Snecma ouvre à Bordeaux

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Coupure du ruban par Pierre Fabre et Alain Juppé
Coupure du ruban par Pierre Fabre et Alain Juppé (Crédits : DR)
Snecma (Safran), motoriste pour les avions de combats et civils et spécialiste de leur maintien en conditions opérationnelles, vient d’ouvrir un nouvel établissement à Bordeaux. Objectif : être au plus près de sa clientèle.

Il y avait foule hier pour l'inauguration du nouvel établissement de Snecma à Bordeaux, avec deux temps symboliques marquants : la coupure du ruban par Pierre Fabre, président de Snecma, en compagnie d'Alain Juppé, maire de Bordeaux et président de Bordeaux Métropole, et le dévoilement de la plaque commémorative par le président de Snecma et Alain Rousset, président du Conseil régional d'Aquitaine. Situé dans l'immeuble Le Millenium, quartier de La Bastide, à Bordeaux, ce nouvel établissement installé sur 400 m2 loués par Snecma emploie pour le moment 15 salariés qui ont pour l'essentiel été transférés à Bordeaux depuis d'autres sites du groupe.

"Nous assurons le support en service des moteurs des avions de combat, un métier très exigeant qui demande une grande réactivité. Je suis passionné de rugby et très heureux de la présence de Laurent Marti (président du club de rugby Union Bordeaux-Bègles, invité de notre Petit Déjeuner du 7 mai, NDLR). En tant qu'entreprise, on se retrouve dans ce sport exigeant, où rien n'est jamais acquis", a déclaré en préambule Pierre Anglès, directeur du nouvel établissement bordelais de Snecma.


Stratégie de fond


Evoquant le soutien opérationnel aux forces armées, Didier Desnoyer, directeur de la division moteurs militaires de Snecma, a expliqué que faire voler les forces armées en sécurité exigeait compétence technique, efficacité logistique, le tout à des coûts compatibles avec les moyens financiers des clients, "en faisant mieux pour moins cher".

Snecma Moteurs

Alain Rousset et Pierre Fabre dévoilent la plaque commémorative (crédits DR).

Avec la Région, la métropole bordelaise s'impose désormais comme une plateforme nationale de référence pour les forces aériennes, avec par exemple l'implantation de la Simmad (structure intégrée de maintien en condition opérationnelle des matériels aéronautiques de la défense) et Pierre Fabre, président de Snecma, a souligné que la création de ce nouvel établissement bordelais correspondait à une stratégie de fond pour le groupe.

"Il concrétise notre volonté de nous rapprocher des entités étatiques de soutien des forces aériennes afin de leur offrir un service au plus près de leurs besoins. Il s'agit notamment, a détaillé le président, de les accompagner au mieux, pour que la disponibilité des moteurs de leurs avions de combat et de transport soit optimisée, alors même qu'ils sont particulièrement sollicités par les nombreuses missions opérationnelles que nos forces ont à accomplir quotidiennement."


L'idée d'une technopole


En s'installant sur la rive droite, Snecma a pris en particulier le parti d'être aussi proche que possible d'une partenaire historique, l'AIA (Atelier industriel de l'aéronautique), situé à Floirac à quelques kilomètres, où Snecma dispose d'une petite équipe. Une proximité sur laquelle a appuyé Alain Juppé.

"L'implantation de Snecma à Bordeaux, au plus près de l'AIA, chargé de la maintenance des moteurs des avions militaires, dont l'A400M, le M2000 ou le Rafale, témoigne de l'attractivité du bassin aéronautique et spatial bordelais, comme de la réussite, grâce à la co-localisation du CFA (Commandement des forces aériennes - NDLR) et de la Simmad, de la stratégie métropolitaine et régionale de spécialisation dans le maintien en condition opérationnelle (MCO)", a jugé Alain Juppé.

De son côté, Alain Rousset, qui n'a jamais ménagé ses efforts pour soutenir le tissu régional aérospatial et défense a estimé que l'Aquitaine, "3e zone d'implantation des industries de défense avec plus de 16.000 salariés", entrait "dans une économie de l'innovation", en s'appuyant en particulier sur les entreprises à taille intermédiaire (ETI), les grands groupes, le tissu des sous-traitants et les compétences accumulées dans le maintien en condition opérationnelle des avions, grâce aux industriels de la Défense et aux forces armées. Le président de la Région, cheville ouvrière de la création de l'Aérocampus (dédié à la formation des personnels de maintenance aéronautique), "une réussite collective", a ainsi lancé l'idée de la création d'une technopole centrée sur la maintenance des moteurs d'avions.


La coentreprise Safran -Airbus girondine ?


Après avoir mis en exergue l'exceptionnel climat de confiance qui s'est développé en Aquitaine entre industriels et pouvoirs publics, Alain Rousset a rebondi sur l'actualité en priant le PDG d'Herakles, Philippe Schleicher, de faire en sorte que la coentreprise en création dans les lanceurs spatiaux et balistiques entre Safran et la division lancement d'Airbus, qui va entrer dans sa deuxième phase, ait son siège en Gironde, "ça ne peut pas se faire ailleurs" a insisté le président de Région, avant de dévoiler la plaque commémorative de cette inauguration avec Pierre Fabre. Voué à l'action commerciale, cet établissement, qui pourrait compter jusqu'à 30 voire 40 collaborateurs à moyen terme, redonne en tout cas de la visibilité à Snecma, qui, après la disparition en 2012 de Snecma Propulsion Solide (SPS), au Haillan (33), avait en tant que marque disparu d'Aquitaine. Fusionné avec SNPE matériaux énergétiques, SPS a donné naissance à Herakles, autre filiale de Safran et numéro deux mondial du propergol, dont le siège national se situe dans les anciens locaux de SPS.


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Commentaires
a écrit le 18/04/2015 à 9:12 :
Bravo vive la France qui gagne.

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