Régionales : les 5 enseignements du 1er tour en Aquitaine, Limousin et Poitou-Charentes

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De grandes disparités sont à souligner entre les différents départements qui composent la future grande région.
De grandes disparités sont à souligner entre les différents départements qui composent la future grande région. (Crédits : © Vincent Kessler / Reuters)
Président sortant du Conseil régional d’Aquitaine, le socialiste Alain Rousset est sorti vainqueur du 1er tour des élections régionales en Aquitaine, Limousin, Poitou-Charentes. Retour sur les principales informations de ce scrutin.

>> De grands écarts d'un territoire à l'autre

Le socialiste Alain Rousset et ses colistiers totalisent 30,39 % des voix exprimées, l'union de la droite et du centre de Virginie Calmels 27,19 %, le Front national de Jacques Colombier 23,23 %. Nous aurons donc une triangulaire au 2e tour, dimanche 13 décembre. L'abstention culmine à 49,03 %. C'est encore beaucoup, beaucoup trop.
Alain Rousset remporte 6 départements, Virginie Calmels 5 départements et Jacques Colombier un seul, le Lot-et-Garonne.
Voici le détail des podiums dans les départements :

>> La Grande région Aquitaine - Limousin - Poitou-Charentes résiste plus qu'ailleurs à la vague FN

Le parti frontiste totalise 27,73 % des suffrages exprimés au plan national. Alors que chez nos voisins de Midi-Pyrénées - Languedoc-Roussillon, représenté par Louis Alliot, il vire en tête à l'issue du 1er tour avec 31,83 % des voix, comme dans 5 autres régions, le futur ensemble Aquitaine - Limousin - Poitou-Charentes voit le FN terminer à la 3e place, à moins de 4 points de la 2e place. "Nous sommes toujours dans une terre radical-socialiste mais [...] je pense qu'on peut être très satisfait de notre travail", notait hier soir Valérie Colombier, la femme du leader régional frontiste.

>> Les sondages sont à consommer avec modération

C'est principalement ce qui explique l'ambiance tristoune du QG bordelais des Républicains dimanche soir. C'est paradoxal : à l'échelle des trois régions ALPC, la droite avait totalisé 25,22 % des voix lors des régionales 2010. Le score de la liste d'union de Virginie Calmels est cette fois supérieur (27,19 %) mais en sachant qu'elle agglomère cette fois les centristes. Mais si la déception dominait dans les rangs des militants, c'est sans doute parce que l'écart avait semblé se combler au fur et à mesure des enquêtes d'opinion, si bien qu'un sondage en date du 29 novembre plaçait la candidate des Républicains en tête au 1er tour.

>> Le Parti socialiste et EELV vont partir ensemble au 2e tour

Bien sûr, rien n'est joué et plusieurs facteurs peuvent remettre en question la vérité des urnes de ce dimanche. La démobilisation de l'électorat de gauche sera ainsi un des principaux écueils pour Alain Rousset. Mais l'actuel président du Conseil régional d'Aquitaine va pouvoir capitaliser sur les reports de voix des électeurs écologistes, puisqu'un accord avec Europe Ecologie - les Verts a été trouvé. Ces derniers auront 17 sièges éligibles, dont deux vice-présidences. Alain Rousset a fait une autre concession : il a annoncé que la Région ne financerait pas la LGV Limoges - Poitiers.
Si l'on additionne les totaux du duo PS - EELV au 1er tour, on obtient 35,99 % des voix. Pas d'accord en vue en revanche avec le Front de gauche puisque ce dernier, avec 4,7% des voix au 1er tour, ne pourra pas fusionner avec une autre liste au 2e tour. Mais on imagine mal la gauche de la gauche voter pour un représentant de la droite.

>> Les Républicains et le Centre interpellent les électeurs du FN

Partis avec une liste d'union associant le MoDem, l'UDI et CPNT, les Républicains se retrouvent sans réelles réserves de voix pour le second tour. Le Front national a choisi de se maintenir pour glaner un maximum de sièges dans le futur hémicycle régional, son chef de file Jacques Colombier ne fait pas mystère d'en décrocher une trentaine. Le PS pourra compter sur les voix des écologistes. Interrogée hier soir sur ses réserves, Virginie Calmels a éludé : "Je ne sais pas, je ne suis pas une professionnelle de la politique." Elle a préféré souligner que le projet défendu par ses équipes resterait le même au 2e tour, et que les électeurs FN contribueraient à élire Alain Rousset pour un 4e mandat s'ils maintenaient leur choix du 1er tour. Dans son entourage, on s'interrogeait toutefois sur la nature du vote FN dans la nouvelle grande région : "Ici, on ne peut pas dire que les gens qui donnent leur voix au FN le font pour des questions d'immigration ou d'insécurité. Comment les convaincre ?", se demandait un proche de la candidate.

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