Régionales : Virginie Calmels dévoile son programme

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Virginie Calmels, tête de liste LR aux régionales en Aquitaine, Limousin, Poitou-Charentes
Virginie Calmels, tête de liste LR aux régionales en Aquitaine, Limousin, Poitou-Charentes (Crédits : Agence Appa)
Virginie Calmels, tête de liste Les Républicains aux régionales dans la "Grande Aquitaine", veut faire mieux avec moins. Elle s’attaque à son concurrent PS et n’exclut pas de déléguer le traitement de l’économie de la future Région aux chambres de commerce et d’industrie.

Virginie Calmels, en lice pour la présidence du futur ensemble Aquitaine, Limousin, Poitou-Charentes recevait ce mardi matin la presse dans son pc de campagne bordelais, pour la présentation de "Notre projet et business plan pour la grande région". La loi Notre (Nouvelle organisation territoriale de la République) va avoir de nombreuses répercussions sur les nouvelles régions et la nature des relations qu'elles entretiendront avec leur environnement.

Comme l'a précisé Jean-Luc Gleyze, président (PS) du Conseil départemental de la Gironde, dans le dernier petit déjeuner d'Objectif Aquitaine, les Régions pourront déléguer certaines de leurs compétences aux Départements. Les futures Régions auront la compétence de l'économie et Virginie Calmels a été très claire à ce sujet : pas question de déléguer cette compétence aux Départements.

Les CCI au centre de l'économie ?

"Nous voulons accélérer le traitement des dossiers d'aide aux entreprises par la simplification. Il existe actuellement 391 sortes d'aides différentes aux entreprises en Aquitaine, 328 en Poitou-Charentes... cela ne peut pas durer. Nous allons déléguer en proximité avec l'aide des consulaires (chambres de commerce et d'industrie, chambres de métier et de l'artisanat...) et des mairies. Il n'y aura pas de délégation aux Départements. Les villes sont très motivées par l'avenir des commerces et des très petites entreprises. Et puis est-il nécessaire d'avoir des services dédiés à l'économie à la Région, quand on a des chambres de commerce et d'industrie ?" a-t-elle lancé.

Ainsi la candidate de la liste LR - UDI - MoDem - CPNT retient l'idée d'une dévolution du traitement des questions économiques aux CCI. Après avoir souligné que sa liste avait son budget régional, à 2,5 Md€, qu'il était financé, la candidate a annoncé une relance de la prime à l'apprentissage pour les entreprises de plus de 11 salariés, soit un programme de 10 M€, et un plan de financement de 210 M€ sur six ans pour renforcer le montant des aides aux apprentis (hébergement, matériel) dont elle veut voir le nombre doubler pour passer de 36.000 jeunes aujourd'hui, sur le territoire de la grande région, à 72.000. Virginie Calmels veut aussi consacrer 10 M€ à "un campus des métiers", tailler dans l'offre pour simplifier les 332 formations existantes, mais aussi soutenir les maisons familiales et intervenir dans les métiers en tension.

Réduire les taxes

Comme elle l'a longuement souligné en ouverture, la candidate LR n'entend pas être suspectée de creuser la dette de la Région. Un terrain où elle se veut exemplaire.

"Nous avons la volonté claire de ne pas augmenter la fiscalité et d'enclencher sa baisse. Nous allons ainsi aligner vers le bas le coût des cartes grises, réduire la TICPE (taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques - ex TIPP) pour l'amener à son minimum. La baisse de la dotation d'Etat, soit - 57 M€, va s'inscrire dans la durée. Le manque à gagner sur les cartes grises sera de 12 M€ en une fois pour la grande région, d'un peu moins de 1 M€ pour les permis de conduire. La réduction de la TICPE va réduire le budget régional de 69 M€ en 2018, de 24 M€ en 2019" détaille Virginie Calmels.

En finir avec Pau-Canfranc

Autre sujet brûlant, l'arrêt de la voie ferrée Pau-Canfranc, en Pyrénées-Atlantiques. Alors que l'actuel président de la Région porte cette nouvelle liaison avec l'Espagne à bout de bras, sa jeune concurrente le fusille à bout portant.

"C'est un projet très onéreux et uniquement financé par la Région. C'est une décision personnelle, insiste-t-elle. Dans sa totalité ce projet coûte 470 M€. La partie Oloron - Bedous, qui revient à 100 M€, est engagée et nous ne reviendrons pas là-dessus. Mais pas question de la liaison Bedous - Canfranc, à 370 M€".

Après avoir pilonné le dossier Pau-Canfranc, Virginie Calmels a dénoncé la stratégie d'Alain Rousset, accusé de ne rien faire de concret pour la construction de routes, après avoir annoncé que si elle été élue, 110 M€ sur les 370 M€ économisés grâce à l'abandon de Bedous -Canfranc, seraient fléchés vers la construction de routes.

"Les élus du Conseil régional de Midi-Pyrénées ont mis 200 M€ dans le CPER (contrat de projet Etat-Région) pour les routes, ceux du Limousin 10,5 M€, en Poitou-Charentes 88,1 M€. Alain Rousset a beau dire que ce volet des routes est inscrit au CPER, ce n'est pas parce que c'est inscrit que ça se fait" a-t-elle conclu.

+ 260 M€ pour le numérique

Virginie Calmels a également lancé une attaque sur le financement de l'aide régionale au développement de la filière numérique. Elle a annoncé qu'avec sa politique la Région abonderait à hauteur de 420 M€ l'aide au développement de la filière numérique, contre 159 M€ aujourd'hui. Une grande partie de sa démonstration a également porté sur l'amélioration du management des équipes au Conseil régional d'Aquitaine. Elle devrait ainsi ne remplacer aucun des postes menacés par un départ à la retraite, ce qui entrainerait, sur six ans la perte de 410 emplois dans les services centraux de la Région, sur un ensemble de 2.526 agents. Virginie Calmels ne compte pas les TOSS, personnels des lycées qu'a transféré l'Etat aux Régions, qui font monter l'effectif total du conseil régional à 8.000 agents mais ne sont pas concernés par le non renouvellement des départs à la retraite.

La candidate LR veut enfin réduire le train de vie de la Région : frais de bouche, déplacements, voyages à l'étranger, véhicules, cabinets, "chargés de mission et patin-coufin : les 5 % d'économie par an, soit 116 M€, sont faciles à trouver sans aucun licenciements ce qui, avec les réductions de personnels, nous permettrait d'économiser 250 M€" égrène Virginie Calmels.

Les élections régionales auront lieu le 6 et 13 décembre. Sont en lice pour la présidence, outre Virginie Calmels et Alain Rousset, président socialiste sortant du Conseil régional d'Aquitaine, Joseph Boussion (La Vague citoyenne), Jacques Colombier (Front national), Françoise Coutant (EE-LV), Olivier Dartigolles (Front de gauche), William Douet (Union populaire républicaine), Guillaume Perchet (Lutte ouvrière), Nicolas Pereira (Nouvelle Donne), Yvon Setze (Debout la France).

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