A Bordeaux, les maires de France s’en prennent au gouvernement

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Jean-Luc Gleyze, Alain Juppé, Gérard César, Gérard Larcher, Catherine Veyssy et André Laignel
Jean-Luc Gleyze, Alain Juppé, Gérard César, Gérard Larcher, Catherine Veyssy et André Laignel (Crédits : Jean-Philippe Dejean)
Modifié 06/05/2015 -18 h 30/ La 3e édition du Salon des élus locaux et agents publics d’Aquitaine (Sélaq), portée par l’Association des maires de Gironde, a ouvert ses portes ce mercredi matin au Palais des congrès en présence de Gérard Larcher, président (UMP) du Sénat.

L'an dernier lors de la 2e édition du Sélaq, en présence du président (PS) du Sénat, Jean-Pierre Bel, la réforme territoriale posait question. Un an après, elle fait plus qu'inquiéter, elle commence à mobiliser contre elle. En l'absence du président de l'Association des maires de France (AMF), François Baroin (UMP), c'est André Laignel (PS), 1er vice-président de l'AMF, maire d'Issoudun (36), qui est monté au créneau. Autant dire qu'il n'a pas fait dans la dentelle à l'égard des projets du gouvernement Valls.

"Le sentiment d'inquiétude (des maires - NDLR) va jusqu'à envisager la disparition des communes. D'abord par une asphyxie financière puis par le biais d'un corset juridique ! Nous avons trois rendez-vous, a poursuivi André Laignel. Le Premier Ministre a tout d'abord accepté une discussion pour sauver les investissements des communes et communautés de communes : nous espérons qu'il y aura des moyens. La bonne qualité des infrastructures et des services publics est capitale pour l'attractivité. Le second rendez-vous fixé par le gouvernement, a-t-il ajouté, porte sur la dotation globale de fonctionnement, qui est devenue illisible. Et le troisième volet est centré sur le projet de loi Notre (Nouvelle organisation territoriale de la République - NDLR) qui est inacceptable pour l'AMF, qui s'y oppose toutes tendances confondues ! Nous avons préparé une batterie d'amendements qui sera bientôt divulguée" a prévenu le maire d'Issoudun.

En prenant la parole, Gérard César, président (UMP) de l'Association des maires de Gironde, a réfuté l'opposition entre privé et public et parle d'une "période noire" marquée par la baisse des moyens, alors que les élus "sont des acteurs de l'innovation".

Une Fédération régionale des associations de maires

Devant Alain Juppé, maire (UMP) de Bordeaux, président de Bordeaux Métropole, et Catherine Veyssy, vice-présidente (PS) du Conseil régional d'Aquitaine, qui représentait Alain Rousset, retenu à Paris, Gérard César a annoncé la création officielle, ce mercredi après-midi, d'une Fédération régionale des associations de maires. Il a insisté sur la nécessité de "freiner le rythme de la baisse des dotations d'Etat" aux communes et de modifier la loi Notre pour que l'élection directe des conseillers des intercommunalités se fassent au niveau des communes et pas de l'intercommunalité comme prévu.

Alain Juppé lui a souhaité bon courage pour obtenir que les communes soient mieux traitées par l'Etat, alors que la baisse des dotations va de pair avec une hausse des charges, comme par exemple l'application de la loi sur les rythmes scolaires.

Les compétences en avant

Evoquant la mutualisation des services à l'échelle des 28 communes de Bordeaux Métropole, Alain Juppé a estimé que "ce n'est pas de la tarte et que ça va coûter plus cher dans un premier temps". Concernant la réforme des régions, il a précisé qu'il n'était vraiment pas sûr que "ça coûte moins cher". Concernant le projet de loi Notre, Catherine Veyssy a souligné que l'ARF (Association des régions de France), présidée par Alain Rousset, avait souvent parlé du changement de périmètre des territoires régionaux mais que ce n'était pas là le plus important.

"Ce qui va compter c'est la question des compétences" a-t-elle précisé, soulignant qu'à chaque fois qu'un service public avait été décentralisé, il s'en était trouvé amélioré. Catherine Veyssy a prévenu qu'il fallait de la clarté (qui fait quoi ?) et de la confiance pour réussir cette entreprise, aussi pas question de créer un jacobinisme régional avec une métropole toute puissante qui dirigerait tout.

La ligne jaune du Département

Jean-Luc Gleyze, nouveau président (PS) du Conseil départemental de la Gironde, a expliqué que les électeurs voulaient des services publics de qualité et de proximité. Des attentes auxquelles répondent selon lui le Département, "véritable échelon de proximité". Jean-Luc Gleyze, évoquant la structure territoriale du département, a toutefois marqué la ligne jaune à ne pas mordre.

"Cette décentralisation peut être une chance si la métropole n'assèche pas l'arrière pays. Si elle le faisait, elle s'étoufferait. Car si la métropole est le cœur, les territoires périphériques en sont les poumons."

Cette 3e édition du Sélaq s'est ouverte par la première des cinq conférences organisées avec Sciences Po Bordeaux (le salon s'achève demain jeudi). Son sujet était intitulé "Baisse des dotations, hausse des dépenses contraintes : quel avenir pour le bloc communal ?". De quoi porter le thermostat psychologique collectif à la bonne température.

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Commentaires
a écrit le 07/05/2015 à 10:30 :
Ils veulent plus d'argent pour réaliser plus de gendarmes couchés et de rond points
qu'ils commencent à mieux gérer, après on verra bien (réaliser des projets avec des dépenses double au budget initial , voir plus cela suffit de prendre les administrés pour des idiots
a écrit le 07/05/2015 à 8:39 :
C est sur qu on va pas voir des elus locaux demander qu on supprime leurs postes et les predandes associes. Donc vive les departements , les comunautes de communes etc ...
Pourtant quand on voit le nombre de cumulards dont certains ont 7-8 mandats, on se dit que si une personne arrive a avoir 5 postes, c est qu il doit pas faire lourd dans chacun (20 h/semaine ca fait deja 100 h et je ne compte pas les temps de trajets) et qu on doit bien pouvoir supprimer le poste

sur le fond, il faudrait faire comme en suisse: les impots locaux alimentant l etage communal et une perequation des communes riches vers les pauvres. comme ca les maires depensiers seraient obliges de taxer leurs administres au lieu de dire qu ec est de la faute de l etat
a écrit le 06/05/2015 à 21:35 :
Tous des grandes G…. surtout ceux liés aux partis, qu’ils commencent par rationaliser le nombre de mairies sur 36000 en supprimer pour commencer au moins la moitié. Ensuite plus de clarté dans les appels d’offres et moins de clientélisme car en général toujours les mêmes pour les constructions et autres. La fin des constructions inutiles et une meilleure entente entre les maries pour éviter à chacune sa médiathèque son petit stade son petit bal …… Puis continuer par la fin des embauches familiales clientélistes ou des copains copines. Enfin un peu plus de rigueur dans la gestion du personnel en ciblant les habitués des absences. Enfin et non des moindres une bande de toquards pour une majorité, qui a signé les emprunts toxiques ose encore prendre la parole alors que leur honneur serait de démissionner. Cerise sur le gâteau le cumul et toute la magouille qui va avec comme les fameuses et fumeuses réserves parlementaire. Conclusion cessez de pleurer car si vous augmenter les impôts ce n’est pas la faute de l’Etat qu’ils soient de droite ou de gauche mais de votre refus comme les autres politiques DE VOUS REFORMER.
a écrit le 06/05/2015 à 20:14 :
Tous les memes, dépenser plus tout en prônant le contraire. Le nombre de structures publiques devraient être réduite! il faut élaguer entre les communautés de communes et les communes, ainsi qu'avec les départements et les régions. Il faut au minimum réduire d moitié le nombre d'élu. Baissons nos dépenses, Baissons nos impôts!!!!
Réponse de le 06/05/2015 à 21:18 :
On n'en prend pas le chemin

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