire mérignacais se confirment également, force est de constater que la ville souffre d'un taux de chômage de 10,3 %. Une sous performance notable quant on sait que le chiffre de 50.000 emplois recensés à Mérignac est supérieur à celui de la population active.

"Il est clair que nous avons des lacunes sur le plan de l'emploi", reconnaît aisément Jean-Marc Guillembet. "Nous constatons par exemple que sur l'ensemble des emplois générés par le tissu commercial, seuls 23 % sont occupés par des mérignacais. Nous allons faire en sorte que le dynamisme économique de notre territoire, son attractivité profitent à l'emploi. Nous signons des partenariats innovants avec les entreprises, notamment la grande distribution, qui vont nous permettre d'optimiser nos systèmes d'insertion professionnelle", assure l'élu.

"Nous devons être bons sur le second emploi. Mérignac et ses entreprises en pointe attirent des ingénieurs, des cadres supérieurs, des cadres dirigeants... nous devons être meilleurs sur les emplois qui nécessitent moins de diplômes, les emplois des conjoints notamment. Le paradoxe c'est que plus on crée de l'emploi, plus on crée de chômage si nous n'arrivons pas à résoudre cette équation !", ajoute Marie Récalde.

Pas sûr que l'émergence d'un nouveau pôle d'activité puisse corriger le tir. Il concerne la robotique et va, lui aussi, drainer des emplois d'ingénieur(e)s. Cela va se passer dans la zone du Phare et cela prend la forme de l'installation d'une société en forte progression, Génération Robots (15 collaborateurs, 2,5 M€ de CA, dont 55 % à l'export), et de l'arrivée de DrobotX qui développe un projet de parc parc d'attraction dédié aux drones, sur 1.000 m2. Pour l'instant, il s'agit d'un signal faible, mais la ville de Mérignac est peut-être, après l'aéronautique et le spatial, le commerce, les tourisme d'affaire, les TP, le secteur banque assurance, en train d'ajouter une nouvelle corde à son arc économique.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 03/06/2016 à 10:29 :
Mérignac n'est pas une ville attenante à Bordeaux, c'est une banlieue de celle-ci.
Réponse de le 03/06/2016 à 18:08 :
attenant: ( adjectif ) Qui est contigu à un lieu, qui le touche : Un bois attenant à une propriété

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :