Christine Albanel, Orange : "La parité hommes-femmes rend l’entreprise plus innovante"

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Christine Albanel, aujourd'hui directrice exécutive en charge de la Responsabilité sociale d’entreprise, de la diversité, des partenariats et de la solidarité d’Orange.
Christine Albanel, aujourd'hui directrice exécutive en charge de la Responsabilité sociale d’entreprise, de la diversité, des partenariats et de la solidarité d’Orange. (Crédits : Appa)
Ancienne ministre de la Culture et de la communication (de 2007 à 2009), ancienne plume de Jacques Chirac, Christine Albanel est aujourd’hui directrice exécutive en charge de la Responsabilité sociale d’entreprise, de la diversité, des partenariats et de la solidarité d’Orange. Elle est également présidente déléguée de la Fondation Orange et présidente du conseil d’administration d’Orange Studio. De passage à Bordeaux à l’occasion de La Tribune Women’s Awards dont elle était la marraine, Christine Albanel a parlé de la place des femmes chez Orange.

Où se situe Orange sur le thème de la parité hommes-femmes ?

"C'est une entreprise en pointe quant à la présence des femmes aux postes à responsabilité. Les femmes représentent 30 % du comité exécutif actuel, soit 4 femmes sur 11 membres. Ce taux est légèrement supérieur dans le conseil d'administration d'Orange puisqu'il est composé pour un tiers de femmes. Enfin, il atteint 33 % dans les comités de direction. Par contre, on est en retard si l'on regarde la composition des 1.200 tops managers du groupe."

Stéphane Richard, votre PDG, fait pourtant partie au Medef de la commission parité ?

"Oui justement, il est très en pointe sur ce sujet et beaucoup de progrès ont été accomplis dans ce domaine de la parité hommes-femmes, mais nous partons de loin. Nos métiers sont pour beaucoup très techniques. Ce sont des métiers qui ont longtemps été quasi essentiellement masculins. Dans nos métiers des nouvelles technologies liées à la communication, au numérique, les hommes occupent une place importante. Regardez dans la Silicon Valley, la population est généralement masculine. Par ailleurs, ces entreprises high-tech n'ont quasiment aucune diversité. Même Google qui revendique un taux de féminisation de 30 % est en retard en matière de diversité. La population latino-américaine n'y est représentée qu'à moins de 5 %. On dit ces entreprises innovantes, je suis persuadée qu'elles le seraient encore plus en favorisant plus de diversité et de mixité."

Quels sont les mécanismes mis en place pour développer la parité et la diversité chez Orange ?

"Nous mettons en place des actions qui ont valu à Orange de recevoir, l'an dernier, le prix du ministère des Droits de la femme. Dans notre Orange Campus, notre université qui forme nos managers, la thématique de la mixité fait partie de la formation. Elle est une composante essentielle de notre référentiel de management, au même titre que la diversité d'ailleurs. Nous encourageons la création de réseaux de femmes, car nous savons qu'il est toujours plus facile de fonctionner en réseau pour mettre en avant les exemples de parcours professionnels qui vont inciter des femmes à se porter candidates à des postes à responsabilité.
Il faut reconnaître que les femmes ont parfois tendance à s'autocensurer quand il s'agit de postuler à des postes qui vont les faire évoluer dans la hiérarchie de l'entreprise. Le « plafond de verre » dont on parle régulièrement, les femmes se l'imposent encore un peu trop souvent."

Quel est du public ou du privé le secteur des entreprises le plus en pointe selon vous ?

"On pourrait penser que dans l'administration, dans le secteur public, les concours garantissent une certaine parité. En fait, on se rend compte que plus on monte dans la hiérarchie, moins on trouve de femmes. Prenons l'exemple de l'enseignement, est-ce qu'il est logique que sur 30 recteurs d'académie on ne rencontre que 9 femmes ? Le secteur privé, parce qu'il s'est imposé des quotas, ce que d'un certain côté on peut trouver gênant... est clairement en avance sur le public. Chez Orange, même si le chantier de la parité est encore en cours, nous pouvons être fiers du fait que dans le comité exécutif, il y ait quatre femmes sur onze membres, et que deux des postes les plus importants soient occupés par des femmes !"

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Commentaires
a écrit le 28/04/2015 à 21:25 :
Passer du ministère de la culture il y a quelques années pour arriver a orange.... Ça fait pas rêver

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