"50% de la métropole bordelaise desservie par la fibre en 2017"

 |   |  789  mots
Alain Turby, conseiller communautaire délégué à la Métropole numérique de Bordeaux Métropole, maire de Carbon-Blanc
Alain Turby, conseiller communautaire délégué à la Métropole numérique de Bordeaux Métropole, maire de Carbon-Blanc (Crédits : DR)
Développement de la fibre optique, lutte contre le départ d'entreprises hors des limites métropolitaines : Alain Turby, conseiller métropolitain délégué à la Métropole numérique de Bordeaux Métropole, maire de Carbon-Blanc, fait le point sur ces enjeux essentiels à l'économie. Il évoque également le sujet de la ville intelligente, soulignant la congestion de plus en plus importante de la métropole et enjoignant Gertrude à se presser pour trouver des parades...

Comment se situe la métropole bordelaise en matière de fibre optique, permettant le très haut débit ?
"Concernant le très haut débit pour tous via la fibre, un réseau FTTH (Fiber to the home) est en cours de déploiement. Plusieurs opérateurs sont amenés à intervenir sur le territoire de la ville de Bordeaux. Sur les autres communes de la métropole, c'est Orange qui a la main, en lien avec les autres opérateurs. Cela nécessite un travail fin et une logique de territoire : on ne traite pas une ville comme Carbon-Blanc, 3,86 km2, comme Saint-Médard-en-Jalles et ses 85 km2. 90 % de la ville de Bordeaux doit être couverte en 2017, et 50 % du territoire métropolitain le sera à la même date contre 20 % aujourd'hui. Le travail d'Orange est pour l'heure conforme à ses engagements. L'attente des habitants vis-à-vis de la fibre est très clairement perceptible."

Comment convaincre les opérateurs de s'intéresser à des territoires métropolitains certes, mais moins denses que Bordeaux ?
"J'insiste pour ma part sur le fait que le retour sur investissement est plus facile là où les zones se densifient. Dans le nord de Carbon-Blanc par exemple, les réseaux de voirie sont prêts à accueillir le réseau FTTH."

"Je crois en la spécialisation des territoires"

Quels sont les enjeux relatifs au développement économique ?
"Les besoins des entreprises sont différents. Notons déjà que toutes les villes de la métropole bordelaise disposant d'une zone d'activité seront prioritaires dans le développement de la fibre si elles ne sont pas encore couvertes par le réseau fibre optique de la métropole bordelaise Inolia. L'hémorragie des entreprises qui déménagent ou s'installent hors des villes de métropole, parce qu'elles auront le même accès à Internet à Saint-Loubès par exemple avec une cotisation foncière des entreprises (CFE) bien moindre, me semble être un enjeu économique majeur. En matière d'attractivité, je crois fermement à la spécialisation des territoires. Le Nord-Ouest de la métropole est à dominante viticole, l'Ouest et le Sud à tendance aéronautique, l'Est plutôt industrialo-portuaire. Certaines villes n'ont pas encore d'identité économique claire. Cenon, Artigues peuvent par exemple avoir une carte à jouer dans l'économie du vieillissement. Cette spécialisation ne doit pas être crainte. Une entreprise qui s'installe à Mérignac ne le fait pas pour les mêmes raisons qu'une autre au Sud ou à l'Est de Bordeaux."

La question de la ville intelligente (smart city) vous semble aussi incontournable ?
"Effectivement. La métropole se développe et devient de plus en plus congestionnée. Il nous faut mettre en place une démarche numérique plus importante afin d'accompagner ce développement. Gertrude (système de régulation et de fluidification de la circulation, né à Bordeaux, NDLR) doit être dépoussiéré de manière à créer des conditions de mobilités plus fluides."

Vous mettez un coup de pression à Gertrude ?
"On ne peut pas continuer avec de seuls capteurs au sol. Gertrude a un vrai savoir-faire technique, développé depuis de nombreuses années. Je ne mets pas de coup de pression mais je les encourage à accélérer. D'autres opérateurs s'intéressent au sujet. Soit Gertrude est capable de mettre en marche une démarche ambitieuse, et je note que des actions ont été faites en ce sens, soit ce n'est pas le cas. Il nous faut plus que des bribes de solutions dans les prochains mois. A l'été 2017, Bordeaux sera à 2 heures de Paris par le TGV. On ne peut pas imaginer mettre autant de temps de transport entre la gare et son lieu de rendez-vous en n'importe quel point de la métropole bordelaise !"

>> Lire aussi : Oubliez Gertrude, voici Super-Gertrude

Quel rôle auront les opérateurs privés dans la création d'une ville intelligente, notamment en matière de gestion de la mobilité et des transports ?
"Il sera bien sûr fondamental. De nombreuses villes et collectivités se sont engagées dans une démarche d'open data. Les opérateurs privés doivent faire de même et accepter de nous ouvrir gratuitement une partie de leurs données. Inversement, les collectivités n'auront pas les moyens, notamment financiers, de développer elles-mêmes des solutions de villes intelligentes. Ça ne me pose donc pas de problème que des opérateurs privés s'y impliquent, il ne faut pas en avoir peur. Encore faut-il qu'ils aient un même accès aux données à Bordeaux, à Lille ou à Nantes. En tant que vice-président d'Open data France, je pousse donc pour que l'on se mette d'accord sur des standards partagés par les collectivités locales."

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :