Régionales : Alain Rousset va-t-il confirmer ?

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Les urnes diront dimanche soir quelle majorité régionale va siéger à Bordeaux.
Les urnes diront dimanche soir quelle majorité régionale va siéger à Bordeaux. (Crédits : LTOA / ML)
Modifié 11/12/2015 -17 h 15/ Le deuxième tour des régionales, ce dimanche 13 décembre, entérine l’émergence de nouveaux territoires, comme l'ensemble Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes, qui n’ont jamais existé dans la République. Un enjeu régional noyé dans des élections sous influence nationale.

L'alliance contractée pour le second tour des régionales dans le futur ensemble Aquitaine, Limousin, Poitou-Charentes (ALPC) par Alain Rousset, tête de liste PS-PRG, avec Françoise Coutant, tête de liste d'Europe Ecologie Les Verts (EELV), dans la liste "Plus forts plus solidaires ensemble", renforce la position de celui qui a viré en tête au premier tour des régionales avec 30,39 % des suffrages.

Alain Rousset complète son alliance. Passé du rang de 3e à celui de 4e force aux régionales, entre les scrutins de 2010 (10,46 % des suffrages sur les trois régions) et 2015 (5,60 %), EELV évite de justesse le KO en passant de peu la barre des 5 %. Ce que n'a pas réussi le Front de Gauche mené par Olivier Dartigolles qui, avec 4,85 % des suffrages, n'a pas été en position de négocier une fusion au second tour.

Virginie Calmels et son ticket centre-droite

Nouvelle venue en politique, Virginie Calmels, tête de liste LR-Modem-UDI, a bénéficié au 1er tour de la stratégie d'alliance nouée entre le leader du Modem, François Bayrou, et le président (LR) de Bordeaux Métropole et maire de Bordeaux, Alain Juppé, qui a lancé cette jeune femme en politique.

Si, avec 27,19 % des suffrages, Virginie draine moins de suffrages qu'en 2010 (32,48 % en additionnant les listes UMP et Modem en Aquitaine au premier tour à l'époque), elle est en tête avec 36,84 % des voix à Bordeaux, devant Alain Rousset (32,40 %). C'est également le cas dans trois départements (Charente, Charente-Maritime, Deux-Sèvres) sur quatre dans l'ancienne région Poitou-Charentes : Alain Rousset virant en tête dans la  Vienne.

Le FN porté par le national ?

Virginie Calmels, ex-dirigeante d'Endemol France, n'a pas loupé son entrée en scène malgré un contexte difficile. Comme nous l'avons rappelé la semaine dernière, le FN a enregistré au premier tour des régionales son plus gros score dans la "Grande Aquitaine", avec 23,23 % des suffrages (contre 7,91 % en 2010 sur les trois régions) et sans doute sa plus forte progression, avec une percée impressionnante en Lot-et-Garonne, où il capte 31,84 % des voix, devant Alain Rousset (26,22 %) et Virginie Calmels (23,85 %). Le Lot-et-Garonne est ainsi le seul département de la "Grande Aquitaine", qui en compte 12, où le FN vire en tête. Le parti d'extrême droite n'a en principe plus de réserves de voix et va devoir aller puiser de nouvelles forces chez les abstentionnistes.

Les bons appuis d'Alain Rousset

Virginie Calmels va sans doute fédérer au second tour une partie des indécis qui ont fait le choix de listes moins connues au premier. Elle devra aussi convaincre les abstentionnistes d'aller voter et n'a pas hésité - ce que ni manque pas d'originalité dans le contexte actuel - à faire un appel du pied aux électeurs du FN pour qu'ils "votent utile" et fassent barrage à la liste de gauche, au grand dam de Jacques Colombier. Appuyé par EELV, mais aussi par la Fédération des chasseurs de Gironde, Alain Rousset devrait bénéficier aussi du report de certains électeurs du Front de Gauche et peut-être de la mobilisation d'une partie des abstentionnistes.

Le contexte global, marqué par l'énorme montée en puissance du FN - premier dans 6 régions sur 13 au premier tour - et le reflux du PS, uniquement en tête en Bretagne et dans la "Grande Aquitaine", a définitivement transformé ces élections intermédiaires locales en scrutin national. Les attentats sanglants du 13 novembre à Paris n'ont pas incité les électeurs à jouer la modération. Ainsi, même dans la "Grande Aquitaine", le score du FN sera un indicateur.

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Commentaires
a écrit le 12/12/2015 à 16:38 :
Excellent ! mais vous n'évoquez pas le soutien public de Sarkozy à Mme Calmels (bonne élève mais pas si jeune que cela et déjà trop formatée, on ne sent pas le coeur battre) : quel impact au finish, positif ou négatif pour la seule candidate qui l'ait accepté dans un meeting.
Qu'en a dit Alain Juppé ?
Que devient elle si elle est battue ? Juppé la garde ou l'éjecte ? Future ministrable ? si le patron monte en grade ? Et lui ?
A quand la grande coalition des libéraux démocrates ?
Beaucoup de vieux dans les listes. Peu d'espoirs pour l'avenir. Où voyez vous les différentes relèves ? ...Merci de vos analyses, les plus indépendantes possibles... elles vous vaudront du public.
a écrit le 12/12/2015 à 16:38 :
Excellent ! mais vous n'évoquez pas le soutien public de Sarkozy à Mme Calmels (bonne élève mais pas si jeune que cela et déjà trop formatée, on ne sent pas le coeur battre) : quel impact au finish, positif ou négatif pour la seule candidate qui l'ait accepté dans un meeting.
Qu'en a dit Alain Juppé ?
Que devient elle si elle est battue ? Juppé la garde ou l'éjecte ? Future ministrable ? si le patron monte en grade ? Et lui ?
A quand la grande coalition des libéraux démocrates ?
Beaucoup de vieux dans les listes. Peu d'espoirs pour l'avenir. Où voyez vous les différentes relèves ? ...Merci de vos analyses, les plus indépendantes possibles... elles vous vaudront du public.
a écrit le 11/12/2015 à 21:29 :
Les petites listes vont combler le retard du FN dans la région, quitte a de pas avoir le plus haut score et donc les 25 sièges d'avances, mais au moins elle ne fera pas que de la figuration pendant 6 ans!

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