Les juges bordelais font passer le tramway au vert

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Ses opposants jugent que la future ligne D du tramway bordelais et le Tram train du Médoc ne se jusitfient pas
Ses opposants jugent que la future ligne D du tramway bordelais et le Tram train du Médoc ne se jusitfient pas (Crédits : Objectif Aquitaine / Appa)
La cour administrative d’appel de Bordeaux a cassé ce mardi 21 juillet la décision du tribunal administratif qui avait annulé la déclaration d’utilité publique pour la ligne D du tramway et le Tram train du Médoc.

Le 23 octobre 2014, le tribunal administratif de Bordeaux avait pris par surprise les élus de la Communauté urbaine de Bordeaux (CUB) en annulant, en particulier à la demande des associations Trans'CUB mais aussi d'Aquitaine Alternatives, l'arrêt du préfet de la Gironde du 23 mars 2012, qui avait déclaré d'utilité publique les travaux nécessaires à la création de la ligne D du tramway et à celle du Tram train du Médoc. Alain Juppé, président (UMP) de la CUB avait alors contesté, avec l'appui des élus communautaires PS, cette décision. Et pour cause, alors que les travaux du Tram train du Médoc, qui doit relier le quartier de Bordeaux-Lac à Blanquefort, au nord de la métropole, étaient bien entamés, ceux de la ligne D étaient sur le point de commencer. C'est cette décision que vient de casser la cours administrative d'appel de Bordeaux, saisie par la CUB, devenue depuis le 1er janvier Bordeaux Métropole, et par le ministère de l'Intérieur.


La SNCF veut en savoir plus sur le Tram train

La cours administrative d'appel de Bordeaux rend ainsi possible la reprise immédiate des travaux de construction de la ligne D. "La création de la ligne D oblige à réaliser de nouvelles acquisitions foncières, ce qui était devenu impossible avec l'arrêté du tribunal administratif qui annulait la déclaration d'utilité publique" résume Joël Hillaireau, porte parole de l'association "Oui au tram", présidée par Annie Anbiès.

C'est différent pour le projet du Tram train du Médoc, qui n'a été que ralenti et qui se déploie dans l'emprise de la ligne ferroviaire reliant Bordeaux au Verdon (Gironde -pointe du Médoc), avec le projet de faire circuler sur la voie des trams et des trains. Un dossier dans lequel la SNCF a demandé à Bordeaux Métropole la réalisation d'études nouvelles concernant la sécurité des passages à niveaux concernés par le tram train. Ce qui devrait retarder de plusieurs mois la livraison de cette ligne.


Les pros tram défendent "la majorité silencieuse"


L'association "Oui au tram" a été créée par des riverains bordelais de la rue Fondaudège, par où doit passer la ligne D, mais aussi des habitants de communes concernées par cette nouvelle ligne, comme Eysines.

"Nous avons créé cette association, qui compte plus de 150 membres, en 2007, en réaction à la grogne des commerçants de la rue Fondaudège opposés à la ligne D du tramway. Nous représentons cette majorité silencieuse qui en a marre de galérer pour venir travailler en voiture à Bordeaux. Comme le dossier de ce projet est resté ouvert, les travaux vont pouvoir reprendre rapidement" souligne Joël Hillaireau.

Comme nous l'avions indiqué dans notre article ("A Bordeaux plus de 100 M€ de travaux du tramway gelés par le tribunal") daté du 24 octobre 2014 , Denis Teisseire, militant associatif devenu emblématique avec Trans'CUB et Aquitaine Alternatives, puisque c'est lui qui a fait annuler le projet de métro à Bordeaux à l'époque de Chaban, ne s'attendait pas lui non plus à ce que le tribunal administratif fasse tomber sa décision en fin d'année. Trans'Cub ayant essayé d'obtenir un jugement en référé du tribunal administratif de Bordeaux en janvier 2014 pour éviter qu'une éventuelle annulation tombe en pleins travaux.


Trans'CUB jusqu'au Conseil d'Etat


Egalement présent à la cour administrative d'appel de Bordeaux ce mardi, le porte-parole de l'association Trans'CUB, présidée par Jacques Dubos, a redit tout le mal qu'il pensait de ces deux projets, qu'il trouve dispendieux et inadaptés, les prévisions de trafic passagers étant selon lui insuffisantes pour justifier ces nouvelles lignes. Denis Teisseire continue à défendre l'idée d'un tram'bus en site propre à la place de la ligne D du tramway. Un dispositif à haut niveau de service qui, juge-t-il, serait "cinq fois moins cher que la création d'une nouvelle ligne de tramway". Recalé par la cour administrative d'appel de Bordeaux, Denis Teisseire compte aller jusqu'en conseil d'Etat. Une procédure qui n'empêchera pas aux travaux de démarrer.

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