Gironde : le Conseil départemental prépare un Small Business Act

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1 Md€ d'investissements sur cinq, création d'un Small Business Act local, le président du Conseil départemental de la Gironde, Jean-Luc Gleyze veut continuer de faire de la collectivité un acteur du développement économique... même sur l'abandon de la clause de compétence générale le contrarie dans ce rôle...
1 Md€ d'investissements sur cinq, création d'un Small Business Act local, le président du Conseil départemental de la Gironde, Jean-Luc Gleyze veut continuer de faire de la collectivité un acteur du développement économique... même sur l'abandon de la clause de compétence générale le contrarie dans ce rôle... (Crédits : Appa)
Président du Conseil départemental de la Gironde, Jean-Luc Gleyze était ce matin l’invité du Petit Déjeuner interactif de La Tribune - Objectif Aquitaine. Interviewé par Jean-Philippe Déjean il a notamment présenté la stratégie d’investissements à cinq ans de la collectivité territoriale, et révélé la création d’un “Small Business Act” qui sera officiellement présenté fin décembre.

En pleine réforme territoriale qui entraîne une vaste réorganisation des missions et compétences entre collectivité locales et territoriales, confronté à une baisse des dotations de l'Etat, Jean-Luc Gleyze, président du Conseil départemental de la Gironde depuis avril 2015, était l'invité du Petit Déjeuner interactif de La Tribune - Objectif Aquitaine qui avait lieu au Mercure Cité mondiale à Bordeaux en partenariat avec Crédit agricole d'Aquitaine.
Jean-Luc Gleyze, longtemps en charge des questions économiques au sein de l'ex-Conseil général de la Gironde, regrette que l'abandon de la compétence générale rende officiellement impossibles les aides directes du Conseil départemental aux entreprises.

"Pourtant, quand on aide les créateurs d'entreprises dans le cadre de notre programme Creagir, nous aidons avant tout des personnes qui sont bénéficiaires d'aides sociales et qui se lancent dans l'aventure entrepreneuriale... Est-ce que nous ne sommes pas là dans notre mission sociale ? Si nous arrêtons du jour au lendemain nos aides à l'économie locale, ou aux agences de développement économique comme BGI par exemple, les conséquences sociales seront grandes. Nous devons profiter de 2016, année de transition pour la réforme territoriale et toutes les collectivités, pour essayer de passer la main en douceur, sans casse."

En attendant, le président socialiste du Conseil départemental de la Gironde a rappelé que, pour une fois, la loi Notre (Nouvelle organisation territoriale de la République) permet à l'assemblée élue de bénéficier de six années sans élections partielles. Un atout au moment de fixer les grands principes économiques de sa mandature.

200 M€/an et "Small Business Act" en préparation

"Nous disposons d'un budget annuel de 1,5 Md€, nous comptons 6.500 salariés, dont 2.000 à Mériadeck. Si la mission sociale du Département mobilise 800 M€ par an, nous avons la possibilité de rester un acteur majeur de la commande publique. Nous avons ainsi pu programmer 1 Md€  d'investissements sur cinq ans, soit 200 M€ en moyenne chaque année. Nous les financerons à hauteur de 500 M€ sur fonds propres. Pour le reste, nous aurons recours à l'emprunt."

Une partie de ces investissements devrait profiter aux TPE et PME du département. En effet, le président Jean-Luc Gleyze a révélé ce matin que ses services travaillent actuellement sur la mise au point d'un Small Business Act en Gironde.

"Nous allons le présenter fin décembre, mais ce que je peux vous dire c'est que ce Small Business Act départemental respectera totalement le code des marchés publics."

"Plus 20 % de fiscalité par an ? Je m'y refuse !"

Si elle entend rester actrice du développement économique dans le cadre de ses compétences qui sont en cours de redéfinition au-delà de celles, historiques et inchangées, de la solidarité et du social, de la gestion des collèges et des routes départementales hors périmètre métropolitain, la collectivité est aussi engagée dans un vaste plan d'économies.

"Nous allons perdre 85 M€ de recette et nous devons nous adapter à cette nouvelle donne, sans faire exploser la fiscalité. Certains spécialistes me présentent un scénario catastrophiste d'augmentation de la fiscalité de + 20 % par an ! Je m'y refuse, je n'ai pas envie d'aller vers cela. C'est pour cela que chaque vice-président a travaillé sur les plans d'économies possibles. Nous avons identifié entre 7 et 13 M€ d'économies annuelles à ce jour. Nous allons travailler aussi sur la maîtrise de la hausse de nos charges salariales. Nous voulons les contenir à +1 % par an, or, naturellement, par le biais de l'ancienneté des personnels, elles devraient augmenter de 2,5 % par an... nous allons discuter avec le personnel et les partenaires sociaux pour atteindre le but recherché."

Et de confier que ce n'est qu'à l'issue de toutes ces mesures d'économies que Jean-Luc Gleyze se résoudra à utiliser le levier fiscal pour équilibrer son budget.

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