En Gironde, le CCE d’Herakles défend le spatial public

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Tir d'Ariane 5 au centre spatial de Kourou en Guyane
Tir d'Ariane 5 au centre spatial de Kourou en Guyane
Dans un courrier adressé à la direction, le secrétaire du Comité central d’entreprise (CCE) d’Herakles, au Haillan (33), réitère, en la développant, la position qui a prévalu dans l’entreprise lorsque les salariés ont dû donner leur avis sur le rapprochement de Safran avec Airbus.

Pierre Giacomoni, secrétaire (CGT) du Comité central d'entreprise (CCE) d'Herakles (2.300 salariés), au Haillan, numéro deux mondial du propergol solide, créé le 1er mai 2012 par la fusion de SME (SNPE matériaux énergétiques) et Snecma Propulsion Solide (SPS), a adressé ce lundi 1er décembre un courrier à la direction de son entreprise dans lequel il revient, en le détaillant, sur l'avis négatif donné le 27 octobre par le CCE au projet de fusion des activités spatiales de Safran et d'Airbus.

Comme nous l'avons déjà indiqué, la création de cette coentreprise, à laquelle seul le CCE d'Herakles (sur un total de quatre) s'est opposé, commence aujourd'hui et s'achèvera fin 2015 avec l'apport d'actifs entre les deux groupes. Cette fusion marque la volonté de créer une filière spatiale européenne largement contrôlée par les industriels, pour faire face à la concurrence des tirs low cost proposés par la société américaine Space X. Après avoir rappelé l'orientation des votes du 27 octobre, en particulier le soutien du projet de fusion Safran - Airbus par la CFE-CGC, l'opposition de la CGT, majoritaire, l'abstention de la CFDT, SUD n'ayant pas pris par au vote, et l'adoption d'une motion commune, le secrétaire du CCE décrit un contexte managérial délicat.

Opacité de Space X

"La mise opérationnelle de la jeune société Herakles est immature, le personnel n'est pas remis de l'accident mortel suite à l'explosion qui s'est produite dans l'établissement de Saint-Médard-en-Jalles (33) et du suicide d'une salariée. Des risques psychosociaux sont palpables et l'annonce soudaine d'une nouvelle restructuration apeure les salariés, les mettant en situation de stress", avertit ainsi l'élu.

Au sujet de Space X, le secrétaire du CCE observe que "la réalité des prix de lancements reste d'une grande opacité, avec des interventions étatiques sous couvert de la Nasa", estimant que "s'inscrire dans cette démarche en reformatant le modèle européen de la conception, du pilotage, de la fabrication et du suivi pour le placer sous une domination privée, Safran - Airbus (...) est un choix inadapté à longue échéance en termes d'innovation et d'accès européen à l'espace". Les exemples mis en avant s'appuient sur les retards pris, en particulier, par les programmes Galileo ou A400M dans l'aéronautique, qui "ont déjà démontré l'inefficacité industrielle et financière d'un tel modèle de développement" assène le courrier.

Rosetta grâce aux Etats

Le secrétaire du CCE défend ensuite le rôle central joué par les Etats dans l'Agence spatiale européenne (ESA) et les établissements publics comme le CNES, le CNRS ou le CEA pour la mise en œuvre d'une "politique spatiale indépendante répondant aux besoins de l'Europe", en prenant pour exemple la réussite de la mission de la sonde Rosetta.

"Avec le modèle proposé, nous rentrerons dans une autre ère du spatial qui grève cet esprit de conquête et de vision qui a prévalu" souligne le message, avant de s'inquiéter des risques de suppression de postes liés au redécoupage des groupes. C'est demain, mardi 2 décembre, que les ministres responsables de l'espace dans les 20 Etats membres de l'Agence spatiale européenne, dont la Norvège et la Suisse, se retrouvent au Luxembourg pour décider de la future politique spatiale de l'Europe. Dans une interview accordée ce lundi au site de La Tribune, Geneviève Fioraso, secrétaire d'Etat à l'Enseignement supérieur et à la Recherche, en charge de l'espace, a annoncé que les Allemands, qui défendaient le principe de la construction d'une Ariane 5 ME, modèle intermédiaire avant la version définitive du successeur d'Ariane 5, ont finalement rejoint l'analyse des Français, convaincus de l'urgence de lancer Ariane 6, aplanissant ainsi un angle aigu.

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