Jean-Luc Gleyze : "2016 sera une année de transition"

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Jean-Luc Gleyze accompagné d'élus du Conseil départemental de la Gironde
Jean-Luc Gleyze accompagné d'élus du Conseil départemental de la Gironde (Crédits : C.L.)
Lors de ses vœux à la presse ce matin, le président du conseil Départemental de la Gironde Jean-Luc Gleyze a rappelé toutes les difficultés à venir dans un contexte de transferts de compétences et d'incertitudes budgétaires imposés par les réformes territoriales, avant de rappeler sa volonté d’innover tout en continuant à travailler sur les économies de charges de gestion générales, l’évolution de la masse salariale, la révision des priorités, réaffirmant que l’augmentation de la fiscalité devait rester le dernier recours possible.

Revenant sur les événements tragiques de l'année 2015 marquée par les attentats contre Charlie Hebdo et du 13 novembre, le président du Conseil départemental Jean-Luc Gleyze a entamé ses vœux à la presse en s'interrogeant sur la déshérence et le sentiment d'abandon qui amène des jeunes en France à pouvoir commettre de tels actes et, à une autre échelle, donne les résultats électoraux que l'on a connu au premier tour des régionales de décembre. Evoquant la responsabilité des élus, il a estimé que leur rôle est "d'être à l'écoute, en proximité, c'est ce que nous faisons au quotidien pour que ne soient pas bradées nos valeurs" avant d'exprimer des vœux de "paix liberté et justice pour 2016".

Sur l'actualité qui touche le Conseil départemental, Jean-Luc Gleyze, après l'année 2015 qui a été marquée par le renouvellement de l'assemblée et son élection à la tête du Département, a qualifié 2016 d'"année" de transition, avec l'application des lois de modernisation de l'action publique territoriale et d'affirmation des métropoles (Maptam) et La loi portant sur la Nouvelle Organisation territoriale de la République (Notre).

"Nous ne savons pas précisément quelles seront nos compétences : la loi Notre nous conforte comme garants des solidarités humaines et territoriales, mais supprime la clause de compétence générale qui nous amène à ne plus exercer certaines politiques qui seront transférées à la Métropole ou à la Région."


Certains transferts de compétence devant par ailleurs faire l'objet de discussions entre les collectivités. Ainsi Jean-Luc Gleyze a-t-il indiqué que les discussions étaient avancées avec Alain Juppé sur le tourisme, le fonds d'aide aux jeunes, le fonds de solidarité logement. Avec la Région, dont l'exécutif est tout juste élu, les "négociations vont s'amorcer", elles devraient être ici plus compliquées puisque la loi n'a pas clarifié les choses.

Quoi qu'il en soit, le Département poursuivra son action sur les champs des solidarités humaine et territoriale : proximité des services au public, construction du Pôle autonomie, ouvertures de Maisons des adolescents (une à Bordeaux et à Lesparre, prochaines à Saint-Foy, en Sud Gironde et sur le Bassin d'Arcachon), investissement dans les collèges, poursuite de l'action de mise en relation des entreprises avec les bénéficiaires du RSA à travers la structure Transfer, etc. A ce propos, le président du Conseil départemental a expliqué :

"Le débat actuel sur le RSA illustre les difficultés que nous pouvons parfois rencontrer. Nous versons 19 M€ par mois pour le RSA, un montant jamais atteint qui oblige à faire des choix, à renoncer à certaines politiques. Les marges de manœuvre des départements s'amenuisent, c'est pourquoi nous poursuivons notre plan d'économie. Certains abandonnent carrément des politiques publiques, d'autres augmentent les impôts. Nous allons, nous, travailler sur les économies (charges de gestion générales), l'évolution de la masse salariale, revoir certaines priorités." Si le Département a prévu 1Md€ d'investissement sur 5 ans, "nous souhaitons que la fiscalité soit le dernier recours possible", a rappelé le président.

Rappelant également sa volonté d'innover en regardant ce qui fonctionne ailleurs et qui est reproductible, il a rappelé que les Rencontres territoriales lancées en 2015 déboucheront sur des pactes territoriaux, destinés à coller au plus près des besoins des collectivités, qui seront signés avant l'été.

Les chantiers sont importants pour cette année que Jean-Luc Gleyze a qualifié, réformes territoriales oblige, d'année de transition, en rappelant que la perte de la compétence économique, sur laquelle les régions n'ont pas encore pris le relais, pose de vrais problèmes aux entreprises et structures qui recevaient des aides du Département :

"Il peut y avoir de gros dégâts en 2016, a-t-il prévenu. C'est le vide juridique qui pose soucis aujourd'hui pour tenir bon en attendant le transfert effectif des compétences."

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