La Sécu, "un pilier essentiel de la société"

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Le château les Lauriers à Lormont (Gironde) héberge le musée de la Sécurité sociale
Le château les Lauriers à Lormont (Gironde) héberge le musée de la Sécurité sociale (Crédits : J. Philippe Déjean)
Avant la célébration du 70e anniversaire de la Sécurité sociale, hier dimanche, ses représentants l’on célébré en Gironde, histoire de rappeler que la Sécu n'est pas toujours ce que l'on croit.

Avec son petit air de château de Moulinsart, le château des Lauriers, à Lormont (Gironde), n'héberge pas Tintin, Milou et le capitaine Haddock, mais une institution unique en France : le musée de la Sécurité sociale.

"Je vous rassure, ce château, propriété de la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de la Gironde, est un don qui nous a été fait à la fin de la Deuxième Guerre Mondiale", précise Philippe Claussin, directeur de la CPAM de Gironde, pour éviter tout malentendu.

Les représentants girondins et aquitains des organismes de Sécurité sociale (maladie, famille, retraite) s'étaient réunis le 2 octobre au château pour fêter avec un peu d'avance et en partenariat avec le Club de la presse de Bordeaux, le 70e anniversaire de la Sécurité sociale, qui est née le 4 octobre 1945, sur décision du Conseil National de la Résistance. Le budget annuel collecté pour la Sécurité sociale s'élève à 476 Md€, pour un effectif de 180.000 salariés.

95 % des Français attachés à la Sécu

 "La création de la Sécurité social est un acte révolutionnaire. Les prestations sont versées en fonction des salaires, pas des impôts, et le système est conçu pour être géré par les assurés eux-mêmes, pas par l'Etat, pour éviter tout paternalisme étatique" explique Christophe Demilly, directeur de la Caisse d'allocation familiale (CAF) de la Gironde.

Jacques Feuillerat, président de la Carsat (Caisse d'assurance retraite et de la santé) Aquitaine, est revenu sur la perception -mesurée par sondage d'opinion-, de la Sécurité sociale par les Français. Le président de la Carsat Aquitaine a ainsi rappelé que 95 % des Français se disent attachés à la Sécurité sociale mais que beaucoup d'entre eux entretiennent encore des idées fausses sur cette institution. Ainsi seulement "4 Français sur 10" savent que la Sécurité sociale est gérée de façon paritaire (par le patronat et les syndicats) tandis que "3 Français sur 4 croient que la Sécu emploie des fonctionnaires".

Salaires et CSG : 85 % du budget

Autre élément mal connu, selon Jacques Feuillerat, le poids la part du fonctionnement dans le budget. "9 Français sur 10 pensent que le coût de fonctionnement de la Sécu est important, peu savent qu'il n'est que de 3 %" a-t-il souligné. Sur le fond il n'y a pourtant pas de crise de confiance entre les Français et leur Sécurité sociale.

Ainsi "89 % estime que la Sécurité sociale est un pilier essentiel de la société" a souligné le président de la Carsat Aquitaine. Directeur de l'Urssaf (Union pour le recouvrement des cotisations de la Sécurité sociale et des allocations familiales) d'Aquitaine, qui assure la collecte auprès des entreprises, Philippe Salièges, a relevé que 85 % du budget de la Sécurité sociale était alimenté par les cotisations sociales des salariés et des entreprises et pas la CSG (contribution sociale généralisées).

Ceci pour remettre à sa juste place l'intervention de l'Etat dans le budget de la Sécu et répondre à l'idée fausse selon laquelle c'est les impôts qui le financent. Philippe Salièges a estimé qu'aujourd'hui, « avec l'économie 2.0 » on assistait à la remise en cause du salariat et du salaire.

"Il y a une forme de désamour naturel pour le salariat. Le travail des salariés est très normé, ce qui n'est pas forcément très attractif pour les jeunes" a-f-il observé.

Fraude sociale à l'étranger, le problème

Robert Goinaud, président du RSI (Régime simplifié des indépendants) d'Aquitaine a quant à lui mis en cause le trop grand nombre « d'exemptions de cotisation au budget de la Sécurité sociale » qui font « des petits trous puis un gros trou », avant de s'en prendre à la fraude sociale, alimentée par le système des travailleurs détachés.

"Dans le Bâtiment, il y a des entreprises françaises qui créent des sociétés de travail temporaire à l'étranger où elles recrutent ensuite des salariés qu'elles envoient en France" a-t-il condamné.

Philippe Salièges a souligné que l'Urssaf faisait tout ce qu'elle peut pour recouvrer les créances sociales mais qu'il est très difficile de poursuivre des entreprises dont le siège se trouve au Portugal ou en Hongrie. "Si l'on arrivait à encaisser 70 % de ce que ces entreprises étrangères doivent, le trou de la Sécu serait bouché" a expliqué le directeur de l'Urssaf Aquitaine, rappelant que la collecte en France se passait très bien.

Alain Duc, président de la MSA (Mutualité sociale agricole) de la Gironde, a de son côté martelé que "les bénéfices de la Sécurité sociale sont sans appel" et que les organismes de droit privé qui assurent cette mission de service publics favorisent la croissance économique, une meilleure santé au travail et à la retraite.  

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