Travailleurs détachés : Alain Juppé remet en cause le système

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Le maire de Bordeaux Alain Juppé
Le maire de Bordeaux Alain Juppé (Crédits : Appa)
L’effondrement d’un balcon dans l'un des programmes immobiliers neufs de l’écoquartier Ginko à Bordeaux a offert à Alain Juppé, maire de la ville, et ce sans qu’il y ait forcément un lien de cause à effet (l’enquête est en cours), l’occasion de stigmatiser le système des travailleurs détachés.

Il a balayé d'un revers de main l'idée émise par un élu communautaire PS (Philippe Dorthe, NDLR) d'un moratoire de tous les programmes de construction de logements de Bordeaux Métropole, suite à l'effondrement d'un balcon dans le nouvel écoquartier bordelais de Ginko. Alain Juppé, maire de Bordeaux, a même qualifié cette initiative de "débilité profonde car on n'a jamais vu un incident, certes spectaculaire, mais totalement isolé et, heureusement sans dommages corporels, remettre en cause l'ensemble des programmes de construction !".
Précisant, en préambule du conseil municipal de ce lundi après-midi, qu'une enquête est en cours pour déterminer les causes exactes de ce décrochage fâcheux, Alain Juppé a préféré pointer du doigt les promoteurs constructeurs et le système des travailleurs détachés.
"C'est vrai que nous devons être plus attentifs à la qualité de l'offre. C'est vrai aussi que nous demandons aux promoteurs constructeurs de tirer les prix, mais cela ne doit pas se faire aux dépens de la sécurité. La promotion-construction réduit ses coûts..."

Travailleurs détachés = dumping social

Y voit-il un lien de cause à effet, ou un début d'explication ? Toujours est-il qu'Alain Juppé poursuivait cet après-midi "une enquête est en cours concernant ce balcon, mais je note que le manque de formation et de qualification des salariés est un vrai problème pour les professionnels de ce secteur. Et le système des travailleurs détachés est critiquable à plus d'un titre", précisait le maire de Bordeaux et président de Bordeaux Métropole.
"Ce système doit  être remis en cause. A travail égal, salaire égal et cotisations sociales du pays hôte, cela me semble une mesure de bon sens. Or, actuellement, dans ce système, les différences de rémunération rencontrées avec des salariés dépendants de législations étrangères s'apparentent à du dumping social !"
Et de poursuivre : "Nous constatons régulièrement des malfaçons dans les travaux, qu'il s'agisse de crèches, d'écoles, de logements... Pour autant, l'effort de construction de logements va se poursuivre. Nous sommes sur un rythme de production de 3.000 par an, dont 1.000 logements sociaux."

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Commentaires
a écrit le 04/10/2015 à 14:35 :
Fort judicieux M Juppé de pointer "les travailleurs détachés". Cette machine à créer du chômage et des coûts toujours plus bas.
Un zeste de lucidité ne fait pas de mal de temps en temps.

Mais il faut aller au bout de votre démonstration. Les "travailleurs détachés" se sont les Traités européens qui les autorisent.

Si vous étiez scrupuleux et courageux, vous diriez : "Il faut modifier les Traités européens".

Mais çà, on l'attendra longtemps. Comme le scrupule et le courage chez Alain Juppé.
a écrit le 30/09/2015 à 15:41 :
Libre circulation des travailleurs : Ok
Salaires payés en France identique pour tous Ok
Charges sociales payées dans le pays d'origine : Ok , a condition que le différentiel entre cotisation étrangères et Françaises soientg versées aux organismes sociaux français. Et là fini le dumping social.
Réponse de le 04/10/2015 à 18:07 :
Charges sociales payées dans le pays d'origine : Ok ??? Alors vous irez vous faire soigner dans les pays de l'Est et vous irez prendre votre retraite là-bas car ici nos systèmes seront tous en faillite avec des gens comme vous.
a écrit le 30/09/2015 à 10:19 :
Il avait voté Bolkenstein et maintenant il dit non ? : c'est Serge July, Bernard Guetta et Laurent Joffrin qui vont être chagrin.
a écrit le 30/09/2015 à 9:46 :
Meme si ca semble contre-intuitif, faire payer les cotisation sociales aux pays hote pose un gros probleme: un travailleur détaché est par définition un travailleur qui retourne dans son pays a la fin de la mission, et qui beneficie donc de la couverture maladie et de la retaite dans SON pays. Si on fait payer a un travailleur détache (un vrai, on ne parle pas de la fraude au systeme ici), les cotisations dans le pays hote temporaire, cela veut dire que les organismes sociaux §maladie/retraite/assurance chomage) d'origine ne recovient plus un centime.... donc le travailleur détaché n'aura PLUS de couverture a son retour apres quelques semaines/mois.

Bref, sauf a obliger le pays hote a reverser une partie de ces cotisations sociales au pays d'origine, ca aura pour consequence la pauperisation inevitable des travailleurs détachés.
On prend toujours comme exemple ici les travailleurs roumains venus dnas le batiment en france... sauf qu'il ya egalement des milliers de Français détachés a l'etranger: veut on vraiment leur faire perdre leur droit alors qu'ils travaillent? Veut on vraiment priver les organismes sociaux francais des cotitsatioins des travailleurs francais détaches? ...sachant que ces derniers sont qualifiés, avec des salaires superieurs...et donc des cotisations plus élevées.

Bref ce sujet ne peut pas se traiter avec des pseudos solutions inventer juste pour caresser dans le sens du poil en temps de campagne electorale.
a écrit le 29/09/2015 à 22:20 :
Et ça c'est du "matériau" présidentiel? De l'air!
a écrit le 29/09/2015 à 16:08 :
C'est très bien de faire une remise en cause oralement, mais un européiste convaincu comme lui ne fera rien de plus!
a écrit le 28/09/2015 à 16:55 :
Pourquoi ne pas insérer dans tous les appels d'offres publics, (ou privés au dessus d'un seuil) une clause obligeant le recours aux travailleurs et entreprises locaux, pour un pourcentage du marché global?
Nos emplettes font nos emplois. C'est d'autant plus vrai pour le bâtiment où la main d'oeuvre est importante.
Ce n'est sans doute pas cela qui apportera une solution aux malfaçons (ou incompétences) mais cela peut palier en partie, à la concurrence déloyale des travailleurs détachés.
Réponse de le 29/09/2015 à 14:38 :
Les collectivités locales constatent des malfaçons. Et si elles faisaient en sorte de les éviter a priori ou de les identifier et gérer en cours de chantier ?
Si les chantiers étaient suivi pas des personnes qui se sentent plus concernées (au même niveau que quand je fais construire ma maison et que je suis sur le chantier tous les 2 jours) et s'il y avait moins d'arrangements avec les entreprises de bâtiment, et davantage de liens contractuels directs entre les collectivités et ces entreprises, sans recours à des étages de sous-traitance, il y aurait moins de malfaçons.
Le laisser aller et la délégation de responsabilité est un sport national dans la sphère publique qui permet aux responsables travaux de ces mêmes collectivités de disposer d'un parapluie bien pratique.
Réponse de le 29/09/2015 à 20:46 :
Simplement parceque le code des marchés publics l'interdit. Par ailleurs les entreprises locales ne se gènent pas pour faire du dumping social.

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