Régionales : les 3 défis qui attendent Alain Rousset

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Alain Rousset (au 1er plan à droite) va devoir faire face à plusieurs défis en tant que président du nouvel ensemble Aquitaine Limousin Poitou-Charentes
Alain Rousset (au 1er plan à droite) va devoir faire face à plusieurs défis en tant que président du nouvel ensemble Aquitaine Limousin Poitou-Charentes (Crédits : DR)
Réélu confortablement pour un 4e mandat de président de conseil régional, le socialiste Alain Rousset devra cette fois composer avec un territoire bien plus vaste, qui ne sera pas sans poser quelques embûches, et avec un hémicycle fortement renouvelé.

A l'issue du second tour des élections régionales, Alain Rousset a recueilli 44,27 % des suffrages exprimés et décroche ainsi 107 sièges au sein du futur hémicycle régional. Avec 34,06 %, la chef de file de l'union de la droite et du centre Virginie Calmels gagne 47 sièges, devant le leader frontiste Jacques Colombier (21,67 % et 29 sièges).

Voici ce qui attend Alain Rousset dans les prochains mois.

>> Faire sans la majorité absolue

Europe Ecologie - les Verts a apporté son soutien à la liste socialiste d'Alain Rousset dans l'entre-deux tours en acceptant la fusion. Dans l'opération, le parti écologiste avait obtenu 17 sièges. Les socialistes et apparentés seront donc 90 au sein d'un hémicycle composé de 183 têtes. Alain Rousset manque donc la majorité absolue de deux petits sièges. Il devra donc déployer des trésors de pédagogie pour convaincre au-delà du camp socialiste pour les dossiers les plus stratégiques.

>> Composer avec une opposition plus musclée

Virginie Calmels l'a martelé lors de son discours dimanche soir : elle sera une élue d'opposition acharnée. Partie du néant politique il y a quelques mois, car totalement absente de cette sphère jusqu'à son arrivée dans le champ bordelais à l'occasion des dernières municipales, la chef de file des Républicains a progressivement comblé son déficit de notoriété et son inexpérience. Elle qui ne manque pas une occasion de rappeler qu'elle vient du monde de l'entreprise, sera sans nul doute une opposante pugnace, à l'image de la campagne qu'elle a menée. Reste à voir quel sera son agenda précis dans les prochains mois, sachant qu'Alain Juppé a annoncé dès dimanche sur Twitter qu'elle était amenée à prendre "de plus hautes fonctions" auprès de lui, et qu'elle aura un rôle à jouer dans la perspective des prochaines présidentielles.

Dans le rôle de l'opposant, on devrait également retrouver Jacques Colombier. Le leader du Front national gagne 29 sièges et pourra ainsi constituer un véritable groupe politique dans l'hémicycle, qui entend bien peser de tout son poids dans les dossiers régionaux.

>> Gérer un territoire qui n'a plus rien à voir

Président du Conseil régional d'Aquitaine pendant trois mandats, Alain Rousset connaît parfaitement ce territoire. Mais la réforme régionale lui donne cette fois les clés d'un territoire associant Aquitaine, Limousin et Poitou-Charentes, pesant la bagatelle de 5,8 millions d'habitants, vaste de 84.060 km2 soit plus que l'Autriche. Ce sera la région la plus étendue de France, avec plusieurs déséquilibres notables. Générationnel, car comptant beaucoup de seniors et peu de moins de 20 ans. Politique, avec un nouvel hémicycle régional qui fait la part belle aux élus de l'ex-Aquitaine, au détriment notamment du Limousin pénalisé par sa démographie. Déséquilibre économique, enfin, avec des territoires très différents et des typologies d'entreprise marquées sur fond de chômage résistant. Avec 547 km entre Hendaye au Pays basque et Boussac dans la Creuse, on ne peut que conseiller au nouveau président de choisir un véhicule confortable... Rendez-vous dans quelques mois pour voir quels axes développés dans son programme auront été mis en place.

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